Douce France...

Publié le par Boyer Jakline

cher pays de mon enfance...

Là s'arrête la citation, car l'insouciance est partie.

Je vais comme rarement consacrer un article à notre cher pays, autour de deux incontournables de la rentrée. : " La fièvre" d'Aude Lancelin et le film de David Dufresne " Un pays qui se tient sage" . Les deux ont pris fait et cause pour les Gilets Jaunes. Comme moi et d'autres, sans revêtir l'habit, étions là, à Bordeaux, lorgnant de loin les commandos de policiers qui nous suivaient, courant en bloc, dans des rues parallèles. Nos parcours de manifestations étaient de plus en plus excentrés. Tels de pestiférés, nous étions relégués dans les marges du centre-ville. Puis, vers 16h suivant un rituel bien rôdé, les grenades claquaient, les hélicoptères tournoyaient au dessus de nous. Quelques snipers sur des toits.
Je côtoie désormais, camarade de militantisme, Antoine, 27 ans, première main arrachée. Primo manifestant, il a vu rouler à ses pieds un "truc". Il l'a ramassé et... carnage. Il ne savait pas comme tant d'autres, primo manifestants, ce que c'était qu'une grenade. Que vous alliez manifester pour une vie digne et que vous auriez droit aux grenades et autres LBD. " On ne peut pas parler de violences policières au pays des droits de l'homme" a déclaré le président.  Et c'est ce que pensait Antoine : au pays des droits de l'homme, il n'y avait pas de violence policière...Selon l'expression russe, il l'a appris " sur sa peau". Sur sa main.

Le Préfet Lallement officiait alors à Bordeaux. Pour bons et loyaux services, il fut promu à Paris. Le Maire de Bordeaux, lui, mit fin à sa présence en ville. Affolé par l'irruption sur la place de SA mairie, il courut se réfugier au Conseil Constitutionnel...

Aude Lancelin les a accompagnés, soutenus à Paris. Son livre veut marquer dans la pierre ce mouvement qui initie quelque chose.

Elle y cite, entre autres, Vladimir Illitch. Propos sortis d'un débat en 1916 entre Rosa Luxembourg et Lénine.

Cette analyse a toute sa place :

"Quiconque attend un révolution sociale pure ne vivra jamais assez longtemps pour la voir. Il n'est qu'un révolutionnaire en paroles qui ne comprend rien à ce qu'est une véritable révolution....La révolution socialiste en Europe ne pourra être autre chose que l'explosion de la lutte de masse des mécontents de toute espèce. Des éléments de la petite bourgeoisie et des ouvriers arriérés y participeront inévitablement. Sans cela, la lutte de masse n'est pas possible, aucune révolution n'est possible". Fin de citation de " La fièvre".

Entre les deux, Lénine analyse la révolution de 1905 en Russie, point de départ de sa démonstration.

" La révolution russe de 1905 a été une révolution démocratique bourgeoise. Elle a consisté en une série de batailles livrées par toutes les classes, groupes et éléments mécontents de la population. Objectivement, le mouvement des masses ébranlait le tsarisme et frayait la voie à la démocratie, et c'est pourquoi les ouvriers conscients étaient à sa tête.."

Bien sûr, la France 2020 n'est pas la Russie, ni l'Allemagne de 1916.

Mais il y a des incontournables dans toute situation qui veut changer la donne. Le nombre est le premier.

Le pouvoir macronien ne s'y est pas trompé qui a sali, mené la charge politique en même temps que policière contre Les Gilets Jaunes.  " Les ouvriers conscients" ont été,  eux,  plus hésitants... Seront-ils prêts pour la deuxième vague ? Car elle viendra, c'est ma conviction.

Le film de David Dufresne, sélectionné par la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, s'inscrit aussi dans une démarche de vérité sur ce qui s'est passé lors des manifestations. Il est réalisé à partir des vidéos de smartphones que nous avons pu voir en direct. Des dialogues, commentaires  s’insèrent. Sociologue, historien, juriste, Gilets Jaunes,  policiers,  journaliste...

Le débat est ouvert. 

 

Boycottée par le service public...Débat ouvert sur la suite des événements.

"La caméra, c'est l’arme des désarmés"

Publié dans Ici Paris., Grosse colère

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