Vladimir Pozner et des opinions diverses

Publié le par Boyer Jaakline

Pas d'exclusive chez Vladimir Pozner. C'est tous les lundis, à 23h, sur la chaine "Pervyi kanal", la plus grande chaine tv russe.
J'ai proposé les vues de Kontchalovski, " la Russie doit suivre sa propre voie", très répandues dans les sphères du pouvoir et dans
la société.

Voilà l'opinion plus nuancée d'un spécialiste. Ce débat, par médias interposés, est très idéologisé. Répétant un débat d'une autre époque, le XIXième siècle avec ses slavophiles et ses occidentalistes. Comme toujours, et pas en Russie seulement, les événements suivent d'autres chemins. Il n'est que de voir l'intense activité politique à l'international du président russe, pour comprendre que la "voie spécifique" russe est tout sauf l'enferment qu'on nous décrit complaisamment.. Ah, nos "experts" occidentaux aimeraient tellement une Russie qui se referme sur elle même, invitée à cela par "les sanctions"!

Ces derniers jours, le diable Poutine était à Belgrade, accueil triomphant des "frères slaves" du Sud", puis à Milan. Frisson dans nos médias.

Extraits de l'émision du 13 octobre: invité Alekséï Arbatov

" Nous reviendrons à la voie européenne, j'en suis persuadé, et beaucoup plus vite que ce qu'en disent de toutes les tribunes ceux qui prônent la nécessité de construire une civilisation particulière, russe ".

C'est ce qu'a déclaré lundi 13 octobre sur la chaine nationale Pevryi Kanal, lors du show hebdomadaire de Vladimir Pozner Alekséï Arbatov, de l'Académie des Sciences , responsable de la sécurité internationale à l'Institut d' Economie internationale.

Il ajoute : " La Russie a énormément changé au cours du dernier quart de siècle, mais nous n'avons pas atteint le niveau souhaité. D'où une certaine lassitude et un désenchantement ;d'où un éloignement de la voie européenne ."

" Construire une économie efficace, garantir une élévation de bien être dans la société, ces objectifs non atteints au niveau souhaité nourrissent la nostalgie de l'URSS, le souhait de revenir en arrière. Etre fier de son pays, c'est normal. Mais quand ce sentiment est frustré, les gens commencent à chercher dans le passé. Si nous avions atteint cette économie de haute technologie, un niveau de vie nettement amélioré, cet attrait du passé existerait, mais pas cette vague politique. "

A propos de l'antiaméricanisme grandissant dans la société russe, il analyse ainsi :

" dans cette dernière période, les Américains sont déçus par les Russes et les Russes par les Américains. Ces dernières vingt années, les Américains ont multiplié les interventions inconsidérées, en dehors du droit international. A quoi il faut ajouter notre propagande antiaméricaine débridée bien supérieure à ce qui se faisait pendant la période soviétique, en raison des nouvelles technologies. "

Commentant la notion de « monde russe » et sa popularité grandissante dans la société, il déclare : " Je suis pour le « monde russe », dans sa conception culturelle et humaniste ; mais l'idée d'enlever aux pays voisins des territoires habités par des Russes ou des russophones, ou ceux qui veulent rejoindre la Russie est une conception très dangereuse. "

Vladimir Pozner au travail dans son studio de radio.

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