22000 et 20.

Publié le par Boyer Jakline

Sait-on  à quel point l'Europe a une place importante dans l'imaginaire russe et leur histoire ?

L 'imiter, au XVIIIe siècle, l'affronter, au XIXe, la dépasser après l'avoir rattrapée au XXe.

Le XXIe siècle laisse perplexe : l'Europe, happée, abîmée par l'Union Européenne, n'est plus enviable, peut difficilement être un modèle démocratique :du Traité Constitutionnel de 2005, rejeté par les Français et appliqué quand même, au sort de la Grèce.

Faut il s'en détourner et regarder vers l'Asie ? Après tout, l'aigle Impérial a deux têtes, une tournée vers l'ouest, l'autre vers l'est. Les Russes sont européens, quoi qu'on en pense et ce débat est artificiel et vain.

Le dernier G20 a, une fois de plus, laissé perplexe. Eux, ces Russes, à qui " on " fait sans cesse la leçon sur le thème démocratique, ont vu ce déferlement de violence et de déploiement policier dans une très grande ville européenne à faire baver d'envie tous les OMON ( brigades d'interventions) et autres FSB !

22000 policiers pour 20 grands de ce monde ! Ce qui n'empêchait pas les flambées et les pneus brûlés !

 

La rencontre Trump-Poutine en passait presque au second plan !

Sur cette rencontre, je vous propose l'analyse d'un historien anglais, ami de la Russie.

Son approche n'est pas la mienne. Je ne m'inscris pas dans cette tradition....

A ce propos, je dois dire que la fin de l'URSS a rétabli une vision du monde très différente de celle en cours jusqu'alors et que je retrouvais lors de mes séjours : pour dire vite, d'une vision de classe, derrière laquelle se cachaient les intérêts géopolitiques de l'URSS - soutien aux mouvements de libération partout dans le monde, faire face partout à la présence américaine - à une vision nationale.  C'était une nouvelle fois dans l'histoire russe " Que faire ? ". Et j'ai vu à ma grande surprise resurgir au début des années 90 les vieux débats et empoignades du milieu du XIXe siècle, entre " slavophiles ", partisans d'une " voie russe" de développement, et " occidentalistes", prônant le modèle européen. C'était incroyable ! D'autant que, dans le même temps, les Chicago boys de Milton Friedman étaient à la manoeuvre et dépeçaient le pays, en appui au président Eltsine et son ministre de l'économie Gaïdar...

Je vous recommande une nouvelle fois le chapitre " Russie et le modèle Pinochet " dans " La  stratégie du choc " de Naomi Klein.  " Le modèle Pinochet ", c'est à dire, en gros, privilégier l'économie ( soit l'accumulation capitaliste) au détriment de la démocratie (faire taire les peuples opposés à ce pillage ). Cette seule évocation glaçait, le sang et suscitait des images épouvantables de répression sanglante de masse, ce qui fut  le sort du Chili dans sa tentative démocratique. Merci Milton Friedman et la CIA ! ( à propos de Milton Friedman, Wikipédia note : un des économistes les plus influents du XXe siècle. Sic !)

Mais, retour à ma réflexion.

" La société dé-idéologisée " que seraient la Russie et la Chine, selon Vladimir Poutine est, en fait une société au libéralisme échevelé. Par contre  " export de la démocratie et droits de l'hommisme ", que dénonce le président russe, sont bien le cheval de Troie de l'impérialisme et sa logique expansionniste depuis 30 ans et plus précisément depuis la chute de l'URSS, qui lui a laissé tout le champ. Ces droits de l'homme, extrêmement formels, sont mis en avant dans nos sociétés occidentales pour justifier auprès de nos populations ces interventions meurtrières. Beaucoup de citoyens en reviennent, après l'Irak et la Libye en particulier.

C'est sans doute sur cette base que l'information russe dans notre espace trouve une écoute grandissante, qui affole nos maîtres.

 L'intérêt  de l'analyse de John Laughlan réside dans l'actualité de cette vision du monde. Ce sont des idées très partagées en Russie.

 

 

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