Remugles.

Publié le par Boyer Jaakline

Donc, ici, le débat tourne autour de Pétain, "Maréchal, te revoilà"
L'affaire semblait tranchée depuis longtemps, mais régulièrement revient sur le devant de la scène.
Période de commémorations en tout genre. Mémoires jamais complètement écrites Relativisme historique où les "bons et les méchants" changent de place.

L'hommage à Bismark qui se dessine dans certains milieux dirigeants procède de cette réécriture.

Vue de Russie, le bras de fer avec les pays occidentaux pour la reconnaissance du rôle de l'URSS dans la victoire sur le nazisme n'empêche pas de régler ses comptes au plan intérieur

Tout commence avec la réouverture du fameux magasin "Detskii Mir", en travaux depuis des lunes. Il est sis en plein centre de Moscou, tout près du sège du FSB, ex-KGB ( et du lycée français de Moscou !)
Au quatrième étage de ce magasin sont proposés à la vente des bustes de soldats nazis de la deuxième guerre mondiale. J'imagine que sont vendus des bustes de tous les belligérants, donc les allemands sont des nazis.

L'information s'est répandue comme une traînée de poudre et les gens se sont pressés pour voir.... Mais s'en est suivi un scandale, qui va se poursuivre devant les tribunaux.

Et là, Vladimir Pozner s'interroge : pourquoi cette colère devant ces bustes et l'indifférence quasi générale devant les exactions déjà nombreuses, de néo nazis et de "natsbol" , envisagées seulement comme des actes de " vandalisme "? Et puisqu'il arrive que se vendent des bustes de Staline, pourquoi ne peut-on vendre des bustes d'Hitler ?

Les national-bolchéviques (natsbol ), parti créé par le talentueux écrivain Edouard Limonov, s'apparentent dans les formes et sur le fond au national socialisme de sinistre mémoire.

Leur drapeau remplace la svastika par la faucille et le marteau. Pour le reste, couleur forme, c'est la même chose. Ses pratiques politiques sont aussi proches : profanation de tombes juives, agression de personnes au physique "non slave", etc, etc.

Chez nous, ils sont connus comme " les rouges-bruns". Ils sont ultra minoritaires, mais font du bruit.
Сe parti a été interdit. Mais il a réapparu sous un autre nom : " l'Autre Russie".
Or, voilà que la semaine dernière éclate une polémique entre Vladimir Pozner et Zakhar Prilépine. Le second, écrivain apprécié, est proche de ces derniers. Quant à Vladimir Pozner, tout dans son histoire l'invite à les détester.

Zakhar Prilépine défend l'idée que personne en Russie n'a souffert d'exactions des "rouges- bruns ". Que la faucille et le marteau ont une histoire dans le pays qu'il faut traiter plus délicatement.

S'en suit un échange à fleurets non mouchetés.
( Voir le blog de Zakhar Prilépine )

http://https://www.facebook.com/zaharprilepin?fref=nf

Vladimir Pozner lui répond à nouveau. Il précise que Staline et hitler sont de son avis deux monstres du siècle dernier, mais qu'en l'occurence, l'un fut agresseur et l'autre agressé .

Ambiance.

Le débat est souvent très vif, très incorrect. L'histoire récente affleure, sans unanimisme, comme en témoignent les commentaires laissés sur les blogs...

Nouvelles brèves d'Ukraine :

Dans la nuit du 15 au 16 avril, un député du Parti des Régions, hostile à la politique menée par Kiev, entre autres pour la commémoration de la Victoire de 1945, a été assassiné devant chez lui, en plein centre de Kiev. C'est le deuxième député de ce parti à subir ce sort.
Où sont nos censeurs ? Sur France 24, défilent les dépêches AFP: rien sur cet assassinat.
L'air est particulièrement lourd en Ukraine.

Pour mémoire, Dmitro Yaroch, président du parti d'extrême droite paramilitaire, Pravy sektor, a été nommé conseiller au ministère de la Défense le 6 avril dernier .


Concernant l'application des accords Minsk II et la responsabilité de la non application, je vous recommande la longue interview d'Alexis Pouchkov, président de la commission des Affaires étrangères de la Douma. Sur France 24. Il répond au journaliste de la chane, dans un français impeccable.

Dernière nouvelle, en direct de Moscou, ce 16 avril, 13h15, heure française

Oles Bouzina, journaliste ukrainien, vient d'être assassiné à Kiev.
Il était souvent sur les plateaux de TV russe pour débattre de la situation dans son pays...

A Kiev, la curée continue . Où sont nos censeurs ?

Publié dans humeur

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