De la mémoire dans la Russie contemporaine.

Publié le par Boyer Jakline

Par deux fois,  on vient m’interroger : que se passe-t-il avec Mémorial ?

Sans trop creuser le sujet, j’explique que sans doute ces cellules de Mémorial qui viennent d’être dissoutes n’ont pas respecté la transparence de leur financement.  La loi impose à toute association qui reçoit de l’argent de l’étranger pour son fonctionnement de le déclarer. Ainsi par exemple l’institut de sondages indépendant (du pouvoir) Levada-tsentr, pour pouvoir continuer son travail,  a déclaré la partie de son financement venue d’organisations européennes.

Est-ce bien, est-ce mal ? Ce n’est pas à nous d’en juger. Le pouvoir russe craint comme la peste ce travail souterrain d’ONG qui ont permis le Maïdan ukrainien.  Bien que cette loi date de 2012, et a été remaniée en 2015, après les sanglants événements de Kiev.

 Vladimir Poutine lui-même va répétant : la Russie ne peut être vaincue de l’extérieur, on ne peut provoquer son effondrement que de l’intérieur.  Il l’a redit face à la presse le 23 décembre dernier.  Et de citer les 2 moments au XXe siècle : la première guerre mondiale et les années 90.

Après vérification,  c'est bien de cela qu’il s’agit. 

Précision tout de même car ça vaut son pesant d’or sur le niveau d’intox dès qu'il s’agit de la Russie.  Cette loi russe a repris les grandes lignes d’une loi américaine de 1938... sur la notion d’agents de l’étranger. Loi FARA, soit foreign agents registration act... 

En 2017, Russia Today  a été contrainte de s’enregistrer aux États-Unis comme agent  de l’étranger... Au passage,  RT vient d’être interdite en Allemagne... l’accès à ce pays lui est toutefois possible grâce à  sa présence en Serbie... comme une immense partie de gendarmes et de voleurs ...

Et à partir de là,  les commentaires sacrés désormais quand les faits, eux, sont libres : retour du Goulag  etc, etc, voir la couverture de l’Obs il y a peu et que j’ai déjà dénoncée. 

Je remets en lien le mini reportage que j’ai effectué en 2017 sur ce lieu, inauguré par le président russe,  en plein cœur de Moscou, à l’angle de la Ceinture des Jardins,  sadovoïé koltso, et le boulevard Sakharov. 

Mémoire vive. Mémoire dérangeante pour certains Russes...

Et ce silence des mêmes sur le martyr de Julian Assange dans la brillante Londres !

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