Russie-Syrie, politique étrangère : l'analyse du PC russe.

Publié le par Boyer Jakline

Sur le site officiel du KPRF, la rubrique humour...
Sur le site officiel du KPRF, la rubrique humour...

Mercredi dernier,16 mars, le président du PC russe (KPRF, dont j'ai déjà parlé) était l'invité d' " Envoyé spécial ", grande émission débat hebdomadaire de Rossia 1 avec de nombreux invités, russe et étrangers, suivant les thèmes abordés.
Guénadii Ziouganov, personnalité politique de premier plan, participe relativement peu à ces débats.

A l'ordre du jour de cette émission: le retrait des troupes russes de Syrie, et le deuxième anniversaire du " printemps de Crimée " (soit le " retour au bercail russe " de la péninsule criméenne)

Sur le premier sujet, l'intervention en Syrie, Ziouganov précisait : " l'objectif premier pour la Russie était de conserver l'intégrité territoriale et le caractère laïque de la Syrie, état ami. Un pas important a été accompli dans ce sens et la Russie y a joué un rôle essentiel.

Soutenir le pouvoir légitime en la personne du président Assad était d'une extrême importance: il est le maillon clé dans les négociations pour une nouvelle constitution et de nouvelles élections législatives.

La Russie a fait la démonstration dans le même temps de ses capacités militaires et de ses équipements techniques les plus novateurs, capables de travailler de concert.

" Ce fut pour l'Occident une découverte et une grande leçon ".

Il soulignait que la Russie avait réussi à créer les conditions de larges négociations, tenant à préciser cependant que la présence de bases militaires russes dans la région permettrait, en cas de nécessité, le regroupement des forces russes.

Il appelait dans le même temps à rester vigilant car l'abandon de positions du côté syrien est lourd de danger aux frontières de la Russie. (Rappel: Aqqa est à 800 km des frontières russes)

Le travail diplomatique doit être mené avec la volonté de mettre fin à ce conflit et toutes les parties intéressées sont interpellées.

Il a remercié les militaires qui ont pris part à la lutte contre le terrorisme en territoire syrien et a tenu à rappeler que le Parti communiste a envoyé en Syrie trois convois d'aide humanitaire.
Il a tenu à mettre en garde l'Occident, USA en tête, contre les tentatives de soutien aux terroristes, car les conséquences globales peuvent être très négatives.

Sur l'Ukraine et la Crimée: sa conviction est que l'Ukraine est dirigée, depuis les USA, par des gens qui ont la haine de ce peuple. Il a rappelé le projet des partisans de Bandéra de détruire près de 200 lieux de mémoires et de patriotisme en Crimée.

Rappel:

Bandéra est un nationaliste ukrainien qui a combattu aux côtés d'Hitler et est responsable de l'assassinat de centaine de milliers d'Ukrainiens. Le terrible site de Babiy Yar, où furent décimés dans la shoah par balles, des familles entières de juifs de Kiev, est l'objet de profanations régulières dans la nouvelle Ukraine où les Bandérovtsy '( partisans de Bandéra) ont pignon sur rue. Des précisions dans ce blog à la rubrique " Ukraine ".

Il est étonnant de voir comment ces derniers jours l'U.E s'émeut, mollement , mais c'est nouveau, de la recrudescence de ces groupes en Pologne, et les soutient en Ukraine, ou ne les voit pas...J.B

Pour G.Ziouganov, Russie-Ukraine, Biélorussie, Kazakhastan et autres ex républiques soviétiques ensemble peuvent à l'avenir offrir prospérité à leurs peuples.

Il est convaincu que les citoyens d'Ukraine se débarrasseront dans un avenir proche de ce gouvernement antipopulaire. Il a appelé le gouvernement russe à reconnaître enfin les républiques de Donetsk et Lougansk et garantir la paix dans cette région.

Mon commentaire:

Le compte rendu de cette émission se trouvait sur le site du parti communiste. Je l'ai traduit presque in extenso..

Sur les questions de politique étrangère du pays, les communistes russes, comme plus de 80% des citoyens, suivent la ligne du président.

Ce qui n'est pas du tout le cas pour la politique économique et sociale. Les mots d'ordre majeurs des campagnes du KPRF sont " assez des oligarques et des voleurs ", ou encore " pour des élections sans fraude ".
Cela explique sans doute une présence limitée de cette voix lors des émissions débats très fréquentes, deux au moins par semaine.
Alors que Jirinovski, leader du LDPR, y est régulièrement invité, assurant le spectacle dans une ligne nationaliste exacerbée. Dernièrement, il s'est fait reprendre vertement par le journaliste modérateur, car, très antisoviétique, il n'hésitait pas à inviter à fusiller tous les traîtres-à-la-patrie.
Or, s'il est bien un verbe de sinistre mémoire dans l'histoire russe et soviétique, c'est bien le verbe fusiller.

Précisions utiles:

La Russie est dirigée, certes, par un président, mais aussi par un gouvernement, et un Parlement Fédéral. Plus on se rapproche de l'échelon local, plus l'indice de confiance des citoyens va décroissant. (Source sondages Lévada tsentr)

Les chiffres sont éloquents. Le gouvernement a la confiance de 60% des citoyens. Les élus régionaux arrivent à peine à la moyenne ainsi que la Douma fédérale ou parlement. En cause, la corruption. " Les voleurs" ne sont pas que les oligarques. Le système de pots de vin est devenu quasiment institutionnel et, dans les villes, les régions, les citoyens savent " qui est qui ", comme on dit en russe Une politique anticorruption, des lois, sont votées. mais avec des effets très mineurs.

Pour le moment ?

Le Parlement fédéral ou Douma est composé de quatre groupes :

 

Russie Juste  64 députés

Parti Libéral Démocrate de Russie (LDPR, ami des Le Pen)  56 députés

Parti Communiste ( KPRF) 92 députés, soit 20% 

Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine, 238 députés, soit 52%.

Les prochaines élections législatives ont lieu le 18 septembre prochain.

C'est une élection à la proportionnelle dans un scrutin plurinominal.

L'oppostion hors système qui a recueilli 4,8% des voix alors qu'il faut 5% pour avoir des élus, se prépare pour parvenir à entrer à la Douma. C'est cette opposition qui est considérée chez nous comme la seule opposition. Ses analyses de la politique russe, du pouvoir, sont très proches des analyses officielles occidentales.

 

 

Publié dans Politique

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