En direct avec Vladimir Poutine (1)

Publié le par Boyer Jaakline

en direct, le président et ses concitoyens.
en direct, le président et ses concitoyens.

Jeudi 16 avril, à midi, heure de Moscou.

Trois heures cinquante sept minutes, soixante quatorze questions, c'est le rendez vous annuel du président russe avec ses concitoyens.
Il y est question de la Russie, mais aussi du monde.

C'est souvent passionnant.

C'est aussi souvent boudé par le "cirque médiatique" occidental.

J'ai privilégié les extraits à résonnance internationale. Il fut d'abord beaucoup question de la situation économique et sociale et des sanctions occidentales.

Pour la quasi intégralité, se reporter au Courrier de Russie


Larges extraits.
Merci au Courrier de Russie.

Sur l’Union économique eurasiatique

Nous ne voulons pas « attirer à nous » les États de l’UEEA. Ce que nous voulons, c’est que les habitants de la Russie, de la Biélorussie, du Kazakhstan et d’Arménie vivent mieux. Pour nous, les droits des Russes doivent être respectés, où qu’ils vivent.

Il n’est pas question de restaurer l’empire russe. Les processus d’intégration dans l’espace eurasiatique sont comparables à ceux qui se déroulent dans le reste du monde – en Amérique latine, en Asie, en Europe. Mais quand ces processus se déploient chez nous, on nous dit que nous voulons restaurer l’empire. Nous n’avons pas d’ambitions impérialistes, nous voulons simplement assurer une vie digne à tous les Russes, où qu’ils vivent.

Sur le meurtre de Boris Nemtsov

Irina Khakamada (femme politique russe, membre de l’opposition) : À propos de l’assassinat de Nemtsov : comment avance l’enquête et saurons-nous qui a réellement tué Boris ? Est-ce lié au dossier qu’il s’apprêtait à publier sur la présence de Russes dans le Donbass ? Et à la fin des fins : y a-t-il des soldats russes en Ukraine ?

L’opposition a le droit et le devoir de participer à la vie politique. C’est positif qu’il y ait une opposition, mais c’est au peuple de choisir qui il veut voir siéger à la Douma.

Boris Nemtsov était fortement opposé à moi et au gouvernement, même si, à l’époque où nous travaillions ensemble, nous ayons eu de bonnes relations. Son assassinat est honteux. À propos de l’enquête, je rappelle qu’il n’a fallu qu’une journée et demie pour mettre la main sur les tueurs. C’est un excellent travail. Y a t-il un commanditaire, et le trouvera-t-on ? Je ne sais pas.

Enfin, je le dis clairement : Il n’y a pas de troupes russes en Ukraine. Même le commandant des forces armées ukrainiennes a récemment déclaré publiquement qu’il ne se battait pas contre des troupes russes.

Sur le nationalisme

Question : Konstantin Remtchoukov, rédacteur en chef de Nezavissimaïa gazeta : À quelles conditions pourra-t-on normaliser les relations avec l’Occident en général et les États-Unis en particulier ? Quel est le lien entre patriotisme et xénophobie ? Et entre patriotisme et nationalisme ?

Le patriotisme et la xénophobie sont deux choses très différentes, comme les pommes et les oranges. Je ne comprends pas comment on peut les associer. Le patriotisme, c’est l’amour pour sa patrie, alors que la xénophobie, c’est la haine pour les autres.

Concernant le nationalisme, j’ai dit à plusieurs reprises que c’était une chose mauvaise pour l’État russe, car nous sommes un pays multiconfessionnel et multinational.

Quant aux relations avec l’Occident, ce n’est pas nous qui sommes à l’origine de leur dégradation. Nous avons toujours entretenu de bonnes relations avec tout le monde.

Pour que ces relations s’améliorent, il faut une seule chose : qu’on respecte la Russie. Certains grands pays ne supportent pas que la Russie ait son point de vue propre et l’affirme. C’est pourtant un point que tout le monde doit entendre. Car en ce qui nous concerne, nous sommes et nous serons toujours prêts à collaborer. Nous ne voulons pas nous isoler.Toutes ces façons de tenter d’influer sur notre pays, comme les sanctions, ont montré leur faillite. Ça ne fonctionne pas avec nous. Et nous, les Russes, quand nous sommes victimes d’une conduite injuste et inégalitaire, nous réagissons : il se crée naturellement, au sein de la population, une réaction inverse de défense. Et nous avons vu ici, chez nous, ce soutien de la population. Je remercie la population russe pour ce soutien.

Sur la Russie et ses ennemis

Nos ennemis sont les terroristes internationaux. La Russie ne considère personne, parmi les autres acteurs de la scène internationale, comme son ennemi. Et nous recommandons à tous de ne pas nous considérer comme un ennemi.

Question : L’Etat islamique constitue-il une réelle menace pour la Russie ? Et pouvons-nous la contrer ?

L’EI s’est développé initialement sur le territoire de l’Irak. Je tiens à rappeler qu’avant que Saddam Hussein ne soit destitué du pouvoir, il n’y avait pas de terrorisme. EI est constitué essentiellemnt de cadres de l'armée irakienne. Ils savent se battre.

L’EI ne représente pour nous aucune menace directe. En revanche, nous sommes inquiets du fait que des ressortissants de la Fédération de Russie et de pays de la CEI l’aient rejoint et s’y entraînent. Nous sommes inquiets car ces individus reviennent ensuite sur le territoire russe.

Nous sommes conscients de cette menace, nous la prenons en considération. Nous savons relativement combien ils sont et où ils se trouvent. Nos services secrets, en collaboration avec ceux d’autres pays, gardent un œil sur eux.

Sur les alliés de la Russie

Je citerai simplement le tsar Alexandre III : « La Russie a deux alliées : son armée et sa flotte. » Il disait également que l’immensité de notre territoire fait peur. Nous avons des amis, pourtant, notamment les pays des BRICS et de l’Organisation de coopération de Shanghai.

Nous n’avons pas l’intention de faire la guerre, mais nous allons renforcer nos capacités de défense afin que personne ne se mette en tête de nous la faire, à nous.

Sur le réarmement de la Russie

Nous avons suffisamment d’équipement technique militaire moderne. Et notre plan de réarmement et de modernisation de l’armée prévoit que d’ici 2020, 70 % minimum de notre armement seront renouvelés.

Sur l’assassinat du journaliste ukrainien Oles Bouzina

Ce n’est pas le premier assassinat politique. Et, alors que l’Ukraine affirme être un État démocratique, elle ne semble pas s’empresser de rechercher les coupables.

Sur le communisme et le nazisme

On ne peut pas mettre le stalinisme et le nazisme sur un pied d’égalité. Les nazis déclaraient ouvertement vouloir anéantir des peuples entiers, les Juifs et les Tziganes.

Aussi mauvais qu’ait été son régime et malgré toutes ses répressions, Staline n’avait pas pour objectif d’anéantir des peuples entiers.

Nous portons aussi notre part de responsabilité dans le fait qu’aujourd’hui, certains veuillent placer au même niveau le stalinisme et le nazisme. Nous avons tenté d’imposer notre modèle de développement à un certain nombre de pays européens, souvent par la force. Nous n’aurions jamais dû le faire, c’était une grave erreur. Et nous en subissons encore les conséquences.

D’ailleurs, c’est ce que tentent aujourd’hui de faire les États-Unis ; ils veulent imposer leur modèle de développement au monde entier. Et ils vont échouer.

Publié dans société

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