Ukraine : de la bataille de Poltava ( 1709) à la chute de l'URSS (1991) une position géographique source d'une histoire tourmentée, voire tragique.

Publié le par Boyer Jakline

 

A propos du thème :

J'ai pensé nécessaire de revenir de façon plus approfondie sur l'Ukraine, répondant ainsi à une demande implicite de nouveaux abonnés..

Il y aura 2 parties. La première, aujourd'hui, sur l'histoire de ce pays que j'ai abordée rapidement.

Dans un deuxième texte, je tenterai de donner les enjeux de cette guerre civile. Permettre de voir combien elle pèse aussi dans la vie des Russes.

L'Ukraine actuelle, fille de la République socialiste soviétique d'Ukraine est une fédération de peuples.

1709 : La bataille de Poltava, Ukraine, vit la victoire des armées de Pierre le Grand sur les Suédois et les Polonais et signa l'entrée de la Russie dans le monde européen.

1991 : L'URSS et ses 15 républiques faisaient un tout organique. Division administrative, répartition des productions, mini mondialisation si l'on peut dire.

L'Ukraine est la république la plus riche, la plus armée, où le niveau de vie est un des plus élevé de l'URSS. 7 centrales nucléaires y sont installées.

L'Ukraine tsariste était la petite Russie, la langue russe y dominait. De nombreux créateurs y sont nés, le plus célèbre étant Gogol. Mais pas le seul. 

De 1917 à 1920, révolution et guerre civile, l'Ukraine fut une république indépendante tournée vers ses voisins, polonais en particulier. Elle permit aux troupes allemandes, première guerre mondiale, d'entrer sur leur territoire et la guerre civile y fit rage

Puis, à la création de l'URSS, elle fut intégrée à l'ensemble.
Jusqu'en 1924, la capitale de cette petite Russie était Kharkov, aujourd'hui dans l'Est de l'Ukraine, près du Donbass, ville de 2 millions d'habitants.

Les frontières de l'actuelle Ukraine ont été dessinées au moment de la deuxième guerre mondiale, qui en Russie, Grande Guerre Patriotique, a commencé avec l'entrée sur le territoire soviétique des troupes nazies le 22 juin 1941.

Les accords de Munich, ce que l'on appelle de façon inappropriée les " accords " de Munich virent les puissances occidentales laisser les mains libres à Hitler en Tchécoslovaquie et en Pologne, avec l'accord des élites polonaises, pour " éviter " la guerre, explication officielle. Les faits ont tranché.

De l'autre côté de l'Europe, Staline observe et négocie ce qui peut l'être, s'empare :

- en 1939, suite au Pacte Ribbentropp-Molotov, Lvov, ville polonaise depuis1349, et à ce titre a appartenu un temps à l'empire austro-hongrois, devient soviétique-ukrainienne.

Aujourd'hui, elle est ukrainienne, Lviv. La plupart des polonais qui y vivaient, très nombreux, sont repartis en Pologne. 

- En 1945, avec l'avancée des troupes soviétiques vers Berlin, la région des Carpates, appartenant à la Tchécoslovaquie, passa dans le giron de l'URSS- ukrainienne

Mais dès 1940, faisant pression sur le roi de Roumanie Carol 1er, l'Urss agrège à l'Ukraine soviétique la Bessarabie et la région de Boukovina, actuelle Moldavie, qui se tourne en ce moment vers la Russie.

La conquête des rives de la Mer Noire et de la péninsule de Crimée est beaucoup plus ancienne, liés aux conquêtes tsaristes de 1783 sur le Khanat de Crimée.

1854-1855: Français, Anglais et Sardes font les siège de Sébatopol, estimant que la flotte russe est dangereuse pour la Méditerranée (sic!) .
Après une série de de défaites russes, Crimée-Sébatopol, sont des noms de stations de métro parisien,  Makakoff, banlieue parisienne, témoignent de ces victoires de Napoléon III, les Russes gagnent la partie

Vous vous demandez pourquoi remonter si loin? 

Le XXe siècle est passé par là, avec son lot de tragédies pour l'Europe, la Russie et l'Ukraine. Mais le XXIe siècle semble vouloir remonter le temps.... Retour vers le XIXe ?

Ce qu'il ressort de cette histoire, c'est le caractère composite et récent du territoire ukrainien et la mosaïque de peuples aux histoires croisées et conflictuelles. Seule la Crimée partage le sort russe depuis presque 300ans. La période soviétique fut finalement, dans sa dernière période, la moins instable, jusqu'à Tchernobyl, 1986, qui sonna comme un coup de tonnerre dans un ciel qui semblait serein.

Ce caractète composite explique comment il est facile de jeter de l'huile sur le feu, un côté un peu "balkans"  de cette région frontalière. Huile qui n'a pas manqué d'être jetée

 Aujourd'hui, l'Ukraine ce sont deux Ukraines, nées de toute cette histoire : l'Est, industriel, riche, charbon, métaux, industries chimiques. En gros le Donbass, dont la moitié à l'époque soviétique fut rattachée à la République Soviétique Socialiste de la Fédération de Russie (RSFSR ), et l'autre à la République soviétique d'Ukraine. La population y est russophone à 90%.
L'ouest, frontalier avec l'Europe, est plutôt agricole, " les grandes plaines " riches, déjà achetées par de larges consortiums agricoles occidentaux, français de préference. De gros bénéfices en sont tirés, dont ni  la population locale, ni les impôts ne voient la couleur selon la règle bien établie de " la mondialisation ".

 Le XXe siècle, la deuxième guerre mondiale: aujourd'hui au centre d'enjeux vitaux. (partie II) à suivre.

Lviv

Capitale de la Galicie-Volhynie, la province de l'extrême Ouest de l'Ukraine, Lviv entre dans l'Histoire après le déclin de la Rus Kiévenne. Si la ville sût resister aux Mongols ou aux Tatars, elle subit dés le XIVe l'influence et la domination des Polonais avant d'être intégrée en 1772 à l'Empire Austro-Hongrois, puis à l'Union Soviétique à la fin de la seconde guerre mondiale. Depuis l'indépendance, Lviv reste le bastion des nationalistes Ukrainiens, lesquels jouèrent un rôle décisif dans la Révolution Orange de 2004.

Et encore aujourd'hui....depuis 2014.

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