Est-Ouest : il n'est pire sourd...

Publié le par Boyer Jakline

Plus qu’un article,  un dossier... Prenez le temps. 

Ce matin encore nos journaux télévisés sont pleins de " l’attaque imminente de l’Ukraine par la Russie". Les Anglais y envoient des armes et des instructeurs. Blinken, secrétaire général de l’Otan, est prêt à riposter...

S’est donc tenue une rencontre au sommet le 10 janvier à Genève entre États-Unis et Russie.  A la demande de la Russie. 

Suivie d’une deuxième rencontre de travail où les Européens et l’Otan se réunissaient à Bruxelles.  Cette dernière union se jouait sur le thème  : l’Europe est écartée des discussions, alors qu’elle est concernée au premier chef.

Je n'en crois pas mes oreilles à l’écoute de cette remarque,  d’autant plus que, suivant  les débats, je n'ai pas entendu une seule fois cette réalité incontournable : l’Europe a  signé les accords de Minsk en 2015, France Allemagne Ukraine Russie,  Laurent Fabius pour la France.  Et s’en est détournée. N’a pas agi pour leur application. Voir la petite vidéo en lien.

J’ai écrit je ne sais combien de fois sur ce thème. 

Et, bien évidemment,  pragmatisme politique oblige,  finalement la Russie s’adresse au vrai boss, que l’Union européenne et l’Otan suivent scrupuleusement, soit les États-Unis. 

Ensuite,  quelle question pose la Russie aux Occidentaux ? Question on ne peut plus urgente pour l’Europe... Il est temps de renégocier la sécurité en Europe. Voir la vidéo en introduction.

Article publié sur RIA novosti le 14 janvier. Il s'intitue :

" Les médias occidentaux cachent le fond des discussions avec la Russie".

Introduction :

"La Russie et des instances occidentales ont mené une série de discussions  importantes qui, potentiellement, pourraient poser des bases nouvelles pour la  sécurité dans le monde. Mais si on compare les informations diffusées à leur issue dans nos médias et les médias occidentaux, se dessine un paradoxe étonnant : ces discussions semblent s'être déroulées dans deux mondes parallèles, qui, comme de juste, ne se rencontrent jamais. Donc, au final, nous avons communiqué sur des thèmes complètement différents.

Si nous nous souvenons de la genèse, c'est la Russie qui dès décembre a proposé ces consultations  (ce que les médias européens taisent le plus souvent). Nous avons proposé aux Etats-Unis et à l'OTAN de débattre de  notre préoccupation face à la présence de bases militaires de l'Alliance de plus en plus de nos frontières et avons exprimé notre détermination à l'avenir de nous opposer à ces menaces sur notre système de sécurité.    Nous avons en outre clairement laissé entendre ce que nous pourrions entreprendre si nos initiatives de paix n'étaient approuvées. Mais nos déclarations indiquant nos obligations de ne pas déplacer hors de nos frontières nos bases nucléaires, ni nos infrastructures spatiales sont complètement passées inaperçues. Si nous feuilletons la presse et les déclarations de nombreux Kremlinologues de différents niveaux, il ressort que pendant que la Russie conduisait des discussions sur les garanties de sa sécurité et proposé des initiatives de paix,, l'Occident, lui, menait des discussions avec la Russie.... sur l'Ukraine. 

Ce qui se présente comme suit pour le public occidental : la Russie a rassemblé plus de 100.000 hommes à la frontière de l'Ukraine, et, alertés, l'Alliance et les USA ont initié ces rencontres pour "résoudre la crise ukainienne".

Les citoyens occidentaux pour la plupart ainsi "informés" pensent qu'il est question de cette lointaine Ukraine et non de leur propre sécurité. Et quelle autre conclusion peut tirer un lecteur du Times quand il lit : "Moscou rejette l'appel des USA à retirer ses troupes de la frontière ukrainienne".

Ou bien , lendemain, suite à la rencontre de Bruxelles entre la Russie et l'OTAN :  "l'OTAN promet d'envoyer des troupes si la Russie envahit l'Ukraine"... le tout illustré par une carte qui montre les bases de l'OTAN à nos frontières. Ces lecteurs sont abreuvés depuis des mois de photos montrant la Russie encerclant l'Ukraine. auxquelles s'ajoutent des preuves, comme la photo diffusée par un soldat, pointant son fusil avec ce commentaire : "Poutine a rassemblé 100.000 hommes à la frontière ukrainienne". Ce n'est pas grave si le soldat en question est un soldat ukrainien sur la ligne de front avec le Donbass...

Quelques jours auparavant, c'était une photo montrant les manoeuvres militaires "proches de la frontière ukrainienne". Elles se sont déroulées ans la Région d'Orenbourg, soit à plus de 1000 km de la fameuse "frontière ukrainienne".

Depuis des mois , le public occidental est alerté ainsi sur les "plans russes d'invasion de l'Ukraine". Aujourd'hui ces deux réunions, Genève et Bruxelles, sont justifiées par la tentative extrême d'amener à la raison une Moscou qui s'emballe et la dissuader d' "envahir" l'Ukraine.

Quelques manchettes de presses :

Finacial Times, New York :  États-Unis et Russie sont d’accord pour prolonger les négociations sur la crise ukainienne       

New York Times : de profonds désaccords persistent entre la Russie et l'OTAN sur la question ukrainienne "           

Etc... 

 Fin de la traduction                

Quelques informations en vrac...

 

Dans les débats télévisés quotidiens sur ces questions,  il n’y a pas de tension palpable,  mais une forme d’indignation devant tant de mensonges et des notes ... d’humour. 

L’autre soir, un universitaire de l’université de Moscou,  spécialiste de com’, répondant à l’argument entendu :" mais pourquoi l’immense Russie a-t-elle peur de la petite Ukraine ?", déclarait 1- nous n’avons pas peur,  2- pourquoi donc les États-Unis  qui sont isolés par des océans ont-ils peur de la toute petite Corée du Nord ?

Ou bien,  encore, entendu sur ces plateaux : c’est la Bérézina pour les américains en Ukraine,  sauront ils se désengager plus dignement qu’en Afghanistan ?

La seule question,  pas négociable pour la Russie,  c’est interdire l’entrée de l’Ukraine, ou de la Géorgie dans l’Otan, ce qui mettrait l’arsenal américain à 7 minutes du Kremlin... le secrétaire général a aussitôt réagi : la porte de l’Otan reste ouverte...

Les États-Unis supporteraient-ils un tel scénario ?

Savoir aussi que la population ukrainienne ne craint absolument pas une " invasion russe" . Ce sont des députés et journalistes ukrainiens,  "légitimistes", qui le répètent sur les plateaux.

Pour que vous ayez une vision la plus juste possible, ces débats dans 60 minutes tous les soirs à 19h, des interventions régulières en direct des États-Unis,  de l’Allemagne ou de Kiev.... 

Je viens d’installer Telegram sur ma tablette... et m’inscrire, entre autres,  sur le lien de Maria Zakharova.  Vous n’imaginez pas les tonnes d’informations qui y sont rendues publiques.  Et qui concernent aussi  NOTRE sécurité.

J’ai cherché sur le site France-Diplomatie,  soit le ministère des affaires étrangères, le nom de LA porte-parole, sans trouverson nom.... Rien. Aucune déclaration : rien depuis septembre...Nous sommes entraînés vers des aventures américaines sans aucune information. 

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