Minsk-Varsovie aller-retour.

Publié le par Boyer Jakline

En Biélorussie,  l’appel à  la grève générale pour bloquer le pays et obtenir la démission de Loukachenko  a été un échec.  

Les problèmes demeurent. Mais  d’autres voies sont recherchées, autre que l’effondrement du pays.  Appelant à la grève générale et à  vider ses comptes en banque,  elle précisait  que de l’argent serait donné aux grévistes.  D’où viennent ces millions annoncés ?

Aux dernières nouvelles,  Svetlana Tikhanovskaya demande que la Biélorussie  soit exclue des accords SWIFT, accords  bancaires internationaux. Sa demande a peu de chance d’aboutir mais elle  témoigne d’une volonté d’affaiblir le pays et sa population,  peu comprise du coup. 

Le président a mis en route sa réforme constitutionnelle  qui devrait permettre l’organisation de nouvelles élections.  Il discute avec une partie  des prisonniers politiques. 

Les dimanches se suivent,  les manifestants toujours dans la rue. La police aussi. 

Le pouvoir réprime et... consulte.

Une partie des élites russes est très critique sur Loukachenko, mais la plupart refuse de voir un scénario ukrainien, avec un état qui a signé avec la Russie un accord de défense et de sécurité, tandis que la Biélorussie est en quatrième position pour les échanges commerciaux avec elle. Il est question aussi d’un projet  d’intégration. 


Parenthèses : pour ceux que l'attitude du pouvoir biélorusse inquiète, indigne, je rappelle une nouvelle fois que près de 1000 Gilets Jaunes sont en prison. Comparaison n'est pas raison. mais l'indignation sélective, ça suffit.

En marge de ce qui se passe à Minsk,  l’élément nouveau c’est ce qui se  passe  à Varsovie. 

La population est dans la rue,  la police  aussi. 

Face à une loi qui fait quasiment disparaître le droit à l'IVG, achevant une loi déjà très restrictive, des centaines de milliers de manifestantes et manifestants ont envahi les rues des principales villes. Cela a disparu de nos radars, où il y eut un passage éclair d'information.

Il est intéressant et cocasse de noter que, comme en Biélorussie, les femmes sont au devant de la scène, et pour cause, mais aussi, leur égérie, soutenue par toutes, a demandé la démission du gouvernement.

Beaucoup d'étudiants biélorusses présents à Varsovie ont pris une part active à ces mouvements.

En Russie, l'analyse est faite du "retour de bâton". En effet, le pouvoir polonais est très engagé dans le soutien à l'opposition biélorusse, finançant, recevant en grandes pompes l'opposante n°1 qui fut attribué un somptueux logement.

Au passage ce fut l'occasion de faire le point sur ce pouvoir polonais quasiment d'extrême droite, infiltré par une organisation catholique d'extrême droite. Écouter la chronique de Jean-Marc Four. Seul bémol dans son excellent reportage: le prêt à penser et l'incontournable "dictature communiste". Les Polonaises, comme dans bien d'autres pays dits de l'Est, désignation  absolument pas géographique, regardent autrement l'ancien pouvoir.

Ce positionnement du gouvernement polonais pose de très gros problèmes, de sécurité collective en particulier. Il revendique la première place en Europe dans la course au meilleur vassal des USA. Et il est entendu.

Noter aussi que dans le cadre " de la concurrence libre et non faussée", nombre d'entreprises quittent le sol français pour s'installer en Pologne, salaires plus bas, cotisations sociales quasi inexistantes...Bridgestone, la dernière en date. Soit la mise en concurrence des salariés du continent européen. 

Débat surréaliste sur un plateau TV. Un journaliste (!) exhorte les travailleurs de Bridgestone à  se tourner vers des productions  d’avenir... il n’y a  plus besoin de pneus... Zappée la "concurrence libre et non faussée" et la production en Pologne. 

 

Publié dans coopérations, geopolitique

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