Tensions dans la société: causes et ressentis...

Publié le par Boyer Jaakline

Le " rattachement" de la Crimée à la Russie : la population en liesse. Vu d'ici, c'est "l'annexion" et le début des sanctions. Images France 24 .

Le " rattachement" de la Crimée à la Russie : la population en liesse. Vu d'ici, c'est "l'annexion" et le début des sanctions. Images France 24 .

A l'automne  1991, dans les derniers mois de l'URSS, (nous ne savions pas qu'ils étaient les derniers) j'étais à Moscou. Je vivais chez des parents d'élèves. Dans le centre historique de Moscou. Deux impressions dominaient : les débats sur l'histoire soviétique, "remplir les taches blanches" était l'expression. Essentiellement les années trente, le stalinisme, le" goulag", toute chose qui n'existait que "sous le manteau",   et  la vie concrète : rien à manger...pas de sucre. Les champignons sous toutes les formes, soupes, ragout, omelettes (on achetait juste les oeufs), ramassés l'été à la datcha. Et, bien sûr, vodka. Et, bien sûr,  intense vie culturelle. Je ne sais combien de pièces de théâtre j'ai vues, dans les théâtres les plus prestigieux, encore bon marché.

Peu d'essence et hors de prix...donc les voitures restaient dans les cours.

Cela ressemblait à une économie de guerre, que je connaissais par la littérature ou le cinéma, mais que je n'avais jamais vécue. 
En même temps une ambiance dingue, une énergie, un espoir. ll y avait eu la tentative de putsch au mois d'août. Par les éléments les plus conservateurs du régime soviétique. Des chars sur la Place Rouge.

Les manifestants très nombreux pour défendre le changement qui s'annonçait

Des barricades  dressées pendant l'été autour de la "Maison Blanche" (siège du parlement russe) étaient toujours là.  L'armée avait refusé de tirer sur les manifestants et s'était rangée à leurs côtés. Nous visitions ces lieux. les élèves se faisaient photographier sur les barricades.

Je repense à ces évènements qui m'ont marquée . Après 1991, il y eut 1993, plus sanglant. Certains russes pensent que c'est ce que vit l'Ukraine aujourd'hui .

Une génération plus tard,  revoilà les Russes confrontés aux difficultés économiques, moins graves qu'en 1991, mais ce ne sont pas les mêmes russes non plus. Une nouvelle génération fait l'expèrience de graves difficultés économiques, et d'un statut de mouton noir dans la communauté des pays riches.

"On", les éditorialistes-experts avisés, ne cesse de dire que la Russie a été humiliée dans les années 90, et que le succès du président Poutine s'explique en grande partie par cela : redonner à la Russie un statut et lui rendre sa fierté. 

Mais en même temps, on, les mêmes, justifie les sanctions et la russophobie ambiante. Bref, ON  recommence.... même humiliation, même sentiment d'injustice et d'immérité.

 

Retour au Centre Lévada  et aux derniers sondages d'opinion. Ils ne sont pas des outils complètement fiables, mais prenons les indications qu'ils proposent.

Sondage publié le 10 février dernier et réalisé fin janvier, toujours dans les mêmes conditions.

Je rappelle que cet institut de sondage est indépendant et fait autorité auprès des instituts étrangers.

Question:

Ressentez vous des tensions dans la société ?

Réponse :

Oui : 16%, plutôt oui : 36%.

Ils étaient 20% et 34% en décembre 2006.  8% et 43%en décembre 2013.

Seuls 7% ne se prononcent pas .

Question :

D'après vous, quelles en sont les causes ?

Réponses :

1-problèmes économiques qui sont devant nous: 74%.
Ils étaient 60% en décembre 2006. 59% en décembre 2011.

2- tensions internationales : 42% 
14% en décembre 2006, 9% en décembre 2011.

3- aiguisement des relations internationalités :19% ( je rappelle que la Russie est un état multinational)
38% en 2006, 19% en 2011 .

4- croissance des inimitiés entre personnes : 13%

35% en 2006, 22% en 2011.

 

A vous d'en tirer vos conclusions.

un supermarché russe... les produits sont là. mais les prix augmentent. Des spéculateurs à la manoeuvre.

un supermarché russe... les produits sont là. mais les prix augmentent. Des spéculateurs à la manoeuvre.

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