Les citoyens, l'état et le pouvoir (1)

Publié le par Boyer Jaakline

Petit retour au centre Lévada, institut indépendant de sondages que je consulte régulièrement.
Sondage
s de mars dernier. Synthèse.

Dans la situation actuelle des relations Europe-Russie, le nombre de citoyens russes qui considèrent la démocratie occidentale comme un modèle pour leur pays est passé de 21% à 11% . (au bénéfice du système actuel russe, 19% à 29%). En outre 36% pensent qu'ils vivent dans un système de " démocratie développée ", sous entendant un système ne se référant pas au modèle occidental. Un tiers des interrogés ne peut caractériser le système politique actuel.

Un sur deux a une conception paternaliste du pouvoir, considérant que c'est l'état qui doit réguler activement l'économie , en planifiant et assurant la répartition (55% ).
50% pensent que le pouvoir doit être concentré dans une seule main, 27% donnent la priorité à l'économie de marché et 36% sont opposés au principe " de la main de fer".

Parallèlement, le nombre de russes pensant s'installer à l'étranger a atteint son niveau le plus bas.
82% ne l'ont jamais envisagé. Bien que 1 sur 5 y ait pensé. (1 sur 3 à Moscou). Au centre des motivations : la situation économique russe (30%) et de meilleures conditions de vie ailleurs (36%). Pour 30% des moscovites, qui envisageraient de partir, c'est la situation poltique dans le pays.

"Tout s'effondre, sauf la côte de popularité du président".
C'est l'analyse d'un éditorialiste, dans unе interview qu'il
a accordée à la BBC.

Depuis mars 2014, elle est autour de 80% de satisfaits, ( plutôt satisfaits, tout à fait satisfaits ) .

Ils soutiennent leur président dans sa volonté de s'opposer aux politiques occidentales à l'égard de la Russie.
ils soutiennent leur président dans la réorientation vers la Chine des priorités économiques et politiques du pays.

Ils ne demandent pas la démission du gouvernement.

S'ils ressentent des tensions dans la société, 74% les impliquent à la dégradation de la situation économique et 42% aux tensions avec l"Occident".Très peu pensent que des actions dans la rue seraient susceptibles de faire évoluer positivement la situation intérieure.

De nombreux mouvements catégoriels existent : les médecins, les enseignants, dans certaines entreprises, contre la réduction des budgets et des emplois.
Mais, disent les sondeurs analystes, pas de mouvement de masse à envisager. La crise économique ne se fait pas sentir massivement.

Illustrations de ces luttes dans un second article .


D'autre part, après les mouvements de 2011/2012, l'opposition a été discréditée.

De plus aujourd'hui elle est divisée sur la politique russe en liaison avec la situation ukrainienne. Une constante aussi : son mépris à l'égard de la majorité qui suit le pouvoir. Sans tenter d'analyser pourquoi il en est ainsi, les analystes concluent que tant que l'opposition persistera dans cette attitude, elle restera marginale.
Jamais la côte de popularité de l'Europe n'a été aussi basse.

Les médias russes accordent une large place à l'information sur l'actualité dans les pays européens. Sont soulignées en particulier les interventions musclées de la police contre des jeunes manifestants qui s'opposent aux politiques menées, en Allemagne dernièrement.

Et chez nous, en France, que se passe-t-il ?

Des luttes se développenт dans des entreprises, contre les réductions d'emplois ou la liquidation de l'entreprise . Le 9 avril prochain c'est une journée interprofessionnelle de grève secteur privé-secteur public.
Plus d'un électeur sur deux ne participe plus aux élections, s'abstient votent blanc ou nul, sorte d'insurrection démocratique.
Personne ne demande la démission du gouvernement.

Coup de projecteur sur la grève de Radio France, 15 jours. En jeu réductions d'emplois, budget réduit, soit, pensent les personnels, l'impossibilité d'assurer les misssions de service public.

Des analyses semblables dans le milieu hospitalier, ou enseignant.


Finalement, face à des politiques ( ultra) libérales, des réactions semblables en Russie et en France.... Mondialisation, ou globalisation, comme on dit en russe.

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