C'est méchant, l'hiver !

Publié le par Boyer Jakline

Entendant la tramontane glacée hurler dans les murs lors d'une " visite privée" en Catalogne française, m'est revenue de loin cette comptine : " c'est joli, l'hiver, mais c'est méchant, l'hiver pour les petites mains frileuses et les familles malheureuses ". Ainsi se transmet, de génération en génération, la misère, la dure vie, comme une plainte.

Je partage cet article de Vadim Kamenka, car ses enquêtes menées en Ukraine au moment de la fièvre des évènements terribles en 2014, lui ont définitivement donné crédit à mes yeux.

Dans ce reportage à St-Petersbourg, il interroge ceux qui s'occupent des SDF et autres laissés pour compte de la société russe. 21 millions de pauvres sur une population de 140 millions d'habitants. C'est à peu près la même proportion qu'en France : 8/66 millions.

Lisant ces témoignages et analyses, je repensais aux conversations que j'ai eues, nombreuses, avec mes amis, qu'ils soient à Moscou ou en province. Qu'ils aient 30 ans, ou 60. 

Une expression revient toujours : " ce serait un péché de se plaindre ". Qu'ils soient croyants ou pas. Le plus souvent ils ne le sont pas. Superstitieux, plutôt. Comment ne pas l'être quand le ciel vous tombe sur la tête, comme en 1991, avec l'effondrement de leur pays et ce qui s'en est suivi.

Dans leur mémoire, les années 90 où ils ont eu FAIM. Massivement. La faim. Se nourrir de pain et de lait. Service minimum.

Une responsable politique de haut niveau le disait récemment : " on ne peut pas nous faire peur avec la faim. Nous avons connu souvent la faim dans notre histoire. Le retour au chaos, ça nous n'en voulons pas ". Elle évoquait la politique de sanctions occidentales. Mais les élites occidentales ne savent rien de tout cela. Et de toute façon, elles s'en fichent.

Mais du coup, elles ne voient pas l'inanité de ces mesures.

Imagine t on un haut responsable français, allemand ou américain disant que dans ses années d'études, il y a 25 ans, il, elle avait eu faim, durablement ? C'est une des raisons pour lesquelles les Russes ne voient pas le monde de la même façon. Leurs priorités ne sont pas les mêmes. Reste qu'aujourd'hui tout le monde n'a pas faim....

Dans cet article,  il est question du nouvel ouvrage de Jean Radvanyi, "  la Russie entre peurs et défis ".

Jean Radvanyi, geographe, professeur à l'INALCO,  est membre du Conseil scientifique de l'Observatoire franco-russe auprès de la Chambre de Commerce franco-russe de Moscou.

Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur la Russie contemporaine.

J'y reviendrai.

Publié dans la vie comme elle va

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