En Russie le point de vue de Zakhar Prilépine.

Publié le par Boyer Jakline

Zakhar Prilépine.  C'est un écrivain puissant dans la tradition de la littérature russe (interdite,  vraiment,  en Europe ?). Toutes ses œuvres sont traduites en français.  Il participe très régulièrement à des présentations en France, où il a de très nombreux aficionados.

C'est un citoyen engagé jusque dans les conflits où son pays est en jeu. Il ne craint pas d’enfiler le treillis. Je le pense très représentatif d’un état d’esprit (?), d’un patriotisme du quotidien (?), la Russie,  son monde, sa culture,  sa langue chevillés au corps.  Il connaît la guerre, il l’a vue, y a pris part... Pas de romantisme. 

Il a passé deux ans à Donetsk comme instructeur idéologique des jeunes gens.  Il était très proche d’un grand dirigeant Zakhartchenko, assassiné dans un attentat terroriste dans sa ville.

https://bordeaux-moscou.over-blog.com/2018/09/donetsk-een-deuil.html.

C'est donc très naturellement qu’il trouve les mots pour dire. Et aussi naturellement que je vous le fais connaître.  De très nombreux articles sur ce blog lui sont consacrés. 

Traduction de l’essentiel.

Je ne croyais pas que notre état se résoudrait à ce pas sans précédent. 

Je pensais que les efforts diplomatiques seraient déployés encore et encore. 

Quelques jours avant l’intervention,  je dormais mal, j’ai même rêvé de Zakhartchenko que j’aimais beaucoup, il riait. Je n’avais jamais rêvé de lui. Je  continue à dormir mal. Certains me téléphonent : il faut se réjouir.

Non, pas de joie. 

Pour le moment mon spectre de sentiment va de la douleur à l’espoir.

Fin de la traduction

Zakhar Prilépine continue d’intervenir.  Il ne remet pas en cause l’initiative russe, pense qu’elle doit être menée jusqu'au bout. Ses dernières vidéos le montrent au volant de sa voiture,  se rendant dans le Donbass. Il répond aux questions d’un ami qui l’accompagne et filme.

Il nourrit de ses propres réflexions et la réflexion de tous sur "l’après". 

Les Ukrainiens sont un peuple frère. 

Ma permanence au Secours Populaire m’a permis de le constater, si besoin était.  J’ai reçu des jeunes femmes avec enfants : Odessa, Kiev,  Dniepopetrovsk, Kharkov... Tout le monde parle russe, même le petit garçon de 10 ans. Tous espèrent pouvoir rentrer chez eux.

Parmi les déclarations de guerre à leurs populations,  les gentils dirigeants ukrainiens ont interdit l’usage de la langue russe dans l’espace public et à l’école... En 2011. C'est une des raisons de la sécession de certaines parties de l’Ukraine,  Crimée et Donbass en particulier.  

La petite Suisse a 4 langues officielles.  Pourquoi l’Ukraine ne pouvait elle pas respecter ses citoyens ? Poser la question c’est quasiment y répondre.  La guerre était déclarée... déjà. 

Or Volodomyr Zélenski s’est fait élire en promettant la paix.  Rappelons que sa candidature fut promue et soutenue par l’oligarque du Donbass Kolomoiski,  en guerre à mort avec Porochenko,  l’oligarque de Kiev. 

Enfin, on connait bien ça,  les promesses électorales... Mais avec la guerre  c'est un jeu très dangereux. 

Levada tsentr,  l’institut de sondages indépendant, financé par des instituts européens, indique que 83% de la population est désormais derrière Vladimir Poutine.  Chiffre en nette augmentation. Les Russes sont-ils devenus des fous furieux partisans de la guerre ? Ce soutien massif est dû à la découverte des 30 bases secrètes de fabrication d’armes bactériologiques, destinés à être utilisées en Russie. Le decorticage des documents et souches trouvées n’a pas révélé toute leur dangerosité.  La CIA,  mais aussi l’Allemagne sont impliquées. Sans compter le scandale de la participation financière au plus haut niveau de Hunter Biden.  Ce scandale éclabousse aussi la présidence américaine aux États-Unis.

Cependant,  retour de l’information donnée par certains de mes amis russes,  une censure sévère s’applique dans le pays, où règne,  d’après un ami une véritable psychose. Les réseaux sociaux permettent encore la diffusion d’analyses opposées à la ligne officielle. Leur ligne est d’analyser les "deux impérialismes". Ligne largement minoritaire.

Tous attendent la fin du conflit.

La propagande que nous subissons ici joue son rôle, incontestablement.  Il y a ceux qui hésitent à prendre pour argent comptant tout ce qu’on nous raconte,  ils sont les moins nombreux. Mais,  nombreux sont troublés et révoltés par l’action de guerre russe. Avec ceux là,  il est impossible d’engager la discussion. Même quelquefois,  bien que rarement,  avec des amis.

Pourtant, l’intox est d’une grossièreté incroyable. Une "Une" d’un grand quotidien américain montre les dégâts d’un bombardement russe. La photo montre un quartier de Donetsk,  bombardé par Kiev. Irpin libéré : Irpin n’a jamais été attaquée. 

Enfin, les sanctions américaines, auxquelles se rallient les dirigeants européens, avec allégresse,  vont être catastrophiques pour nous, Européens.  Les Américains,  eux, se préservent : ils n’ont pas mis sous sanctions certaines importations russes dont ils ont besoin,  par exemple les engrais. Que vont faire les Russes ?

 

À part ça,  la Russie a mis au point le premier vaccin nasal contre le coronavirus. 

Déclaration du 27 mars. "Douleur et espoir, le spectre de mes sentiments."

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