Un peu de poésie dans ce monde de brutes...

Publié le par Boyer Jaakline

 Merci au Courrier de Russie ! et à l'amie qui m'a fait passer le lien !

" France-Russie : au-delà des affaires

« Il existe, entre les Russes et les Français, une fascination mutuelle réelle et profonde, qu’aucune crise politique ne semble pouvoir ébranler »

« Je suis responsable de 28 pays, mais c’est sur la Russie que je reçois le plus d’appels, mon téléphone n’arrête pas de sonner !, a entamé Emmanuelle Vigne, conseillère en développement international à la CCI Lyon, avant de poursuivre : Je ne suis pas au chômage technique – loin de là ! La Russie intéresse toujours les entreprises françaises, même en cette période particulièrement mouvementée

Des propos qui devaient rassurer la centaine de représentants du monde des affaires venus, le matin du 2 décembre, participer à une conférence-débat sur le marché russe dans les locaux somptueux de la Chambre de commerce et d’industrie de Lyon.

L’événement était organisé conjointement par l’Observatoire franco-russe, centre d’analyse sur la Russie, la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe, et le cercle Kondratieff. Le discours des intervenants, parmi lesquels Jean de Gliniasty, ambassadeur de France en Russie de 2008 à 2013, et Élisabeth Puissant, directrice d’Ubifrance Russie, ont laissé espérer que les relations franco-russes ont encore un avenir.

« Les Russes sont des gens cultivés, qui connaissent souvent l’histoire de la France bien mieux que beaucoup de Français. Ce sont des gens très chaleureux aussi, a témoigné un représentant de la société Boccard, qui gère de vastes projets de construction industrielle en Russie. Souvent, quand ils sont face à un Américain et un Français, ils préfèrent coopérer avec le Français. »

« Nous avons un pays qui nous aime ! Autant le garder ! », a conclu Emmanuel Quidet, président de la CCI France Russie.

Rien d’étonnant à ce que ces sacs d’argent défendent la Russie, diront certains. C’est parce qu’ils y font leurs fortunes ! Et rien de surprenant non plus à ce que les Russes aiment tant la France : c’est chez nous qu’ils viennent dépenser, sans scrupules, leur salaire ! Les Russes et les Français ne feraient que se servir habilement les uns des autres, et leur intérêt mutuel ne cacherait qu’une vulgaire soif de gain. Cette interprétation des relations franco-russes est facile, et attire plus d’un journaliste ou « spécialiste de la Russie », qui en savent souvent très peu sur le monde des affaires et les motivations des entrepreneurs.

En réalité, la Russie n’est pas le seul pays du monde où un Français peut gagner de l’argent, et les boutiques américaines n’ont rien à envier à leurs concurrents français. Non, si les Français et les Russes se lancent dans des projets communs quand toute la presse nationale, à quelques exceptions près, travaille à les en dissuader, c’est parce que leurs relations vont bien au-delà du strict intérêt commercial. Il existe, entre les Russes et les Français, une fascination mutuelle réelle et profonde, qu'aucune crise politique ne semble pouvoir ébranler.

Et ce n’est pas seulement par ses croissants frais et ses vins enivrants que la France subjugue la Russie. Les Russes sont assez intelligents pour voir derrière cet art de vivre une philosophie, une culture et une quête d’harmonie – qui, elles, les fascinent et les attirent pour de vrai. Imaginez un enfant qui va pour la première fois de sa vie au musée de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg. Il est excité, ému, heureux, sans comprendre vraiment pourquoi : il est face à quelque chose qui le dépasse, et le marque pour la vie.

C’est pétris d’à peu près les mêmes sentiments que les Russes viennent en France. Parce qu’ils savent que la culture est la seule chose qui justifie l’existence de l’humanité, qu’elle ne supporte ni la négligence ni l’indifférence, mais exige un respect et une admiration sincères. Il faut s’extasier devant Notre-Dame et les vieilles peintures du Louvre, même si l’on n’y comprend pas grand-chose – car si un jour, on cesse de le faire pour de bon, il ne nous restera, dans le vaste monde, que des supermarchés.

La Russie, de son côté, continue aussi de subjuguer les Français – et plus les journalistes la vomissent, plus les écrivains lui consacrent de romans. Il faut probablement la fibre littéraire pour voir la Russie d’au-delà des clichés.

Certes, c’est un pays aux fonctionnaires vénaux, aux libertés limitées et aux inégalités flagrantes, mais il ne se résume pas à cela : la Russie est aussi un territoire où l’être humain voit le mieux ses imperfections, et où il finit par les assumer, ou les dépasser. C’est probablement le pays qui  se prête le mieux à l’étude de l’homme, dans ses misères et ses splendeurs. La Russie ne propose peut-être pas un modèle « attractif » pour ces éternels hippies qui ont érigé le confort et les libertés individuelles en valeurs suprêmes ; mais elle offre des possibilités illimitées à ceux qui veulent savoir si Dieu existe encore dans ce monde, ou s’il l’a abandonné à jamais.le pays qui, probablement, se prête le mieux à l’étude de l’homme, dans ses misères et ses splendeurs. La Russie ne propose peut-être pas un modèle « attractif » pour ces éternels hippies qui ont érigé le confort et les libertés individuelles en valeurs suprêmes ; mais elle offre des possibilités illimitées à ceux qui veulent savoir si Dieu existe encore dans ce monde, ou s’il l’a abandonné à jamais. "

Inauguration du sapin de Notre-Dame, le 22 novembre 2014. Crédits: Galina Azoulay / Kommersant

Inauguration du sapin de Notre-Dame, le 22 novembre 2014. Crédits: Galina Azoulay / Kommersant

 

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