Le Brexit vu de Moscou

Publié le par Boyer Jakline

Les commentaires sont nombreux. Politologues, éditorialistes y vont de leur analyse.

Depuis un certain temps déjà, lors de nos discussions, certains de mes amis comparaient l'Union européenne à l'URSS, très centralisée, bureaucratique, loin des aspirations des peuples.

Sous entendu, prédisant la même fin.

Les experts aujourd'hui s'entendent sur quelques aspects: l'Angleterre joue un rôle particulier dans l'ensemble européen. Allié privilégié des États-Unis, la visite du président américain pour peser sur la campagne en témoigne, en même temps qu'elle a fait un flop, elle est la plus exigeante sur la politique de sanctions vis à vis de la Russie. La plus libérale aussi, elle a pesé toujours dans le sens de la déréglementation. La City est la première place boursière d'Europe et le premier paradis fiscal.

Cela ne signifie pas que l'attitude à l'égard de la Russie va évoluer positivement. l'OTAN peut au contraire justifier d'autant plus sa présence dans une Europe affaiblie par ce départ. Cette présence accrue de l'organisation militaire au plus près de ses frontières avec une sophistication poussée de l'armement nucléaire inquiète beaucoup à Moscou qui alerte les pays européens sur les risques réels de dérapage sur le continent. La Pologne est prête à être le bras armé de l'OTAN.

La Russie n'a pas intérêt à avoir un partenaire européen affaibli. Or le départ du Royaume Uni est un affaiblissement.

Mais sur les causes de la victoire du Brexit, outre la question migratoire, certains analystes pointent la mondialisation en cours, ses " gagnants" , ses "perdants". L'homme local contre l'homme global commente un blogueur.

L'agriculteur anglais n'aime pas que l'Europe l'empêche de cultiver, idem pour le pêcheur que la politique des quotas met au chômage..

Puis ces nouveaux européens, baltes, polonais, prêts à travailler à très bas salaire font une concurrence déloyale .

À la radio " Écho de Moscou ", Youlia Latynina, journaliste, essayiste, romancière, dans son émission hebdomadaire Code d'accès, développe une analyse protéiforme dont je ne retiendrai que les éléments originaux.

Pour elle, le résultat de ce référendum est une insurrection, comme toujours se produisent des insurrections des peuples face aux élites. Les élites calculent combien elles vont perdre. Cela ne se termine pas forcément bien. Cela produit souvent l'éclatement de territoires nationaux et l'Union européenne préfère avoir affaire à la Catalogne, au Pays Basque, qu'à l'Espagne. À l'Écosse et l'Irlande qu'au Royaume uni. Voir comment elle a intégré tous les petits états à l'est de l'Europe pour son plus grand profit.

Autre problème: les insurrections sont contagieuses. Ça commence au Nord, le Sud peut suivre.

Elle souligne à son tour que les règlements de l'Union européenne sont aussi pesants que ceux de l'URSS et la quitter est aussi difficile que quitter l'URSS pour une république soviétique.

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