D'autres voix...

Publié le par Boyer Jaakline

Dimanche prochain, 14 septembre, les Russes vont élire leurs parlements régionaux.

Plus de 7 millions de moscovites éliront 45 députés. Les sondages donnent la quasi totalité des sièges au parti du Président "Russie unie", l'opposition parlementaire, dans sa diversité devrait recueillir 3 sièges, l'ensemble de l'opposition 8 maximum, disent les politologues. "Russie unie", du président, soutient d'autres candidats et ne présente pas ses propres candidats partout.

Mais là n'est pas l'essentiel. L'essentiel est de convaincre les électeurs d'aller voter car, comme disent les Russes, " nous votons mais ce n'est pas nous qui dépouillons "...

Le maire de Moscou s'adresse par courrier à chaque électeur pour l'inviter à se rendre aux urnes.
Dans la rue des distributions de tracts sont organisés, mais visiblement, ce ne sont pas des militants de partis. Ainsi le parti Yabloko, centre droit, est présent dans le centre de Moscou. Dans son matériel électoral, est évoqué, entre autres, l'impasse de la Crimée. Il peut donc rassembler ces forces qui sont opposées à la stratégie du pouvoir au plan extérieur.

Le parti communiste de Russie (KPRF), représentant environ 15% de la population, fait entendre une autre voix . Il est question, dans son matériel électoral, d'" arrêter la mafia des oligarques". Nulle part n'est évoquée la guerre en Ukraine. Par contre la lutte contre la corruption et le pillage du pays sont l'axe d'intervention et de motivation de l'électorat.

Au passage, je note qu'Il y a un consensus dans la population russe sur cette analyse.

Cet appel fait écho à un ensemble d'analyses parues dans divers journaux, en particulier Ogoniok, hebdomadaire de référence depuis longtemps.

Tous ces articles et analyses se penchent sur la société russe en crise et pourraient être regroupés sous la formule retour de la question sociale.

Le dossier du numéro de cette semaine est consacré au droit au travail.

Voilà son introduction

" Si on en juge par la TV il n'y a pas de nouvelles plus importantes pour le pays que la situation en Ukraine et les intrigues de l'OTAN. Pour les experts du marché de travail, l'appréciation est différente. Les nouvelles arrivent par la bande et elles sont inquiétantes. Les échecs économiques, se traduisant en premier lieu par le non paiement des salaires, nourrissent un mouvement de protestation grandissant. Pendant que le ministère du travail cherche les réponses adéquates, les grèves se multiplient - mineurs , métallurgistes, fonctionnaires. La plupart de ces mouvements sont organisés par les salariés eux-mêmes, sans syndicats ou partis, c'est à dire que ces actions sont sauvages, car il n'y a pas d'autre issue.
Bref, le mécontentement grandit. "

Suit une enquête minutieuse faite d'enquêtes dans les régions. Ils notent en particulier que la population commençait juste à accéder à une vie normale, avait pris des crédits. Donc, le seuil de tolérance à une baisse du niveau de vie, même moindre, est insupportable.

La crainte de la plupart des politiques, c'est le développement d'actions et d'actes " incontrôlés".

Le monde du travail russe est confronté aux mêmes problèmes que ceux que connaissent les salariés européens. Mais ici, il n'est pas question de financiarisation de l'économie, il est question d'oligarques .... comme en Ukraine.

Manifestation des médecins de St-Pértersbourg. Face aux réductions d'emplois, ils proposent que le médecin du célèbre Coeur de chien de Boulgakov fasse les opérations. Le journal précise : manifestation paisible pour le moment..

Manifestation des médecins de St-Pértersbourg. Face aux réductions d'emplois, ils proposent que le médecin du célèbre Coeur de chien de Boulgakov fasse les opérations. Le journal précise : manifestation paisible pour le moment..

Publié dans vaste Russie

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