Blog-notes. Chronique moscovite.

Publié le par Boyer Jakline

Dans le quartier où j'habite à Moscou, on construit une seconde ligne de métro circulaire, 30 stations.  Partout des panneaux invitent à la patience. " Le chantier, c'est provisoire, le métro c'est pour toujours" Il faut dire que c'est un  énorme chantier. Tout près il y a le parc " du cinquantième anniversaire d'Octobre", planté donc en 1967. Ce devait être quasiment la sortie de la ville. 

Aujourd'hui, la ville continue encore et encore. Des tours très hautes, nombreuses, de nombreux magasins, restaurants, salle de sport " fitness" en russe. C'est le prolongement du quartier de l'Université. Il y a aussi de nombreux instituts.

Pour ce que j'ai vu de ce pays, Moscou, province, je peux dire que partout les magasins, d'alimentation en particulier, sont achalandés. Il y a les plus populaires, Diski, et les plus élitistes, " l'alphabet du goût ". Plus les très nombreux marchés, et les " babouchki" qui vendent leur production, fleurs du jardin, légumes, à la sortie des stations de métro.

Toujours ce double sentiment d'une accélération de l'histoire et d'un temps arrêté. Ce n'est pas le moindre charme de ce pays.

Le 9 mai, c'est la très grande fête nationale, victoire sur le nazisme, les vaincus défilant sur la Place Rouge et jetant les drapeaux au pied du Mausolée. Dans un silence total de la foule rassemblée. Tant d'horreurs, de sacrifices, d'absentes et d'absents.

Déjà tous les transports urbains portent les deux couleurs : le drapeau russe et le ruban de St Georges, adopté il y a quelques années pour symboliser la mère des victoires.

La plupart des Russes vivent très très mal la remise en cause par  les élites européennes, l'OTAN, mais aussi certaines populations l'immense sacrifice consenti.

Une réelle réécriture de l'histoire est en cours. l'Ukraine glorifie " ses" nazis. La Pologne détruit les monuments aux morts soviétiques, les Pays Baltes, etc, etc.... Tout ça dans un silence complice des gouvernements occidentaux.

Je ne sais pas comment les Russes ont pu digérer de ne pas être invités au 70e anniversaire de la Libération d'Auschwitz. Eux qui ont libéré ce camp. Moi, je ne l'ai pas toujours digéré. Car, derrière ce déni, il y a encore et toujours du désir de guerre, de designer un ennemi. J'ai interrogé des amis à ce sujet. ". Nous n'oublions rien " fut leur réponse.

Je peux dire sans me tromper que la quasi totalité des citoyens sont retournés par cette attitude. La coiffeuse, petite quarantaine, aborde le sujet, les larmes aux yeux : "ma grand mère a été dans ces camps,  comment ils peuvent nier ces sacrifices ? "

Je ne lui explique pas que chez nous, la " polémique" tourne autour de la publication ou non d'un écrivain antisémite qui a collaboré activement avec les SS en France.

Finalement, on comprend que soit tue la compromission du pouvoir de Kiev avec les hordes d'extrême droite. Nous penchons plutôt de ce côté là....Les Européens penchent plutôt de ce côté là.

Zakhar Prilepine vous dira pourquoi...

 

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