What's new, Mister President? (2)
Dans ce pays en plein questionnement sur son passé soviétique, il fallait bien sûr que ces questions soient posées...
Le président s'est livré à une avalanche de contre-vérités en direct... C'était assez incroyable.
Il lui fut demandé s'il pourrait nommer premier ministre le candidat du Front de gauche à la présidentielle, Pavel Groudinine. Celui ci recueillit 11% des voix et une campagne permanente de mensonges fut déroulée contre lui.
"Si vous voulez qu'on vous traîne dans la boue, soyez candidat à l'élection présidentielle", disait avec humour Pavel Groudinine pendant la campagne. J.B.
Ce sont précisément ces mensonges, qu'en direct, le président a repris:
"Qu'il ferme ses comptes offshore et qu'il ne dirige plus une entreprise".
A propos de son entreprise, le Sovkhoz Lénine dans la région de Moscou, producteur de fraises, elle est l'objet de raids en tout genre, financiers en particulier pour provoquer sa faillite. Youri Afonine a interpellé politiques et médias qui se taisent à ce sujet.
Puis le président a poursuivi en dénonçant la responsabilité du PC soviétique dans la chute de l'URSS.
Sur tous ces points, la riposte n'a pas tardé à venir. Dans le débat organisé sur Rossia1, Youri Afonine, vice président du KPRF a analysé ce moment en ces termes.
Je traduis:
" tout d'abord ces questions traduisent la demande mûrie dans la société d'un virage à gauche de la politique gouvernementale. Pavel Groudinine n'a aucun compte offshore, car si tel était le cas, la Commission électorale ne lui aurait pas permis d'être candidat. (Ce fut tenté jusqu'au dernier moment. J.B).
Concernant la responsabilité du PCUS dans la dissolution de l'URSS, il rappelle qu'au moment de la réunion des trois en Biélorussie qui prirent cette décision, cela faisait déjà 3 mois que le PC avait été interdit par Boris Eltsine. Ces trois là étaient de violents anticommunistes (ex dirigeants du PCUS...J.B). On n'a absolument pas consulté les 19 millions de membres du PCUS, comme fut ignoré le résultat du référendum de 1991 qui se prononçait pour le maintien de l'URSS. Guennadii Ziouganov et de vrais communistes se battaient pour l'URSS et créait le nouveau parti communiste.
C'est la première fois que l'URSS, la politique de gauche s'invitent à ce niveau là. Et le président n'a pas exclu l'arrivée au pouvoir de forces de gauche.
Cela traduit bien l'envie de socialisme.
Dans la Russie soviétique il y avait d'une fois et demi à deux fois plus d'hôpitaux, d'écoles, de crèches.
Le travail était plus efficace. par exemple dans l'exploitation du pétrole, il y avait deux fois moins de salariés. pour des résultats supérieurs. Aujourd'hui des managers touchent des revenus énormes, alors que les salariés crèvent avec des salaires de 10.000 à 15.000 roubles.
La Russie capitaliste est dans les mains d'un clan d'oligarques. Si les oligarques "historiques" ont disparu (il n'en reste qu'un en Angleterre), de nouveaux sont apparus.
Il devait par ailleurs analyser l'ensemble de la prestation du président.
2 millions d'adresses au président traduisent la défiance grandissante à l'égard de tous les pouvoirs locaux. Ils espèrent que le président résoudra leurs problèmes. Or on ne peut gérer " manuellement" un pays immense comme la Russie. Tous les mécanismes du pouvoir doivent être revus dans le sens d'une coordination. Il n'est pas possible que tout cela émerge une fois par an.
Il a reproché aux médias de ne pas rendre compte du travail des élus communistes en région. Le gouverneur communiste de la Région d'Irkoutsk a multiplié par deux le budget, augmenté par 5 les impôts prélevés sur l'industrie du bois, a pratiquement détruit l'exploitation "au noir" des bois.
Au lieu de dire ce qui est, les médias tentent de discréditer le " gouverneur rouge".
Il a noté également la capacité en hausse des citoyens à s'auto-organiser . Dans la lutte contre les déchets, par exemple. Il constate qu'une fois de plus ce sont les plus en difficulté qui sont affectés par des tarifs de ramassage des ordures multipliés par 3. Provoqué par le journaliste, il réplique que dans la région de Khakassia, le nouveau gouverneur "rouge" a négocié et obtenu une baisse de 30% des ces tarifs.
Fin de la traduction.
Concernant l'intervention de plus en plus fréquente, et efficace, des citoyens, il y a la lutte à Ekaterinbourg de citoyens contre la construction d'une église orthodoxe, (encore une) dans un square en pleine ville. Ce qui supposerait d'abattre de nombreux arbres. Deux milliardaires souhaitent reconstruire la cathédrale Sainte Catherine détruite en 1930 par le pouvoir soviétique, à l'occasion des 300 ans d'Ekatérinbourg en 2023.
Les opposants à la construction-destruction s'en sont pris aux barrières entourant le chantier.
Les citoyens souhaitent qu'un autre lieu soit désigné. Interpellé à ce sujet, Vladimir Poutine a concédé qu'il faudrait une consultation officielle de la population.
C'était à la mi-mai, je suivrai ce dossier.
Photo AFP, Anton Bazanaev. Le 15 mai dernier. Ekatérinbourg.

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