AVANT Octobre... Ambiance.

Publié le par Boyer Jakline

" Qu'on nous donne 20 ans de paix, à l'intérieur et à l'extérieur, et la Russie sera méconnaissable ". Stolypine, 1908.

1914 est venu rompre la prédiction, et non 1917...

Je ne m'en lasse pas, toujours mon philosophe bachkir, qui mène sa campagne pour défendre Octobre.
Réfutant les arguties des " patriotes blancs " hostiles à la Révolution, il prend un à un leurs arguments et les démonte.
Là, " à cause de la Révolution et la guerre civile, l'accès à l'éducation scolaire pour tous n'a pu être atteinte en 1928."

«  Les patriotes blancs » se nomment ainsi par opposition aux " patriotes rouges ", favorables à la Révolution de 1917. Tout tourne autour de " la Patrie "...

Notre auteur réfute, analyses à l'appui : il décortique la réforme prise en 1908, devant assurer l'accès généralisé à l'alphabétisation de toute la population de l'Empire, le plan général serait atteint en 1928. Ce fut fait par l'URSS en 1934.

Il note que la réforme proposée par Stolypine, extrêmement restrictive, car interdisant l'enseignement secondaire aux catégories les plus pauvres, ne vit jamais les décrets d'applications. La réforme proposait de reproduire ce qui existait depuis la fin du XIXe, à savoir  l'enseignement de base aux enfants de 8 à 11 ans, 4 années, soit deux fois deux ans. 50 élèves par classe .

Les matières enseignées : la Loi Divine ( bref catéchisme, et histoire Sacrée), lire écrire compter, les 4 opérations, le chant d'église, et notions de l'histoire de l 'église et de l'état russes. Quelquefois, pas toujours, le commerce et l'artisanat.
Les sciences naturelles ne firent leur entrée dans l'enseignement que dans l'école soviétique.

Le secondaire, les gymnases, n'étaient ouverts que sur recrutement social, tel que défini par la loi : enfants de la noblesse, des fonctionnaires de haut rang...etc... Et l'université aux seuls issus des gymnases.

Aujourd'hui, l'église tente de reprendre la main et, dans sa part la plus extrême, tente de réhabiliter la notion de " blasphème ", ni plus, ni moins.

 Ainsi, un film "Matilda" qui raconte une aventure amoureuse entre Nicolas II, avant qu'il devienne tsar, et cette Matilda, fait l'objet d'une campagne orchestrée par la hiérarchie de l'église.

 Le film est autorisé à sortir, mais le metteur en scène demande la protection des salles de cinéma... Pourquoi la Russie n'aurait-elle pas sa "Manif pour tous " ? Voir article à suivre.

 

Sur l'engagement de l'intelligentsia, déterminante dans la suite des événements d'Octobre 17.

Traduction :

"  Le groupe le plus hostile à l'autocratie et voulant l'écrasement de ce régime était l'intelligentsia, c-a-d la partie de la population la plus éduquée. Les universitaires étaient pratiquement tous libéraux et prirent une part active aux événement de 1905, tant qu'ils n'eurent pas recours à l'insurrection armée... Ce sont ces intellectuels là qui furent la base des démocrates constitutionnels (KD), authentiques fondateurs  du «  projet de Février » qu'ils ont réalisé. Les intellectuels formaient aussi la base d'autres partis plus radicaux. Ainsi, la direction des SR, parti qui prit le nom de  « parti paysan »  était composé d'intellectuels.

Même chose pour le parti social- démocrate ouvrier ( PSDO (b) ). Très significative est la composition du bureau politique de ce parti à la veille de l'insurrection d'Octobre 17. Il y avait Lénine, Boubnov, Zinoviev, Kamenev, Sokolnikov, Staline, Trotski.

Pas un de ces dirigeants n'avait connu l'usine et n'était d'origine sociale ouvrière. Tous appartenaient à l'intelligentsia petite bourgeoise. Lénine était un noble, Boubnov, le fils d'un gros marchand,Sokolnikov, fils de médecin, Zinoviev fils d'un petit entrepreneur, Kaménev, fils d'un ingénieur, Trotski,  fils d'un gros propriétaire terrien. Le seul qui sortît du petit peuple était Staline, bien que non issu du prolétariat, mais d'un cordonnier et d'une paysanne...."

 

Traduction : (page 27)

Tout le monde étudiant de l'Empire était sur des positions extrêmement radicales... selon le témoignage d'un ancien KD, Izgoiev, l'étudiant russe d'avant la révolution à la différence de son homologue 

La revue où Izgoiev analyse la jeunesse estudiantine, 1909

européen, plus que se consacrer à l'étude, avait une activité de propagande dans des cercles, écrivait proclamations et pétitions " défendait les droits du peuple ". Etudiants, et ceux au sortir des études devenus enseignants, médecins, avaient honte " de ne pas avoir déposer leur vie sur l'autel de la lutte pour la cause du peuple ", c'est à dire de façon moins fleurie, ils avaient honte... de ne pas avoir été membres d'organisations terroristes clandestines et de ne pas s'être retrouvés en prison ou au bout d'une corde.

Dans un moment de confession, précise Izgoiev, un ingénieur se plaignait auprès de ses camarades de " s'être laissé aller ", c'est à dire, avait cessé l' activité révolutionnaire qui était la sienne pendant ses études à l'université.
Peut-on imaginer un ingénieur allemand, devenu un homme installé et chef de famille, se plaindre de ne pas avoir été un poseur de bombes ?

Dans la Russie pré-révolutionnaire, c'était la norme.
Il en était de même pour le lycéens...."

Fin de la traduction.

 Il raconte ensuite comment les étudiants " lisaient sous leur pupitre l'Anti-Duhring " ( vers de Mayakovskii ). 

Il raconte comment ce même Mayakovskii, issu de la bourgeoisie intellectuelle moscovite, fréquentait le même lycée " élitiste " dirait-on aujourd'hui, que Boris Pasternak.... Se représente t-on cela? Et il ajoute que ces auteurs de génie là n'ont pas écrit des livres à la gloire de l'Empire, comme Kipling, mais ayant  ce régime en horreur, Vladimir Mayakovskii s'est fait le chantre de la république marxiste.

 

J'y reviendrai. Le mois d'Octobre sera celui du Centenaire.

 

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