La "fin de l’homme rouge" ? (1).

Publié le par Boyer Jakline

Je reprends ici le texte de Natalia Routkevitch qu’elle a publié le 7 novembre.  Le fameux 7 novembre. 

Elle publie un extrait d’un texte d’un philosophe russe.

"La fin de l’homme rouge" est le titre du livre de Svetlana Aleksiévitch qui a beaucoup fait pour son prix Nobel de littérature. Rien de ce qui est écrit n’est inexact  mais tout sonne faux.  Comme une mosaïque de guingois. Un parti pris. 

J’ai encore la vision de mon premier séjour en URSS,  lycéenne,  fin des années 70. Ce que l’on a  qualifié ensuite des années de stagnation, années Brejnev. 

Un choc, une autre planète : visiblement on vivait ici autrement. Larges avenues sans voitures, pas de publicité,  nulle part,  sauf pour le Pcus et... Le monde du travail,  des magasins a- minima.  Mais la place au Bolchoï au prix d’un morceau de fromage et la foule de gens  ordinaires tentant d’avoir un billet auprès des chanceux qui en avaient un. La fameuse phrase : vous n’avez pas un billet de reste ? У вас есть лишний билет?

Ma correspondante et ses parents vivaient dans un appartement communautaire dans le vieux Moscou, des intellectuels, lui  communiste, journaliste , elle professeur d’allemand. 

Ce fut pour moi un vaccin. 

Pour l’URSS,  pour la Russie où cela avait été possible. Je vois toujours ma correspondante d’alors qui m’accueille tous les ans et que  j’accueille chez moi, un des changements le plus significatif dans la nouvelle Russie. 

Natalia Routkevitch est moscovite et vit à Paris. Sa page Facebook est très riche. J’ai déjà repris une de ses publications,  avec son autorisation. Le 20 août 2020, sur la situation en Biélorussie.

 Nous n'avons  évidemment pas la même expérience de ce pays. Restent des "fondamentaux" : cesser de faire couler la boue.

Et tout de même,  pour moi : pourquoi tant de haine ?

 

Natalia Routkévitch, 7 novembre.

L'homme soviétique, qui fut-il?
Cela va faire trente ans que l'Homme Rouge, né le 7 novembre 1917, a été envoyé dans les poubelles de l'histoire. Le contexte socio-culturel qui a rendu son existence possible a été complétement dévasté par le rouleau-compresseur de la société de consommation. Pourtant, ceux qui le traquent, eux, n'ont pas disparu; bien au contraire, ils sont toujours aussi nombreux à pourfendre la "mentalité d'esclave" de cette "créature soumise et formatée" qui "survivrait encore dans l'ex-URSS", encouragée par une "politique néo-soviétique de certains dirigeants". Encore plus qu'à lutter contre les dernières survivances du monde qui a sombré, les actions de ces militants de la "décommunisation intégrale" servent à déformer et dévoyer toute mémoire de ce qui fut l'homme soviétique. Préserver la vision plus riche, plus juste, plus nuancée de cette période de l'histoire est la tâche des générations qui ont encore connu ces sociétés de l'intérieur. Qui furent, pendant un certain laps de temps, "l'homo sovieticus"...
Dans son long texte "Mais qui fut-il, l'homme soviétique?", le philosophe russe contemporain Alexandre Panarine (1940-2003) a réalisé l'un des meilleurs décryptages post-mortem de ce type anthropologique.
 
Voir la suite (2)
L’eloge de la famille,  le fameux "prolétaire", Vaznétsov, illustration d'un conte.
L’eloge de la famille,  le fameux "prolétaire", Vaznétsov, illustration d'un conte.
L’eloge de la famille,  le fameux "prolétaire", Vaznétsov, illustration d'un conte.

L’eloge de la famille, le fameux "prolétaire", Vaznétsov, illustration d'un conte.

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