C'est ainsi que les Russes vivent. Des Russes...

Publié le par Boyer Jakline

 

Je vous avais promis la suite ( le 12 mai ), la voilà.

C'est ma première journée à Yaroslavl, le 12 mai, au coeur du quotidien d'une ville moyenne russe. Prestigieuse, cependant, car la plus grande ville de " l'Anneau d'or ", classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

En début d'après midi, j'assiste à une cérémonie officielle de la ville : la remise d'un diplôme de reconnaissance aux salariés de tous les secteurs de l'activité économique et sociale de la ville, privé et public.

Nous sommes dans le bâtiment administratif des arrondissements Lénine et Kirov de la ville. Un officiel remet diplôme, bouquet de fleurs et une enveloppe avec quelques billets  (2000 roubles, deux billets verts. La retraite minimum est de 8000  roubles. ).

Mon amie, bien que toute jeune, reçoit son deuxième degré en tant que directrice pédagogique de l'Ecole avec laquelle je collabore.

 Il y a là tous les âges et toutes les professions : celui qui pétrit la pâte dans une boulangerie industrielle, le médecin oncologue d'un hôpital public, informaticien d'une entreprise privée, infirmière, comptable d'une PME privée, tourneur.... Tous ces salariés " portent par leur  compétence et leur honnêteté notre petite mère Russie " dit l'officiel, " et, finalement,elle ne se porte pas si mal " ajoute-t-il.

" L'homme du travail, la force, l'honneur de notre ville ". C'est l'intitulé de l'initiative annuelle.

A l'entrée de la salle un photographe fait un portrait individuel de chaque salarié(e) honoré(e). Pour faire un tableau d'honneur ? Sans doute. (1)

 Ce prix a été rétabli il y a dix ans. Un vieux monsieur, couvert de médailles, vient refaire l'historique, remontant même jusqu'à Pierre le Grand, puis replongeant sur Stakhanov. Lui-même, étudiant à Moscou au début des années 50, est parti " défricher les terres ",  tandis que d'autres étudiants construisaient le BAM ( route du Baïkal à l'Amour). Heureux de  " passer le flambeau ".....et d'embrasser toutes les femmes récipiendaires..!

Tout cela a un parfum d' URSS " canada dry".. et, vrai, l'URSS est partout : dans le nom des places et des rues, dans l'architecture. Mais surtout dans les têtes où rien n'est venu la déloger, en tout cas pas l'ultralibéralisme à l'oeuvre au plan social.

 

Monument à Lénine, sur la Place Rouge de Yaroslavl. ( Photo Yakoub)

 

 

 

Un peu plus tard dans l'après midi, j'accueille, au nom de l'école et de la ville, des lycéens russes et français, musiciens, qui viennent de faire huit heures de répétition. Les lycéens français sont en stage pour une semaine à l'issue de laquelle deux concerts franco-russes seront donnés.

Je les accueille à la Maison de l'Amitié, dont j'apprends avec surprise qu'il s'agit d'un projet commun des villes de Yaroslavl et  Poitiers. Un superbe bâtiment du XVIII siècle a été repensé entièrement à l'intérieur par des architectes français.

Ce genre d'initiatives  remet les choses en place : pendant les sanctions et autres embargo; " la diplomatie des peuples" continue. Et je suis contente d'en faire partie.

 

(1) Lors de mon séjour, je retourne sur la place centrale, promenade- allée, de vie et du souvenir: vaste fresque monument aux héros de la deuxième guerre mondiale. Les Allemands ne sont pas arrivés jusqu'à Yaroslavl, mais la ville a été copieusement bombardée en raison du pont qui permet de franchir la Volga. Pour ce 9 mai, une initiative a été montée: l'allée est longée des portraits des héros de Yaroslavl, dont les rues portent le nom. Visage, et exploits.

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