En direct avec Vladimir Poutine (2)

Publié le par Boyer Jaakline

En direct avec Vladimir Poutine (2)

Suite du " questions- réponses "entre le président russe et ses concitoyens, le jeudi 16 avril dernier.

Sur les chefs d’État ayant refusé de participer aux célébrations du Jour de la Victoire, le 9 mai, à Moscou

Certains ne veulent pas venir, en effet; d’autres le voudraient, mais n’y sont pas autorisés par les États-Unis. Nous respectons tous les choix. Si des dirigeants veulent exprimer leur solidarité avec les victimes des nazis, nous sommes toujours prêts à les recevoir. Mais quoi qu’il en soit, c’est notre fête à nous, et nous la célébrons – afin de ne jamais oublier ce qui s’est passé.

Sur les porte-hélicoptères Mistral et le refus de la France de les livrer

Le refus de livrer ces navires est évidemment un mauvais signe dans nos relations, mais je vous le dis sincèrement – cela n’affecte en rien notre défense nationale.

C’est vrai, nous prévoyions de les utiliser en Extrême-Orient, mais il n’y a pas de mal.

Le gouvernement français est honnête et je suis sûr qu’il nous rendra l’argent, s’il le faut, sans problème, et sans pénalités. Il faut simplement que notre argent et les échéances de retard nous soient rendus.

Sur les hommages à Boris Nemtsov

La décision d’installer ou non une plaque commémorative sur le lieu de l’assassinat de Nemtsov revient à la mairie de Moscou. La loi stipule que des plaques commémoratives peuvent être installées jusqu’à dix ans après le décès. Mais la mairie peut aussi décider de ne pas en mettre.

Je ne vois aucun problème à ce que les habitants viennent déposer des fleurs et des icônes sur le lieu de l’assassinat. Je dirai au maire de ne pas instaurer de restrictions à ce sujet.

Sur les revenus des grands patrons

Question : Pourquoi les grands patrons des principales compagnies russes ne dévoilent-ils pas leurs revenus ?

C’est lié au fait que les conseils d’administration de nos grandes compagnies comportent aussi des ressortissants étrangers, même si ces derniers n’occupent pas des postes de direction. En Ukraine, à propos, ces postes sont occupés par des ministres d’autres pays – comme s’ils n’avaient personne de compétent chez eux.

Quoi qu’il en soit, on ne peut pas obliger ces spécialistes étrangers à dévoiler leurs revenus, ni ne l’exiger que des Russes qui y siègent.

Les grands patrons qui dévoilent leurs revenus en Occident le font volontairement. Personnellement, à la place de nos grands patrons, je le ferais.

Sur l’âge du départ à la retraite

Notre espérance de vie augmente ; elle s’élève aujourd’hui à 71,5 ans, hommes et femmes confondus. La population active se réduit alors que le nombre de retraités s’accroît ; nous pourrions donc, un jour, en arriver au point où nous n’aurons plus de quoi payer toutes les retraites. Néanmoins, je ne pense pas que nous soyons prêts, aujourd’hui, à repousser l’âge de la retraite. Car l’espérance de vie des hommes n’est toujours que de 65,5 ans. Si on repousse l’âge de leur retraite, qu’arrivera-t-il ? Ils s’en iront dans une redingote de bois ? Les Européens prennent leur retraite plus tard, mais leur espérance de vie est aussi plus longue.

Sur l’économie et la productivité

J’ai effectivement discuté avec les entrepreneurs, et je leur ai dit que les sanctions occidentales ne seraient pas levées rapidement – c’est de la politique.

Nous faisons tout notre possible pour respecter les accords de Minsk-2, ce que Kiev ne fait pas toujours.

Il faut aussi se rendre compte que, ces dernières années, nos salaires ont augmenté, mais pas notre productivité. De fait, la correction du cours du rouble était inévitable – la monnaie devait baisser un jour ou l’autre.

La Russie n’est pas l’Iran. Notre économie est bien plus diversifiée, notre pays est plus grand, notre énergie est plus intégrée au système du marché.

Nous devons profiter de la situation actuelle pour accélérer notre développement, nous devons fabriquer aujourd’hui de nouveaux produits pour moins importer. La hausse de productivité de l’agriculture est nécessaire – et elle va se produire.

Nous avions estimé que le ralentissement économique durerait deux ans, mais en réalité, nous n’avons pas affaire à une chute de production importante. Concrètement, le niveau de la production industrielle est à 99, 4 % le même en mars 2015 qu’en mars 2014.

Et il faut tout faire pour que cette dynamique positive se poursuive et s’accélère.

Et nous voyons déjà les premiers résultats : le rouble s’est stabilisé, les prix commencent à baisser un peu.

Publié dans société

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