Récapitulons !

Publié le par Jaakline

Tandis que nos médias commencent à s'inquiéter de la riposte russe aux sanctions , le front des guerres s'élargit.
Nous avons le choix d'images terribles en provenance de Gaza , où "la chasse aux tunnels" justifie le meurtre de masse. Ou bien, maintenant les drones américains sur l'Irak et encore des populations en déshérence fuyant la mort, ici des chrétiens, là des musulmans. Tout invite à penser que la religion, les religions ne sont que des prétextes et que les préoccupations géopolitiques, la course aux ressources sont les véritables motifs.

Les seuls grands absents de notre "information" ce sont les Ukrainiens, de l'Est, et de l'Ouest.

Et, n'en déplaise à la doxa occidentale qui veut que les Russes soient "chauffés à blanc" (c'est l'expression consacrée dans la presse française) par la propagande poutinienne, les TV russes informent et sur l'Irak et sur Gaza et sur l'Ukraine !

A l'Est, la guerre se poursuit et Kiev refuse d'instaurer un couloir sanitaire dans la région Donetsk- Lougansk que demande le gouvernement russe. Ce serait, dit Kiev, de l'ingérence et il n'y a pas d'urgence sanitaire. La Croix Rouge appuie cette demande. Louganks et Donetks n'ont plus d'électricité, l'eau n'arrive pas partout et les hôpitaux ne peuvent travailler.

Voyant Laurent Fabius débarquer à Bagdad ce week end, images ressassées sur TOUTES nos chaînes, France 24 et Euronews comprises, je me demande une nouvelle fois ce qu'est allé faire notre ministre des affaires étrangères le 20 février dernier à Kiev ! D'après Emmanuel Todd, que vous pouvez lire dans ce blog, il n'a fait que servir de caution aux ministres allemand et polonais, pour qui les "affaires ukrainiennes" sont historiquement et géographiquement très proches..
Car ce 20 février est signé un accord avec le président élu, sont programmées des élections anticipées et le lendemain, Yanoukovitch s'enfuit. La phase 2, si je puis dire, est enclenchée, celle que les Russe appellent "le putsch".
Depuis, le divorce est consommé avec la Russie.

L'avion MH17 est abattu. Les américains disent avoir la preuve qu'il s'agit d'un coup "des séparatistes pro-russes"...mais ne montrent pas ces preuves. Et faire présenter le dossier par Colin Powell n'ajoute pas à l'envie de les croire !

Les russes, eux, posent à Kiev des questions sur l'enchaînement des évènements qui ont conduit à la catastrophe, en particulier sur la présence des forces anti aériennes ukrainiennes dans ce secteur à ce moment là. Pas de réponses.

Depuis remplacé dans nos médias par d'autres catastrophes aériennes, le MH17 a disparu de nos écrans. Pourtant l'enquête, difficile, car les combats continuent dans la zone, se poursuit.


A l'ouest de l'Ukraine, les choses ne vont pas bien non plus. La guerre de pouvoirs entre les oligarques ukrainiens fait rage. Les usines, à l'est aussi d'ailleurs, changent de mains sont vouées à la casse pour certaines, aux bombes pour d'autres. Des ouvriers sont en grève pour maintenir leurs productions.

Prêts du FMI obligent, les salaires, déjà les plus bas d'Europe , ont été baissés, les pensions aussi. C'est peu dire que ce n'est pas pour cela que des Ukrainiens se sont rassemblés à Maïdan.

Le champion de boxe Klitchko, nouveau maire de Kiev, explique à la population qu'il faut économiser le gaz en prévision de l'hiver. Donc, plus d'eau chaude à Kiev.

Les rares micro trottoirs que nos TV montrent de Kiev nous dévoilent de jolies jeunes femmes qui expliquent qu'il "faut tuer tous les russes de l'Est". Cela fait froid dans le dos.

Rien sur les soldats ukrainiens qui ne veulent plus combattre, rien sur les mères de soldats qui s'adressent au gouvernement, rien sur le Canada qui livre des armes au gouvernement ukrainien.
Rien sur les revendications des "séparatistes" qui souhaitent, souhaitaient (?) négocier une fédéralisation de l'Ukraine.
Rien sur le nouveau président, qui, à peine élu (mais se rappeler tout de même que toute l'Ukraine n'a pas voté), signe à Genève un accord pour engager les négociations et, rentré chez lui, revêt l'uniforme militaire et accélère la guerre..

Des voix s'élèvent en Europe et en Amérique pour une désescalade et un retour à des relations diplomatiques "normales" avec la Russie.

Hier encore un économiste allemand rappelait la proposition faite à maintes reprises par Vladimir Poutine d'une " Europe de Lisbonne à Vladivostok".
Rien ne filtre chez nous de tout cela.

Quant à cette politique infâme de sanctions que mènent les pays riches de la planète ( G 7) à ceux qui leur résistent, Cuba, l'Iran, la Palestine et j'en oublie sans doute, avec la Russie, les choses prennent un autre tour. L'effet "boomerang" ne se fait pas attendre. Les Russes, en la personne du premier ministre Medvedev, annoncent que les sanctions prévues en réponse aux sanctions occidentales, sont programmées pour un an, "mais peuvent être arrêtées" au moindre signe de négociations.

L'Argentine s'est proposée pour vendre à la Russie sa viande de boeuf. le Brésil la viande porcine.

Qui gagne dans cette aventure ? Quels intérêts défendent nos "élites" européennes, françaises comprises ?

Publié dans ukraine-politique

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