La vie comme elle va à Yaroslavl.

J'y viens régulièrement, dans cette ville dont le centre historique est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Mes collègues devenues amies m'accueillent à l'école 42. Elle forme beaucoup de spécialistes de notre langue et de notre culture. Je participe aux activités pédagogiques selon les besoins, mes collègues profitant de la présence d'une Française.
Cette fois j'ai présenté à ma façon et à leur demande la littérature française contemporaine. Avec des élèves de terminales et, le lendemain, à la Maison de l'Amitié au public abonné.
Une quinzaine de personnes, des étudiants, des adultes qui viennent de se mettre à l'apprentissage de notre langue.
En préparant cette rencontre, j'avais regardé lesquels de nos auteurs contemporains étaient traduits en russe. Parmi les récents prix Goncourt, très peu : Jérôme Ferrari et son Sermon sur la chute de Rome, Au-revoir là haut de Pierre Lemaitre. Qui choisit, comment ? Mystère. Par contre Anne Gavalda et Frédéric Beigbeder sont partout, ainsi que Marc Lévi.
Sortie de l'école et de la culture française, Yaroslavl est agitée par un projet peu engageant. Il est question qu'une partie des ordures de Moscou soient transportées dans les villes proches dont des villes proches dont Yaroslavl, 265 km tout de même. Ce problème des dechets est criant dans ville Métropole. Un véritable continent d'ordures fume et pollue dans les environs de Moscou. Des habitants manifestent depuis des mois car ils suffoquent.
Un incinérateur devrait voir le jour. Mais EN ATTENDANT, des camions entiers viendraient déverser tout cela sur la zone de Yaroslavl dédiée aux déchets. La colère est grande. La population s'est rassemblée sur la place Volkov. D'où vient cette initiative ? Les autorités locales semblent s'adapter, puisque ils envisagent, avec l'argent reçu de Moscou, de construire un laboratoire d'analyse écologique de la ville....On croit rêver... La presse locale se fait largement l'écho de cette colère.
À suivre...
Mercredi, soirée théâtre. Incontournable dans la ville où a été créée au XVIIIe siècle la première troupe professionnelle. Par Fiodor Volkov. Gloire locale et nationale. Il y a toujours une école de théâtre.
Les Russes, partout tout le temps, sont des fous de théâtre.
L'école 42 possède sa salle de spectacle où toutes les occasions sont saisies pour faire monter sur scène les élèves, de 7 à 17 ans.
Là, dans le cadre du festival " le théâtre dans le futur de la Russie ", les élèves comédiens d'Ekaterinburg se sont produits pour la première fois avec la pièce Visite d'une dame, d'un auteur suisse allemand, Friedrich Dürrenmatt, dont je ne connaissais rien. Fin XIXe début XXe.
J'ai moyennement apprécié le spectacle mélange d'ambiance cabaret des années 30 à Berlin. Façon " l'Ange Bleu " et l' agitation un peu vaine d'une troupe très nombreuse. Mais bon, spectacle d'études.
Tout de même un mini choc à la fin quand pour souligner la mort du héros une jeune femme, façon Berlin années 30 a chanté " Ne me quitte pas" de Jacques Brel en allemand.....
Russie décidément européenne .
