Ecrans plats

Publié le par Jaakline

Me voilà de retour à Bordeaux depuis quelques jours et je reprends pied dans notre "douce France" après cette immersion totale dans le monde russe.

Une pensée pour ces prolétaires turcs, ensevelis sous leur sol natal et pour ces prolétaires sud-africains, debout, en colère, pour ne pas finir ensevelis sous leur sol natal..Tous des mineurs, double sens de ce mot en français, homonymes plutôt.. Plus de lutte de classe, dit-on?

L'Ukraine, elle, a quasiment disparu des écrans..

Pourtant, les combats continuent dans la République de Lougansk, auto proclamée après référendum. Ils continuent aussi dans la République de Donetsk, même chose.

Ces nouvelles instances n'organiseront pas le vote du 25 mai, pour élire un nouveau président en Ukraine, le pouvoir ukrainien actuel n'étant pas reconnu. A Lougansk, une nouvelle constitution est en train de s'écrire; un de ses premiers articles est de proclamer que les langues ukrainienne et russe sont langues officielles, "ce qu'ont été incapables de faire en 23 ans de pouvoir les autorités centrales", précise la TV russe.

Sinon, au chapitre des bonnes nouvelles, je pense à un ami, persuadé que nous risquions d'avoir les tanks russes à Paris... j'extrapole un peu, mais à peine:

les maneuvres de printemps sont terminées. L'armée russe regagne ses casernes et quitte la frontière ukrainienne.

Bonne nouvelle aussi: Kiev a pris contact avec les nouvelles "républiques" pour parler? de la fédéralisation? Pour ma part, après les bains de sang à Odessa et l'utilisation de la force armée "contre son propre peuple" (tv russe) dans le Donbass, je vois mal comment assurer l'intégrité du territoire ukrainien, en dehors de la fédéralisation.

Sur l'intégrité de ce territoire, si le "rattachement" ou l'annexion" de la Crimée a fait grand bruit, le retour à la Roumanie d'un territoire limitrophe en 2009, suite à un accord signé avec Kiev, est passé beaucoup plus inaperçu.

Les quatres signatures apposées sur le document pour la partie ukrainienne sont celles des acteurs principaux actuels, entre autres Timochenko et Tourtchinov.

A part ça, "Pravyi sektor" qui n'existe pas pour les tv occidentales, s'est constitué en deuxième brigade nationale à Odessa. Leur chef, Yaroch, est candidat aux élections présidentielles. Et l'un d'eux exprime l'ambition d'aller reconquérir la Crimée par les armes.

Dire cela, ce n'est pas dire que tous les Ukrainiens sont "fascistes", loin de là: ils ont payé pour savoir !

Enfin, un des fils du vice-président des Etats Unis vient d'être nommé conseiller juridique du plus grand consortium gazier d'Ukraine. Comme symbole, c'est pas mal..si l'on tient compte que la Russie est le premier fournisseur et client de l'Ukraine et pas seulement pour le gaz ! Et que l'activité économique intense entre les deux états n'a pas cessé, même dans cette période noire.

Enfin, quel est le sentiment des Russes sur tout cela ? Pourquoi sont-ils si quasi unanimement proches de la politique de leur président? Quelles sont les limites de ce soutien? Et quels sont les arguments des "anti" ( 20/25% de la population, et même proportion de ceux avec qui j'ai parlé) ?

Je vais y revenir dans un prochain artticle.

Publié dans Politique

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