Gastarbeiter....ou travailleur émigré en Russie.

Ils sont visibles partout à Moscou, sur tous les chantiers de construction.
Je me souviens d'un que j'avais vu quand je travaillais à Moscou, dormant sur son engin à l'heure de la " pause ", sous un soleil de plomb de climat continental. Pas de jour férié. Pas d'horaires. Je ne sais rien de leurs salaires. Mais comme tous les émigrés économiques, ils envoient de l'argent au " pays ".
Nombreux aussi dans les taxis, ainsi que je vous l'ai raconté à mon arrivée à Moscou. Nombreuses sont les vendeuses et serveuses sur le très touristique Arbat, boutiques, cafés, restaurants.
Moins nombreux dans le métro, où ils nettoient, en concurrence avec les femmes russes.
Venus d'Asie centrale essentiellement, ils sont appelés " travailleurs invités " mot emprunté à l'allemand : gastarbeiter. Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizie. Deux journalistes ont parcouru ce chemin aller-retour soit 10.638 km, dont le dernier point, le plus oriental, est à la frontière de l'Afghanistan.
Les Kirghizes sont 1 million et demi.
Les gastarbeiter seraient en tout 10 millions. Le magazine Rousskii Reporter leur a consacré une grande enquête dans son dernier numéro sous le titre : y a-t-il des non Russes ? ( voir la couverture du magazine en lien )
Cette phrase est la question que leur a posée un policier de la route, en les contrôlant...
Ils font l'aller-retour une fois par an. Leurs conditions de salaires et de logement sont peu enviables. Ils comptent beaucoup sur la solidarité des diasporas. Ils craignent les mafias et leurs mafias.
Ce chemin, une fois par an, ils le font en voiture, minibus collectif, l'avion est cher, très cher.
Certains font profession de ces transferts.
Ils ont souvent la double nationalité russe et tadjik, par exemple. Mais le passage des frontières, où ils doivent recevoir un tampon magique est toujours l'objet de tractations et autres pressions... D'attente en tout cas.
Au " pays " ils se glissent dans le mode de vie inchangé depuis la fin de l'URSS. Se marient. Fondent famille. " Si à 40 ans tu n'as pas de petits enfants, tu ne respectes pas le programme ..." constate quelque part dans l'article un des journalistes. L'Islam a repris le pouvoir sur le mode de vie de ces populations. Pas d'alcool, pas de tabac, la prière plusieurs fois par jour.
L'islam est très présent en Russie depuis des siècles. Leur présence est naturelle dans la Russie " historique " ( Moscou, St-Pétersbourg, mais aussi Riazan, Samara, Nijni-Novgorod...etc, etc...)
Moscou a d'ailleurs inauguré il y a quelques années la plus grande mosquée d'Europe. En plein coeur de la ville. ( Voir mon article du 24 septembre 2015 ).
A St-Pétersbourg, la grande Mosquée date du XIXe; Je me souviens d'avoir voulu la photographier, très belle, dans un style architectural qui s'inscrit dans cette ville. Mais il faisait tellement froid, moins 15, je crois, que mon appareil photo s'est bloqué.....A partir de moins 12...changer d'appareil photo....
Par contre c'est dans ces pays que la chute de l'URSS fut la plus violente à l'égard de la population russe. Les Russes ont dû s'enfuir, ou mourir sous les coups de couteaux. ( Il y a un verbe spécial, pour désigner ce type d'assassinat, forme très courante...). Des phénomènes qui ne nous sont pas étrangers dans les périodes de décolonisation. Nos journalistes essaient d'aborder le sujet...mais aucun écho...
Je reviendrai sur ce sujet, l'islam en Russie, empoisonné par l'apparition de DAESH. Les attentats terroristes ont commencé en Russie dès la fin des années 90 ...en lien avec la situation en Tchétchénie.
Mais sur ce sujet aussi, il y a incompréhension totale entre la Russie et les " Occidentaux " pensent les Russes.
Le ramadan a commencé en Russie aussi. Jusqu'au 14 juin....
Retour au pays pour le mariage...
Le dernier numéro de Rousskii Reporter..
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