La chute de l'URSS, analysée par Naomi Klein.

Publié le par Boyer Jakline

A lire sans modération..... Français, si vous saviez !
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Cette analyse a été publiée dans son ouvrage " La stratégie du choc ", traduit en français en 2008.

Traduit en russe, j'en ai vivement conseillé la lecture à quelques uns de mes amis.

Cela correspond absolument à ce que j'ai pu observer sur place en 1991-1992 et aux discussions âpres que j'ai eues avec mes amis russes, là-bas.

La Russie laboratoire de la mondialisation capitaliste sauvage ? Tel était mon sentiment.

Mes amis, en France, m'écoutaient et haussaient les épaules, incrédules ... Pourtant.

Evidemment, cela n'efface pas les causes internes à la fin de " l'empire soviétique ": blocage à tous les niveaux, économique, social, moral, surdité politique.

Ce qui fait dire à de nombreux observateurs russes aujourd'hui que l'Union Européenne refait l'Union soviétique !

Mais les conditions étaient ainsi créées pour la mise en oeuvre de la stratégie du choc.

Voilà ce qu'écrit il y a quelques jours l'écrivain californien, John Wright :

" La journaliste canadienne et auteur Naomi Klein énonce sur un mode médico-légal, en détail dans son travail hors pair, La Stratégie du choc (Penguin, 2007) l'’impact de la thérapie de choc libérale vis-à-vis de la Russie sous la présidence de Boris Yeltsine, Klein le décrit ainsi: « en l’absence de grandes famines, de peste ou de guerre, jamais autant de monde n’a péri en si peu de temps. En 1998, plus de 80 % des fermes russes avaient fait faillite, et à peu près soixante dix mille usines d’État avaient fermé, créant une épidémie de chômage. En 1989, avant la thérapie de choc, 2 millions de personnes dans la Fédération de Russie vivaient dans la pauvreté, à moins de 4 $ par jour. Au moment où les thérapeutes ont administré leur « médecine amère » dans le milieu des années 1990, 74 millions de russes vivaient en dessous du seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale. "

" Klein révèle également qu’en 1994, le taux de suicide russe avait doublé et quadruplé les crimes violents."

Il poursuit :

" Étant donné les ravages causés sur l’économie russe et la société par les gourous du libéralisme occidental et leurs disciples russes pendant cette période terrible, le relèvement du pays jusqu’au point où il est maintenant capable de contester et de résister à l’unipolarité dirigé par Washington hors contrôle, doit être apprécié comme une réalisation stupéfiante."

L'article dans son intégralité en suivant le lien.

Pour dire vite, " la stratégie du choc", expression des initiateurs du projet, consiste à profiter d'un ébranlement d'une société, " naturel" ( tsunami), politique, guerre, crise, pour en accélérer les méfaits, susciter une "page blanche", façon de faire table rase, pour instaurer la liberté totale du capitalisme. Cela consiste en particulier à détruire toutes les bases des politiques publiques. Cette " théorie " fut mise en oeuvre par un état au Chili, par Pinochet. C'est déjà une signature.
Naomi Klein a rencontré cette volonté aux USA après l'ouragan Katrina en Louisiane. Là, s'est engagé son travail, poursuivi en Irak en 2006.

Jeudi 18 février, au New Boudoir, je propose une rencontre sur le thème :

Pourquoi il faut revenir sur la chute de l'URSS.

Publié dans Politique

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