Douce France : rien de ce qui est humain ne m’est étranger.

Publié le par Boyer Jakline

Mardi, 13h30, centre-ville de Bordeaux.

Je me rends à un siège du Secours Populaire où j’assure une permanence. Au cœur de la vie de notre pays, ces situations humaines nous définissent.

Soudain,  marchant dans ce centre-ville populaire, je réalise que je suis quasiment seule : très peu de voitures très peu de piétons, immanquablement,  les pauvres hères Deliveroo sur leurs vélos.  Où sont passés les gens ? Où est passée la vie ? Me reviennent des images de ces mêmes lieux quand nous devions, il y a presque 2 ans, montrer patte blanche pour sortir une heure, après nous y être auto- autorisés... Dire que nous avons vécu ça... et finalement,  de façon plus sournoise,  nous y sommes revenus ? Télétravail,  me disent mes compagnons militants de la misère sociale...

À 17h30, le chemin du retour,  l’agitation normale,  rassurante est là. La vie, quoi !

Quant à l’expérience des rencontres au Secours Populaire, elle invite à réaliser les mutations du monde : notre pays d’abord où les étudiants plus nombreux viennent chercher de la nourriture... des chômeurs de " longue durée", des hommes,  seuls, cassés physiquement, mais qui font bonne figure. Plus rarement ’ des familles qui n’arrivent plus à tout assurer : payer le loyer et nourrir les enfants. Et beaucoup de femmes,  jeunes, pleines d’enfants,  à côté,  dans les bras, sur des poussettes : comment vont-elles porter les sacs, cabas de nourriture ? Nous les regardons,   étonnés et perplexes. Leçons de vie.

Géopolitique incontournable,  même là. La réflexion s’impose sur " l’espace post-sovietique".

Par intermittence,  Géorgiens, Arméniens,  Bulgares,  Roumains, Ukrainiens, Albanais  viennent chercher un panier  d’aliments de base. Ils viennent,  puis on ne les voit plus pendant des mois... Mystère de leurs existences.

La divine surprise fut pour moi quand un jour, face à une personne que j’accueillais pour faire le point sur sa situation familiale,  devant sa difficulté à raconter, et ayant repéré son accent, je passais naturellement à la langue russe.  Le visage de mon interlocuteur s’est éclairé : enfin, il allait pouvoir dire et être entendu.

Bonheur partagé.

Depuis, quand ils reviennent,  ils me reconnaissent, savent que dans ce centre là quelqu’un parle russe et les comprend...

Nous sommes nombreux dans notre pays à "naturellement" agir selon la belle définition : rien de ce qui est humain ne m’est étranger. Venue de l’Antiquité grecque,  décidément,  comment faire sans les Grecs,  elle parcourt notre histoire de  Montaigne à nos philosophes des Lumières. 

Gardons en le fil, quand soufflent les vents mauvais.

 

Le point sur les négociations Est-Ouest.

La Russie veut une redéfinition des conditions de la sécurité en Europe.  Elle attend une réponse écrite, bien sûr écrite... qui devait être donnée lors du dernier sommet : repoussée d’une semaine. Sa philosophie est simple : un état ne peut assurer sa sécurité aux dépens d’un autre ou d’autres. Vous n’entendrez jamais parlé de cette exigence.  Dans la foulée,  elle  demande le retrait des bases américaines de Bulgarie et de Roumanie.  Pas question de bases US en Ukraine,  900 km de Moscou... ou en Finlande,  300 km de St-Pétersbourg. 

Nous sommes inondés de fake sur l’invasion de l’Ukraine.  Le ministère des affaires étrangères britannique se distingue ce matin en publiant " un plan de putsch " prévu pour renverser le pouvoir à Kiev... Retour du refoulé ?

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