" Le soit-disant chaudron de Stalingrad" : du révisionnisme à Moscou .

Publié le par Boyer Jakline

Le révisionisme existe chez nous, à propos de la collaboration et des camps...

Et ce n'est pas nouveau...Quand j'étais en Terminale, il y a des siècles....le professeur d'histoire avait défendu Pétain et la Collaboration... mais, à l'époque, il y avait eu plusieurs manifestations d'hostilité à ses propos dans la classe même... Puis, plus tard, déjà enseignante, je me souviens qu'alors que je présentais un texte pour le bac sur le siège de Léningrad, le journal d'une rescapée, un élève me dit : " ils auraient mieuix fait de les ( les nazis) laisser entrer, cela leur aurait coûter moins cher "... Cette opinion, je n'ose dire analyse, naissait d'une méconnaissance absolue du projet d'Hitler pour la Russie et les Slaves, le plan Barbarossa : éliminer en partie la population, la refouler au delà de l'Oural, installer des hobereaux et industriels allemands, garder juste ce qu'il faut pour servir aux champs, dans les usines, et les demeures...Slave en anglais esclave...

L'Allemagne a présenté ses excuses au peuple russe pour les horreurs commises.

Des militaires allemands se rendent en famille à Stalingrad et demandent pardon.... ( Raconté sur le plateau TV par un journaliste polonais.. lundi 20 novembre).


Mais voilà qu'un événement vient éclairer la société actuelle . 

Si lointaine et si proche Russie !


Je traduis l'article paru le 21 novembre dernier dans RIA novosti.

Il faut dire que je venais d'allumer mon poste pour voir où en était l'émission 60 minutes depuis mon retour à Bordeaux...et j'ai mis un moment à réaliser ce dont il était question ... " Le soit disant chaudron de Stalingrad " a particulièrement indigné les invités sur le plateau.

Il y avait  parmi eux un député allemand. Il souligna que si ces propos avaient été tenus par un  allemand, le Bundestag se serait levé, indigné...

Mais voilà, c'est un lycéen russe qui parle....Il s'est retrouvé invité dans le cadre d'échanges lycéens et a pris la parole au Bundestag le jour de l'hommage dans ce pays aux morts de toutes les guerres.

 

De Ria Novosti : janvier 1943, Stalingrad, des officiers soviétiques passent à côté de prisonniers allemands.

De Ria Novosti : janvier 1943, Stalingrad, des officiers soviétiques passent à côté de prisonniers allemands.

Traduction de l'article :

Vous noterez l'indignation qui traverse cette analyse.

 

La Grande Guerre Patriotique a-t-elle existé ?

Victor Marakhovski

 

Nicolas, lycéen d'une petite ville de l'Oural, lisant devant le Bundestag un texte sur " le soldat de la Wehrmacht innocemment tombé" en 1942 " dans le soi-disant chaudron de Stalingrad ", ne s'attendait pas, bien sûr, au grand bruit que ferait son discours.
Supposons que ceux qui l'ont écrit et confié à Nicolas ne s'y attendaient pas non plus.

Supposons également que les autorités de la Région Autonome de Yamalo-Nenetski, d'où vient Nicolas, ont constaté que le lycéen avait bousculé tout le pays et ont maudit " ces médiasqui ont déplacé l'accent ", alors que le garçon parlait de l'exigence de paix et du fascisme inadmissible ".

Alors qu'en fait, il s'est passé quelque chose d'une grande banalité. A laquelle on aurait dû s'attendre car cela s'est déjà produit à plusieurs reprises..

En effet, Il existe dans le pays deux façons de traiter la Grande Guerre Patriotique : elles sont irréconciliables.

D'une part, il semblerait qu'à l'heure actuelle  la Guerre Sacrée est totalement réhabilitée. Guerre défensive, juste, libératrice, populaire. Guerre sacrée dont il n'est pas question de s'excuser, dont on peut, le coeur léger, chérir les héros. La guerre, dont nos ancêtres ne sont responsables en rien du déclenchement, dont l'issue nous contraint à une infinie reconnaissance pour eux.

Sans tergiverser, ouvrir des parenthèses et conditions préalables.

Mais d'autre part la seconde façon de traiter cette guerre non seulement n'est pas désavouée, mais n'est pas mise officiellement en doute. Il s'agit " du choc de deux régimes cannibales, qui ont engendré la mort de dizaines de millions d'innocents ".

Ces deux options se sont propagées ces dernières années. La première, nous la voyons chaque année le 9 mai, jour de la Victoire, quand la Place Rouge et de nombreuses places et quais de notre vaste pays sont envahis par les colonnes du " Régiment Eternel " ( voir mon article du 31 mai 2015 ) portent les drapeaux des divisions relayés par les TV et les réseaux sociaux qui débordent d'étoiles et de rubans de St-Georges.

C'est l'option populaire.

La seconde, même s'il est difficile de le reconnaître, est l'option, pas pour tous, pour ceux qui comprennent, de l'élite. 

C'est celle là ( pour qui il n'y a pas de justes et de coupables, il y a une tragédie commune et tous doivent se repentir ") qui  apparaît à tout propos dans les productions et créations de l'intelligentsia, dans des expositions et autres musées.. Et c'est elle qui se rend à l'étranger lors d'échanges lycéens, pour plaire là-bas aux oreilles des auditeurs.

Les autorités de la ville d'où vient Nicolas peuvent autant qu'ils le veulent tenter d'adoucir le propos, répétant que le garçon n'a pas été compris. Mais tout le monde a compris: ce n'est pas le lycéen qui a écrit ce texte. L'expression  " le soi-disant chaudron de Stalingrad " n'est pas née dans son cerveau. Ce n'est pas le lycéen qui a décidé d'inscrire dans la colonne " innocente victime "  le soldat de l'Allemagne fasciste qui nous a agressés.

Sans doute les auteurs de ces formules tonitruantes n'avaient pas d'intentions malignes. Ils se sont pris les pieds dans le tapis des deux versions et ont tenté d'écrire un compromis.
Mais, justement, il n'y a pas de compromis possible.

Il y a un élément déclencheur. Il faut choisir l'une des deux.

Si la Seconde guerre mondiale chez nous est le résultat de ce que " deux régimes cannibales- l'hitlérien et le stalinien-, dévorant toute l'Europe, se sont jetés l'un sur l'autre et ont commencé à se dévorer, et bien, oui  Georg Johan Rau, pleuré par les écoliers russes devant le Bundestag, soldat fasciste, qui a tiré sur nos grands parents et mort dans un camp de prisonniers de guerre, quand nos concitoyens mouraient de faim à l'arrière, donnant tout pour la Victoire, oui, il est aussi " une victime innocente ".

En suivant cette logique, si d'autres conquistadors débarquent chez nous, ils seront aussi innocents. Et peut-être même positifs. Et il ne faut pas se hâter de les tuer- et s'ils ne voulaient pas la guerre mais notre bien ? Et si la cause c'était nous ?

Mais si la Grande Guerre Patriotique, c'est une guerre de libération du peuple soviétique contre l'envahisseur germano-fasciste, venu sur notre terre tuer et transformer en esclaves le peuple de notre pays, et bien non. Si notre guerre était juste, il ne peut y avoir d'innocentes victimes en casques fascistes et fusils mitrailleurs, qui se seraient retrouvés par hasard à Stalingrad. ( après avoir tué et brûlé pendant deux ans, a précisé un participant au débat .J.B)

Dans ce cas, cela n'a aucune importance de savoir si quelques uns de ces soldats aimaient la musique ou la poésie, s'ils partageaint les analyses d'Hitler et s'ils voulaient vivre en paix auprès de leurs blondes. Ils sont arrivés en arme sur notre terrre. De quelle innocence, bon dieu, peut-il être question? Et c'est pourquoi, ils ont reçu ce qui se doit à tous ceux qui viennent chez nous, l'épée à la main.

L'inévitable  choix que doit opérer n'importe quel membre de notre société réside là.

Ou bien notre guerre ne fut ni patriotique, ni populaire, ni sacrée, alors, oui, nous devons  partageant avec les vaincus leur faute pour l' aventure diabolique, pleurer les soldats de la Wehrmacht, innocemment mis à mal.

Ou bien notre guerre fut la Grande Guerre Patriotique, et parmi ceux qui nous ont agressés il ne peut y avoir d'innocentes victimes.

Et si notre société , de haut en bas, avec l'accent mis sur " le haut" ne le fait pas immédiatement, le repentir de notre lycéen est appelé à se reproduire.

Fin de la traduction.

Dans le débat était précisé qu'il existe un cimetière des soldats allemands, mais que des soldats soviétiques sont encore à ce jour portés disparus et sans sépulture.  Bref, une émission chauffée à blanc...

 

Commentant en direct cet événement, Zakhar Prilépine, défendant le lycéen par qui le scandale arrive, faisait remarquer qu'il n'y avait là rien d'étonnant. Déjà Soljénitsyne, porté aux nues dans la " nouvelle " Russie, vantait les mérites de Vlassov ( général soviétique passé du côté d'Hitler,J.B). Et dernièrement la " brave " Oulitskaya déclarait que " le gouvernement français avait mieux protégé sa population "... Et de rappeler le déferlement de haine dont viennent d'être gratifés tous les "sanguinaires "soldats rouges de la Révolution au cours de la commémoration du Centenaire sur les grands médias.

Publié dans société

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article