Et pendant ce temps à l'autre bout de l'Europe.

Publié le par Boyer Jakline

 Lundi 3 juillet, j'allume ma télé à l'heure de " 60 minutes ": où en sont donc mes amis russes, pendant que tous nos médias sont suspendus aux lèvres du nouveau président ?

Beaucoup d'indignation sur le plateau. Mais c'est souvent. Très animé. Je finis par comprendre ce qui est en jeu. Le gouvernement polonais s'apprête à proposer une loi pour démonter les monuments aux soldats soviétiques sur le sol de pays. Nombreux, forcément. 500.

L'argument avancé : ils sont les témoins de l'occupation soviétique. Du totalitarisme.

Déjà, en Ukraine, les monuments tombent les uns après les autres. " Décommunisation" disent ils. Non, protestent les Russes sur le plateau, " dérussification ". Effectivement, je sais par mes amis que la réécriture de l'histoire et l'activation de la haine antirusse battent leur plein à Kiev. Ce qui ne rend pas très optimiste sur la suite possible des évènements.

Mais  revenons à la Pologne.

Sur le plateau, comme toujours, le pluralisme est assuré : un Polonais, deux Ukrainiens, trois Russes.

Le Polonais explique qu'il y a 1200 sites mémoriels sur le territoire : guerres napoléoniennes, deuxième guerre mondiale..... De l'influence de la géographie sur l'histoire ! Qu'il n'est pas question de toucher aux tombes.

Les Russes protestent : combien ont versé leur sang ? 500.000 ? 600.000 ? Ils n'étaient pas que Russes. Soviétiques, ils venaient de tout le territoire soviétique.

Le débat permet d'apprendre qu'un accord avait été signé entre la Pologne et la Russie de Boris Eltsine, protégeant ces sites.

Parmi les noms d'oiseaux qui passent, un représentant russe explique la stratégie américaine en 1944- 1945, qui a protégé ses soldats en bombardant, détruisant villes et populations civiles. Hiroshima et Nagasaki sont citées.

Et puis : " vous êtes heureux que nos soldats aient libérés Maîdanek ? " Oui, et Auschwitz aussi".

" Vous obéissez à vos nouveaux maîtres ! Que pense la population polonaise? "

Bref, ça hurle, mais ça débat !

 

Et puis, la chute : " si vous voulez effacer les traces du totalitarisme, il faut alors renégocier votre frontière occidentale, car c'est Staline qui a imposé à l'Allemagne cette limite avantageuse pour votre pays ".

Il semble que la Russie s'apprête à engager une grande campagne de conviction et auprès du pouvoir, et auprès de la population.

Cette initiative s'ajoute aux très nombreuses, indignes, prises par les Occidentaux autour de tout ce qui touche à la deuxième guerre mondiale, et disons le, sa réécriture: non invitation du Président russe à la commémoration de la Libération du camp d'Auswirtch...par l'armée soviétique, le boycott par les dirigeants européens du 70e anniversaire de la victoire sur le nazisme à Moscou, dont le président français. Angela Merkel avait tout de même assisté à une cérémonie le lendemain du défilé sur la Place Rouge. 

Imagine-t-on ce que cela signifie pour la quasi totalité des Russes, où pas une famille n'a été épargnée par ce massacre?

Comment cela justifie de serrer les rangs autour de leur président ?

 

Nous sommes très loin de ce qui nous agite ici.... Mais plus essentiel cependant.

La guerre, la paix !

 

Dernière:

G20 à Hambourg. Une rencontre Trump-Poutine est annoncée pour le 7 juillet.

Juste avant l'ouverture du grand raout " libéral", le président américain sera reçu en grandes pompes à Varsovie...

Publié dans Politique, société, humeur

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