Retour à Bordeaux: dernières rencontres

Publié le par jaakline

L'avion Paris-Moscou donne peu d'opportunités de rencontres..Beaucoup de Russes, chargés de paquets, souvent bronzés, venant d'ailleurs et retournant chez eux, via Paris. Peu de Français, et l'ambiance est "française", comme une indifférence.

Au retour, par contre, je n'ai pas le souvenir d'un seul voyage Moscou-Paris où j'aie pu ouvrir le livre ou le journal que j'avais emportés!

Toujours une majorité de Russes.

Là, mon voisin était un charmant homme jeune, jeune homme, la trentaine, venant de Vladivostok. J'étais épatée, car ce n'est pas tous les jours que je voyage avec un habitant de Vladivostok, 9 heures d'avion de Moscou!

Etonné de voir la presse française et un livre en russe, il a engagé la discussion.. Et nous avons bavardé quasiment tout le voyage. Moscou-Paris: 3h40... Il voyageait pour la première fois seul, c'est ce que j'ai compris. "Ils" venaient d'avoir un bébé, un an et demi. Il prenait une semaine de vacances seul. Il allait à Dublin..4 jours à Dublin, 3 jours de voyage. "Ils" avaient beaucoup voyagé en Chine. "Le Japon est cher" , ils y sont peu allés. Médecin, reconverti dans l'industrie pharmaceutique. Non, Vladivostok n'est pas "envahi" de Chinois... Cette question, je la lui ai posée, car à Moscou, on dit ça.."On"!

Mais il y a tout de même une présence forte, en quête de travail et d'une vie: les Ouzbecks.. Je ne m'attendais pas aux Ouzbecks, là!

Oui, le climat est très pénible dans ce coin de Russie.

Ses parents sont retraités, mais travaillent, pour assurer leur quotidien. Je précise pour vous, lecteurs, que la retraite est à 55 ans pour les femmes et 60 ans pour les hommes.
A 55 ans, les femmes reçoivent automatiquement leur retraite, dérisoire, et continuent de travailler. Quant aux hommes, la première préoccupation a été de les faire vivre jusqu'à 60 ans.. Ce qui est en train d'être acquis.

Les "évenements en Ukraine"? Que pense un Russe de Vladivostok, qui vit plus près de la Californie que de l'Ukraine? "Pour voir ce qui est grand, il faut de la distance", je traduis un peu lourdement, mais fidèle quant au sens un vers de Serguéî Essénine, quatre mots en russe: большое видится на расстояние. Après avoir dit sa défiance vis à vis des médias, attitude assez courante d'ailleurs, il déclare tout simplement,comme une évidence, "tout se passera comme veut la Russie".

Voilà. Peut-être là est la raison de l'hystérie russophobe chez nous.

On approche de Roissy. Le temps est très clair. il photographie de son téléphone nos champs proprets et bien délimités, jaunes et de tous les verts.

Nous comparons nos heures d'attente en correspondance, et nos heures d'arrivée à destination, quasi identiques.

"Merci pour la compagnie" me dit-il, déjà ailleurs.

Dès la gare de Biélorussie, d'où part l'express pour Chérémiétiévo, j'avais engagé la conversation "la place est libre?", avec une dame moldavo-azerie, vivant en Allemagne.
Nous nous sommes retrouvées plus tard à l'aéroport. Elle m'a glissé un papier avec son nom."Allez sur youtub, Aida Veli" vous verrez qui je suis."

Je fais suivre!!

Publié dans vaste Russie

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