Il est trop tard pour être pessimiste !

Publié le par jaakline

Il est trop tard pour être pessimiste !

Je vous parle de Bordeaux.

Hier soir, Catherine Marnas, qui dirige depuis le 1er janvier 2014 le TNBA, Theâtre National Bordeaux Aquitaine, redevenu aussi Le Théâtre du Port de la Lune, présentait la nouvelle saison 2014-2015.
Son édito, publié dans la plaquette du programme, disait cela: il est trop tard pour être pessimiste. Sans cynisme, précisait-elle dans sa présentation, mais comme un appel à l'échange, au partage, à l'expression du désir de vivre, à la "pulsion de vie", expression qu'elle emploiera plusieurs fois en présentant des spectacles.
Et c'est cette volonté de désinvolture, de partager "la joie et la fierté de notre condition humaine" qui a présidé aux choix de l'équipe qu'elle dirige. Devant un budget de plus en plus court, bloqué depuis 2008, alors que les dépenses suivent la hausse du cours de la vie, loin de rétrécir l'offre, il fut finalement décidé de proposer PLUS de spectacles, 30 en tout, et de faire venir au théâtre 13.000 spectateurs de plus.

Faire venir un public qui pense que ce n'est pas pour lui, que c'est trop cher, qu'on s'y ennuie etc..etc..

La variété de la saison qui fait la part belle aux co-productions, à la danse, devrait en surprendre plus d'un. Par exemple, quelle émotion, quel enthousiasme, quelle pulsion de vie à l'oeuvre et quelle force de dénonciation que le spectacle "Swan Lake" de Dada Masilo, que la saison dernière nous a offert. Cette danseuse chorégraphe vient des townships d'Afrique du Sud, elle est exceptionnelle. L'année dernière pour la première fois à l'issue du spectacle, j'ai vu les spectateurs se parler, tant ils étaient secoués..." Swan Lake", une adaptation du Lac des cygnes...

Après le spectacle, dans le petit foyer bar du théâtre, je l'ai croisée, et j'ai eu du mal à la reconnaître: un tout petit bout de femme, joli visage fin, crâne rasé..J'ai finalement compris que c'était elle et je me suis approchée pour lui marmonner dans un anglais basic mon merci !!

Cette année, elle revient jouer Carmen au Grand Théâtre. Son Carmen est adapté de Bizet, mais aussi du Carmen-Suita, que Rodion Chtchedrine créa au Bolchoï à Moscou pour son épouse Plissetskaya..et que j'ai eu le bonheur de voir là-bas!

Il y aura un autre spectacle du chorégraphe bordelais d'origine algérienne Hamid Ben Mahi, évoquant les printemps arabes. Et le Hongrois Arpad Schilling, metteur en scène de théâtre, adulé sur toutes les scènes du monde, mais qui a décidé de rentrer dans sa Hongrie natale, devenue membre de l'U.E, et où il se passe des horreurs. "Je serai plus utile là" a-t-il déclaré.

Bref, beaucoup de beau monde.

Une saison comme un manifeste.
Et la soirée s'est terminée par une prise de parole de la Coordination des Intermittents, dont l'action rejoint les objectifs de génération précaire. A l'opposé d'un combat corporatiste.

Le TNBA emploie 180 personnes dont 120 intermittents

Catherine Marnas arrive de Marseille. Elle fut élève d'Antoine Vitez. Une signature.

Publié dans société

Commenter cet article