Douce France : mon Ukraine.

Publié le par Boyer Jakline

Depuis quelques mois,  une fois par semaine j’assure une permanence au Secours Populaire.  Je suis à "l’accueil" des nouveaux mais aussi des renouvellements.  Je me glisse dans une organisation bien établie. 

Ce qui est complètement inattendue,  c'est que là aussi ma connaissance de la langue russe est appelée. Des Géorgiens,  des Arméniens des Ukrainiens viennent chercher un peu de nourriture, de vêtements, de renseignements précis pour démêler quand c'est possible des problèmes de vie inimaginables.  Quand leur français est bancal,  je passe au russe.  Ça s’est fait spontanément de ma part.  Vif succès. Au delà du caractère pratique, il y a comme " un soleil ", me dit une dame géorgienne. Un peu de chaleur. 

Et avec mon très grand intérêt pour cet espace post soviétique,  je fais ainsi le point de ce qu’il est devenu.  Les familles sont souvent explosées : les enfants, adultes, sont en Russie.  Les Géorgiens viennent surtout pour soigner des affections lourdes : diabète,  cancer.  "Chez nous,  sur 100 malades il y a 100 morts." Ils sont pris en charge, mais dorment dans des foyers,  des squats, parfois dans des voitures. Attendent de régulariser leur situation.  Si elle se régularise. 

Ma dernière permanence m’a incitée à écrire :

deux hommes,  d’âge mûr,  venus d’Ukraine,  région des Carpates. "Derrière les Carpates" en russe. Frontalière avec la Hongrie, la Slovaquie. Le bouclier occidental de l’ex URSS. Je prends le temps d’interroger un de ces hommes qui répond volontiers. 

Le premier, capitaine de réserve de l’armée ukrainienne, a refusé de combattre et est parti,  s’est enfui. Je comprends que ses 2 petits garçons,  10 et 12 ans, ne sont pas les siens. Le père a été tué. Ce sont les enfants d’un ami. Il est peu bavard.  Comme en état de choc. Je reçois toujours un par un. Il va attendre son ami.

L’ami est ingénieur en construction.  Ses enfants, adultes, sont en Russie.  Ils se parlent tous les jours. Sa femme, professeur, restée pour s’occuper de sa mère malade, a été assassinée par des mafieux au mois d’août dernier.  Au fur et à mesure du récit,  je comprends mieux ses épaules voûtées. Il est pour le rattachement de sa région à la Russie.  Personne n’y parle ukrainien. Il n’y a pas d’Ukrainiens là-bas. " La Crimée devait devenir russe,  sinon l’OTAN s’y serait installé".

À part dans le Donbass,  où l’industrie fonctionne encore (dans les mains d’oligarques mafieux J.B), l’Ukraine a été complètement vidée de ses richesses. L’Ukraine soviétique était le fleuron du pays disparu. Pillée, à  genoux. Meurtrie avec des néonazis qui donnent le ton. Des centaines de personnes quittent le pays tous les jours. 

Je me souviens de ce que me disait Serguéï,  ce Biélorusse que j’ai aidé il y a quelques jours : il n’y a pas  de travail chez nous (il est chauffeur poids lourd à l’international) mais au moins mes enfants peuvent se promener dans la rue. Voir mon article Douce France précédent.

C’était mieux avant ? Ce n'est pas mon propos. 

On a vendu à ces peuples la démocratie et le bien-être occidentaux.  Ils se retrouvent dans des mains mafieuses et main d'œuvre surexploitée dans nos contrées. Qui,  quand, dira l’énorme responsabilité de l’odieuse Union Européenne et les politiques de tous ces pays au service toujours des mêmes, comme Laurent Fabius, par exemple,  qui a signé pour la France les fameux accords de Minsk, véritable arlésienne ?

Finalement,  n’est-ce pas nous qui nous alignons de plus en plus vers ces zones de non droit ?

 

La vidéo en lien fait le point sur la situation en Afghanistan. 

Xavier Moreau tient ce blog extrêmement riche sur la politique étrangère de la Russie et la situation internationale. 

C’est un homme de droite revendiqué.  Très antisoviétique et voit "la gauche" partout,  y compris dans la France de Macron. 

Dans cette vidéo il parle de " l’invasion soviétique" de l’Afghanistan, de l’échec de la "sovietisation" de la société. Son parti pris l’empêche d’analyser correctement.  Le pouvoir afghan en place alors avait appelé à l’aide, déjà aux prises avec des incursions étrangères.  Le sort des femmes dans cet Afghanistan soviétique était aux antipodes de leur sort actuel. Société laïque, elle leur assurait l’accès au savoir et à tous les métiers.  Sans voile, ni niqab. Par exemple.

Je partage sa vidéo,  cependant,  car il donne beaucoup d’informations que vous n’entendrez jamais dans nos belles contrées pluralistes. 

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