Les iles Malouines, Gibraltar, l'Archipеl des Chagos, base militaire US dans l'océan indien... et la Crimée.

Publié le par Boyer Jakline

Le Donbass et Donetsk à nouveau à feu et à sang.

L'analyse russe est que le pouvoir de Kiev veut s'assurer du soutien, y compris financier, non garanti de la nouvelle administration US, et pour cela il faut du SANG. Et, effectivement, après une période de 2 ans de relatif " gel " des positions, conformément aux accords de Minsk, au moins dans cette partie là respectés par Kiev, la ligne de démarcation a été franchie violemment en début de semaine par l'armée ukrainienne. A nouveau des victimes civiles, des habitations bombardées, le centre-ville de Donetsk frappé. Des villages sans eau et électricité. Hiver ukrainien à l'extérieur : -20° et plus.

J'ai écrit à ma correspondante, Elena Sydorova, notre collègue universitaire de Donetsk, rédactrice en chef de la Revue Sans Frontières, que vous lisez sur mon blog : elle m'a confirmé cette situation.

L'organisation européenne, l'OSCE, chargée de veiller au respect du cessez-le-feu voit passer les tanks de Porochenko qui ont franchi la ligne de démarcation....et ne voit rien....

Dire également que ces populations ne reçoivent pas les salaires et pensions de Kiev qui les considère de fait comme des territoires étrangers occupés. En France aussi, à force d'entendre parler UNIQUEMENTdes " rebelles pro-russes " il est tentant de penser la même chose. Alors oui, les citoyens du Donbass sont des Ukrainiens et veulent le rester. Dernièrement un nouveau décret interdit la langue russe dans les lieux publics.

L'histoire de l'Ukraine moderne est complexe. Dans son périmètre actuel, elle est une création de l'URSS, comme les états baltes d'ailleurs qui n'avaient jamais eu d'existence autonome avant l'URSS.  La version de ce conflit  qui nous est racontée s'appuie sur la méconnaissance, reste à la surface des choses, car l'Ukraine soviétique est, elle aussi, une fédération, un rassemblement de territoires et de péripéties que l'Histoire avait créé: polonais, moldave, hongrois, russe évidemment  " la Petite Russie " du temps des tsars, patrie de Gogol entre autres.

 Cela n'a pas empêché la Russie de reconnaître sans mégoter l'indépendance proclamée en 1991. Et a cheminé tant bien que mal avec les pouvoirs successifs ukrainiens... Très successifs, car rejetés régulièrement par les populations.

Pourquoi cette guerre maintenant, qui correspond au moment où l'OTAN s'approche de plus en plus des frontières russes? Et comment être plus près de la Russie qu'en Georgie, crise de 2008, ou en Ukraine, 2014 ?

Les citoyens de Crimée dès 1991 ont voté pour rester dans la toute nouvelle fédération de Russie. Ils ont revoté dans ce sens en 2014: alors que 90% de la population est russe, qui veut rester dans une état, l'Ukraine, qui veut interdire la langue russe...entre autre problème. Quel vote " le revolver sur la tempe " ? Chez nous, il n'est question que des Tatares de Crimée, très peu nombreux. Ce qui ne veut pas dire qu'ils n'aient pas de droits... 

Et donc, le 2 février à l'ONU, on reparle de l'Ukraine et du Donbass.

La nouvelle représentante des USA à l'ONU poursuit le même refain occidental :  les sanctions ne cesseront QUE lorsque vous rendrez la Crimée." Nous sommes aux côtés du peuple ukrainien " Ce qui vaut cette réplique de Vitalii Tchourkine, représentant russe, sur le mode balayez devant votre porte : 

" Rendez les Malouines, Gibraltar et l'archipel de Chagos dans l'océan indien que vous avez transformé en immense base militaire " . Auparavant, il avait cité la Constitution américaine "Nous, le peuple ".  Sous entendu : les Criméens sont aussi " le peuple ".

Ce qui se joue en ce moment au plan international, c'est une remise en cause des rentes de situation...de leadership...A l'ONU, et sur les champs de guerre et de ruines...


Mais, en marge de cette réunion, Vitalii Tchourkine,  a annoncé que Trump avait aboli certaines des sanctions d'Obama de fin décembre 2016 et avait autorisé la collaboration avec le FSB dans la lutte contre l'Etat Islamique.

Pourquoi ne nous dit-on rien de tout cela? Pas concernés ?

La guerre de l'information fait rage. Russia Today (RT ) est en prise avec des mesures administratives financières permanentes sur le sol européen, anglais en particulier.
(
La porte parole du Ministère des Affaires étrangères était invitée à la Chambre des Communes. Elle a refusé cette invitation.)

Parenthèse :

Dans son dernier point de presse, le 2 février, Maria Zakharova rappelait que l'actuel gouvernement polonais, contre l'avis de sa population, relance l'enquête sur la catastrophe aérienne de Smolensk, où périt TOUT le gouvernement polonais se rendant à la commémoration du massacre de Katyn de 1941. Alors que la Russie a fourni pour l'enquête polonaise tout ce qu'elle demandait .

 Mon commentaire :  le nouveau " jeu " très subtil des russes serait d'abattre des avions civils sur leur territoire ou à leurs plus proches frontières ?  Ils sont accusés d'avoir abattu en juillet 2014 l'avion de la Malasya airline. Ils ont mené une enquête de leur côté. MAIS, on leur refuse de participer à l'enquête internationale et de prendre en compte leurs propres résultats ....

Parenthèse encore : le CIO vient d'interdire aux athlètes paralympiques russes de participer aux Jeux de 2018....

L'ambiance est donc infestée, entre les "occidentaux " et le pouvoir russe. A quelles fins ?

Rien de bon ne peut en sortir.

Et Alep ?

Je m'interrogeais sur le sort d'Alep disparu de nos écrans, comme Mossoul.

Nous sommes là, petits Français, dans une pollution médiatique indigne autour du énième scandale financier de prétendants à la direction du pays. Ou le sexe, DSK en 2011, ou l'argent, Fillon-2017, perturbent la belle harmonie programmée. Qui souligne l'agonie de notre système politique. " Nous, le peuple" comme le déclare la Constitution, qu'allons nous faire ? 

Alep, donc.

J'allais faire un tour aux infos russes RTR-Planeta, non pour Alep, mais pour l'Ukraine.

Et il y eut aussi Alep....3 février 2017. Un train de 3 wagons a été remis en route sur 18 km. Plein de passagers. Pour la première fois depuis 6 ans la gare d'Alep accueille un train, la ligne Djirbine-Bagdad .  Certains l'ont pris pour être de ce premier voyage. D'autres pour se rendre dans une partie de la ville. Autour ce ne sont que ruines et désolation. Mais la reconstruction est à l'oeuvre. Le train est protégé par quelques militaires russes, bérets rouges, semblables à ceux des parachutistes français, que je n'avais jamais vus.

Une dame, " palestinienne, professeur d'université ". c'est comme ça qu'elle se présente, explique qu'il y a "  une grande université et que les étudiants ont hâte de remettre à l'étude."

Pax Russica, comme on a pu le lire dans nos journaux ?

C'était en tout cas plus réjouissant à regarder que les images d'Alep il y a , combien déjà...? Ou celles de Donetsk.

Publié dans humeur

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chloé 05/02/2017 11:33

bonjour,
merci pour votre article qui nous éclaire encore un peu plus sur la situation en Crimée et sur d'autres problèmes dont on ne parle en effet jamais dans les médias puisque la Russie est "l'ennemie".
merci pour votre blog très intéressant.