Les grands-mères rouges.
"En dépit d’une actualité éditoriale prolifique, l’histoire du féminisme a ses angles morts. La contribution des pays de l’ancien bloc de l’Est n’y est par exemple que rarement mentionnée. Pourtant, l’alliance que nouèrent leurs organisations de femmes avec celles des anciennes colonies du Sud a joué un rôle majeur dans les progrès de l’égalité entre les sexes dans le monde. "
Ainsi est introduit cet article en forme d’enquête. Après mon article précédent "les titans", la rubrique "1917-1991 et après" s’enrichit.
N’a-t-on pas jeté trop vite le bébé avec l’eau du bain dans le réquisitoire permanent ?
Et ce passé ne passe pas car il a forgé en partie ce que nous vivons aujourd'hui. Nous pouvons compter sur lui.
C'est peu dire que cette publication m’a réjouie.
Dès 1917, le nouvel état multiple les décisions politiques en faveur des femmes, comme des ouvriers.
Le mot féminisme n’était pas employé.
Il s’agissait de faire vivre le "tous les hommes ( les personnes) naissent libres et égaux en droit" :
Droit de vote, autorité parentale partagée, droit au divorce. Droit à l’éducation, au travail avec salaire égal...
Et des relations établies avec toutes les organisations féminines, et non féministes, de la planète.
L’angle mort qu’évoque la journaliste est l’expression d’une méconnaissance préjudiciable.
La Russie, par son histoire, sa culture, était un terrain très favorable à cette émancipation. " Une société patriarcale, dirigée par des femmes" disait d’elle un sociologue français, en guise de boutade, pleine d’une certaine vérité. Pour côtoyer bon nombre de femmes russes, je vois une société très normée où elles prennent toute leur place.
Ce qui est sûr, c’est que le féminisme occidental, tel qu'il est revendiqué ici, ne convainc absolument pas la société russe actuelle. Mais convainc-t-il complètement en France ? Les violences faites aux femmes, oui, les féminicides épouvantables. Les féminicides sont " transversaux", c’est à dire des femmes se font assassiner dans tous les milieux sociaux. Et quelques hommes également...
Pointer cette urgence là ne devrait pas permettre d’ignorer toutes les autres :
toutes les inégalités qui s’accumulent sur des millions de femmes. Et que les élites politiques de l’Union européenne, Ursula von der Leyen en tête, s’engagent sur le sujet " violences faites aux femmes" vient en souligner le caractère politicien. Que ne prennent-ils position sur le droit à l’IVG. Les dizaines de milliers de Polonaises dans la rue le revendiquent, car c'est là une violence qui leur est faite. Ou la revendication à travail égal salaire égal ? Ou le droit au logement...Les difficultés au delà du pensable des familles monoparentales ...etc...
Bref, une démarche qui prend en compte la totalité de la vie des femmes.
Nous sommes loin des grands-mères rouges.
En lien, la lutte exemplaire des salariées d’Ibis- Bagnolet...
/https%3A%2F%2Ffrance3-regions.francetvinfo.fr%2Fimage%2FqnxeWouWHfGlHcOP4ljz8h1t4wo%2F930x620%2Fregions%2F2021%2F05%2F22%2F60a91d55075af_ibis-5324760.jpg)
Hôtel Ibis des Batignolles : la victoire des femmes de chambre après deux ans de lutte
Après 23 mois de lutte, une cinquantaine de femmes de chambre de l'hôtel Ibis des Batignolles à Paris ont obtenu une augmentation salariale, des primes de paniers repas et une baisse des cadence...
Lutte de femmes, lutte féminine que n’auraient pas renié les grands-mères rouges.
/image%2F0959989%2F20210701%2Fob_8a7095_20210701-091017.jpg)