We can, podemos, version russe : мы сможем !

Publié le par Boyer Jakline

Guenaddi Ziouganov
Guenaddi Ziouganov

Г.А. Зюганов: " Мы правы! Мы сможем! "

Lors d'une réunion de son parti, Guénaddi Ziouganov a lancé : " Nous avons raison, nous réussirons ".
Le PC russe appelle à agir dans l'ensemble de la Fédération de Russie contre la politique économique et sociale du gouvernement.

" Remettre de l'espoir dans les coeurs et les esprits ", " Oligarques et voleurs, ça suffit ".

Ce sera le mot d'ordre premier dans la campagne électorale qui s'engage pour les législatives du18 septembre 2016.

Ainsi parlait le dirigeant communiste lors d'un séminaire dans les environs de Moscou, samedi 30 janvier.

A noter que le PC est très patriotique, mais il est le seul à poser avec force la question sociale.

Tous les autres partis, tels le parti au pouvoir, défendent ou mettent en oeuvre des politiques "libérales" qui se traduisent par des choses que nous connaissons bien ici : report de l'âge de la retraite, déjà décidé pour les fonctionnaires, passant de 55 ans à 60 ans pour les femmes et de 60 à 65 ans pour les hommes, pression sur les salaires, le temps de travail, le niveau des pensions. Bref, "sortir"(?) de la crise en faisant pression toujours sur les mêmes, d'Athènes à Washington.

Le parti d'extrême droite, très présent dans les médias et la vie politique est nationaliste. Point. Les Russes, leur président en tête, soulignent la différence entre patriotisme et nationalisme.

La participation électorale est peu importante. Mais ce manque d'ardeur n'a pas les mêmes causes que la désaffection grandissante dans nos contrées. En France, avec 50% d'électeurs qui se mettent hors jeu électoral, c'est le système représentatif qui atteint ses limites, car, justement, il ne représente plus...

En Russie, ce mode d'élections est très récent. J'ai donné plusieurs élément dans différents articles dernièrement.

La Russie du XXIe siècle et l'URSS : apport du PC russe.

Depuis des années, s'affirmait de plus en plus ouvertement l'analyse " c'est notre histoire, toute notre histoire et nous l'aimons ". Comprendre : nous ne renions pas la période soviétique. Bien que dans toutes les années 90 la pression fût très forte dans ce sens.

Je reviendrai sur l'analyse faite par le PC russe des massacres staliniens et des années 37-38 en URSS. Mais il est clair que depuis une dizaine d'années, il y a une réévaluation, un rééquilibrage de la place de l'URSS et de son chef le plus contesté, Staline. Le PC se réclame toujours de Staline.

Cela correspond assez bien au regard de nombreux citoyens, qu'ils votent ou non pour le PC.

Citant Staline avant la guerre : " notre cause est juste, nous vaincrons ", Ziouganov déclare

" et nous l'avons fait ".

Il dénonce les attaques contre " le génial Lénine " , menées par les démolisseurs de l'URSS.

Je vous renvoie aux résultats du sondage Lévada-tsentr, sur les russes et leur démocratie, que j'ai publié le 26 janvier dernier.

À quelques mois de l'anniversaire de la Révolution d'Octobre, le débat s'emballe, en particulier autour du rôle de Lénine.

Depuis la chute de l'URSS, la période soviétique a été vue, d'abord, comme une parenthèse dans la millénaire histoire russe., enjolivée pour l'occasion. Petit à petit, le désenchantement des politiques " libérales" a nourri le sentiment très fort d'avoir été grugé et le pays vendu.

Même la jeunesse qui n'a pas connu l'URSS, l'embellit d'autant plus dans le récit des parents ou grands parents : avoir droit à des études, priorité nationale à l'éducation, avoir un travail, avoir des congés, et être respecté dans le monde! Il a fallu une certaine stabilisation économique, arrêter l'effondrement, et la réaffirmation de l'autonomie russe au plan international pour donner à Vladimir Poutine le poids qu'il a encore aujourd'hui.

L'URSS ici évoquée est celle des années 70/80. Sur les années 30, deux faits sont valorisés: l'industrialisation du pays et la victoire sur le nazisme.

Aujourd'hui, donc, retour du débat, dans des formes renouvelées, autour de la figure de Lénine.

C'était dans la grande émission du dimanche soir de V.Soloviov, le 24 avril, ( 22 avril, jour de naissance de Vladimir Illitch Oulianov, dit Lénine ).

Les libéraux au Parlement remettent sur le tapis la suppression du Mausolée sur la Place Rouge.
De l'avis de nombreux politologues et historiens, pas seulement des communistes, le moment serait très mal choisi, car la société russe est ébranlée par la crise économique. Avoir une raison de schisme supplémentaire n'est pas sérieux. 50% de la population serait contre une telle décision.

Très en pointe dans ce débat, Karen Shakhnazarov, cinéaste de talent et directeur de Mosfilm...

Son film " Le tigre blanc" (2012) a été montré en sa présence à Bordeaux.( Article sur ce blog)

Il devrait être diffusé quelque part sur nos chaînes pour approcher le rapport des Russes à la guerre et le traumatisme qu'ils ont subi pour vaincre le nazisme... Pour tenter de comprendre combien nous navigons dans des mondes différents...et pourtant si semblables. quel peuple ne craint pas la guerre? Sans doute les Russes ont ils beaucoup payé pour savoir!

K. Shakhnazarov déclare dans cette grande émission débat (très regardée par les russes et russophiles dans le monde entier) : " il faut laisser cette question ( du Mausolée) aux générations suivantes. Par contre, si vous interrogez des écoliers russes, ils connaissent le nom de Staline, mais pas celui de Lénine et à peine celui de Gagarine.... Ce n'est pas normal. Il a fondé un état dans lequel nous vivons toujours. Si aujourd'hui nous arrivons à quelques succès économiques et industriels, c'est grâce aux bases qu'il a bâties."

Et de revenir sur l'analyse d'Octobre 17, présenté comme un putsch organisé par un commando bolchévique. " Comment peut-on imaginer qu'une poignée, sur un si vaste territoire, aurait pu vaincre l'intervention étrangère des grands puissances, Angleterre, France, pour soutenir les armées tsaristes ? "

Bref, des analyses qui avaient disparu du débat public, même si elles furent contestées par certains ce soir là. (Il y a une seule révolution, c'est février 17)

Et chacun, quinquagénaire, de se rappeler son grand père, couvert de médailles, racontant la terrible guerre, croyant aux valeurs de la société d'alors.... Nombreux sont ceux qui ont cette expérience; " Devons nous renoncer à nos grands parents, les voir comme des monstres? ".

La réponse est non, bien sûr.
D'ailleurs " La fin de l'homme rouge " de Svetlana Aleksiévitch, prix nobel, peut être lu comme ça aussi.

" L'URSS a été une autre planète. Elle a bouleversé le monde entier. Les puissants ont eu la peur du siècle!!

... Par peur de la "Russie rouge", ils ont lâché du lest, permis aux travailleurs des pays capitalistes d'obtenir des conquêtes sociales, que les Russes d'aujourd'hui leur envient. "

Ces mots sont prononcés, à plusieurs reprises sur ces plateaux TV.

Je pourrais ajouter, France 2016, que c'est ce que les puissants veulent récupérer aujourd'hui. La "Russie rouge", métonymie d'un rapport de forces favorables au monde du travail, pour dire vite, ayant disparu.

A propos de Guénaddi Ziouganov, il fut rappelé lors de cette même émission le rôle incontournable et " responsable" qu'il avait joué en 1996, lors des élections présidentielles. En effet la victoire de Boris Eltsine sur lui fut acquise car les résultats furent largement truqués! Si G.Ziouganov avait mené campagne, de très fortes tensions auraient traversé un pays déjà exsangue. Ce qui éclaire différemment à la fois sa popularité, et ses propos à l'adresse de Vladimir Poutine concernant les futures élections " cela dépend du président que'elles soient honnêtes".

Savoir aussi qu'il s'est créé un parti communiste parallèle qui reproche au PC officiel d'être compromis avec le pouvoir. J'ai découvert ses affiches sur les murs de Nijni-Novgorod en septembre dernier, alors qu'allaient avoir lieu des élections régionales.

Je ne sais pas s'il existe dans tout le pays. Nijni est une ville très industrielle, visitée à plusieurs reprises par Lénine, avant la Révolution, comme en témoigne une plaque sur le mur de la gare.

Soyons loin d'une vision monolithique de la vie politique russe et de son opinion publique: l'"opposition " n'est pas qu'autour de Navalny, des Pussy Riots ou Khodorovski, qui, de la Suisse, promet d'abattre le pouvoir de Poutine. Ceci est une opposition pour nous, servie sur un plateau médiatique.
"Intra muros" impact quasi nul !

Mais souhaitons que le pouvoir de s'assouplisse un peu !

A l'heure où en Europe et en France il se durcit, ce serait un beau paradoxe!

En lien l'analyse de Lénine sur les Etats unis d'Europe. Un large commentaire de ce texte est publié dans la " Pravda ".

Cette analyse est on ne peut plus pertinente en ce temps de fuite en avant de l'Union Européenne et sauve qui peut des peuples, dont le nôtre.

Cet article est publié sur le site du Parti Communiste russe le 3 mars 2016.

La traduction que je publie est assurée par UP, Unité populaire, site de soutien aux grecs. Publiée sur le site "Histoire et sociétés".
Le tigre blanc...

Le tigre blanc...

Publié dans Politique

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