Les quatre vérités de Vladimir Poutine.

Publié le par Boyer Jakline

La chaleur m’invite à rester chez moi hier après-midi. 

Je vais sur LA chaine russe,  interrompue une semaine puis rétablie par Orange. 

Et je tombe, en direct sur le discours de clôture du président russe,  Vladimir Poutine,  au Forum Économique de St-Pétersbourg. 

J’ai dû louper les 5 ou 10 premières minutes. Quelle volée de bois vert à ce monde occidental arrogant !

Très peu de commentaires dans les médias français. Dommage. Erreur stratégique,  me dit un ami.

Les idées forces : le monde unipolaire,  c'est fini.  Il y aura pas de retour en arrière. Arrogance de ces politiques néocoloniales qui s’arrogent tous les droits et cassent tout ce qui s’opposent à eux.

Les sanctions violentes frappent aussi les pays qui les émettent.  Les dirigeants européens ont abdiqué toute défense de l’intérêt de leurs pays.

Je publie la première partie qui nous concerne directement 

La seconde est consacrée aux politiques économiques et sociales russes. S’adapter aux nouvelles réalités.  C'est un sujet de débat interne au pays. Ceux qui  restent sur des politiques néoliberales, ceux qui veulent se tourner vers une économie socialiste,  s’appuyant sur les acquis soviétiques. 

Au passage,  de façon nouvelle,  Vladimir Poutine a évoqué par exemple Koroliov  le père de la conquête du Cosmos, première planétaire,  base de nouvelles conquêtes possibles et nécessaires. 

La Russie n’envisage pas de se refermer sur elle-même, comme en témoigne la tenue même de ce Forum. 

Dans la foulée,  Vladimir Poutine a accordé un long entretien.  Je ne l’ai pas écouté... encore... 

Les quatre vérités de Vladimir Poutine.

Traduction :

Discours de Vladimir Poutine. 

Je souhaite la bienvenue aux participants et aux invités du 25ème Forum économique international de Saint-Pétersbourg.

Il a lieu à un moment difficile pour la communauté mondiale, où l’économie, les marchés et les principes mêmes du système économique mondial sont attaqués. Un grand nombre de liens commerciaux, de production et de logistique précédemment perturbés par la pandémie sont à nouveau mis à l’épreuve. En outre, des concepts clés pour les affaires tels que la réputation des entreprises, le respect de la propriété et la confiance dans les devises mondiales ont été complètement sapés – sapés, malheureusement, par nos partenaires occidentaux, et cela a été fait délibérément, par ambition, au nom du maintien d’illusions géopolitiques dépassées.

Aujourd’hui, je vais donner notre – quand je dis « notre », je veux dire les dirigeants russes – vision de la situation dans laquelle se trouve l’économie mondiale. J’expliquerai comment la Russie agit dans cet environnement et comment elle planifie son développement dans un environnement qui évolue de manière dynamique.

Il y a un an et demi, lors d’un discours au Forum de Davos, j’ai souligné une fois de plus que l’ère de l’ordre mondial unipolaire est terminée – je veux commencer par cela, elle est terminée, malgré toutes les tentatives de la préserver, de la maintenir en place par tous les moyens. Le changement est le cours naturel de l’histoire, parce que la diversité des  civilisations de la planète, la richesse des cultures est difficile à combiner avec des schémas politiques, économiques etc, des schémas qui ne fonctionnent pas ici, des schémas qui sont grossièrement, sans alternative, imposés depuis un seul centre.

Le défaut réside dans l’idée même  : il existe une seule puissance, certes forte, avec un nombre limité d’États qui lui sont proches ou qui y sont admis, et toutes les règles du commerce et des relations internationales, lorsque cela devient nécessaire, sont interprétées exclusivement dans l’intérêt de cette seule puissance,  travaillent dans une seule direction, le jeu est à sens unique. Un monde fondé sur de tels dogmes n’est absolument pas viable.

Les États-Unis, en s’attribuant la victoire dans la guerre froide, s’imaginent comme les ambassadeurs de Dieu sur terre, qui n’ont pas d’obligations, mais seulement des intérêts, et ces intérêts sont déclarés sacrés. C’est comme s’ils ne remarquaient pas qu’au cours des dernières décennies, de nouveaux centres de force ont émergé sur la planète et deviennent de plus en plus puissants. Chacun d’entre eux développe ses propres systèmes politiques et institutions sociales, met en œuvre ses propres modèles de croissance économique et, bien sûr, a le droit de les protéger, de garantir sa souveraineté nationale.

Nous parlons de processus objectifs, de changements véritablement révolutionnaires et tectoniques dans la géopolitique, dans l’économie mondiale, dans la technologie, dans l’ensemble du système des relations internationales, où le rôle des États et des régions dynamiques et prometteurs, dont les intérêts ne peuvent plus être ignorés, s’accroît considérablement.

Je le répète : ces changements sont fondamentaux, cruciaux et inexorables. Et c’est une erreur de croire qu’une période de changements turbulents peut mettre sur pause,  et attendre, que tout va revenir à une prétendue normale, que tout sera comme avant. Ça n’arrivera pas.

Cependant, il semble que les élites dirigeantes de certains États occidentaux se bercent de ce genre d’illusions. Ils ne veulent pas voir les choses évidentes, s’accrochent obstinément aux ombres du passé. Par exemple, ils pensent que la domination de l’Occident sur la politique et l’économie mondiales est une valeur constante et éternelle. Or rien n’est éternel.

Et nos collègues ne se contentent pas de nier la réalité. Ils essaient de contrecarrer le cours de l’histoire. Ils pensent en termes du siècle passé. Ils sont prisonniers de leurs propres illusions sur les pays situés en dehors de ce que l’on appelle le milliard d’or, ils considèrent tout le reste comme périphérique, leur arrière-cour, ils les considèrent toujours comme une colonie, et les gens qui y vivent comme des citoyens de seconde zone parce qu’eux se considèrent comme exceptionnels. S’ils sont exceptionnels, alors tous les autres sont de second rang.

Cela conduit à un désir irrépressible de punir, d’écraser économiquement ceux qui sortent du rang, qui ne veulent pas obéir aveuglément. De plus, ils imposent grossièrement et sans scrupules leur éthique, leur vision de la culture et de l’histoire, remettent parfois en question la souveraineté et l’intégrité des États et menacent leur existence. Il suffit de rappeler le sort de la Yougoslavie, de la Syrie, de la Libye et de l’Irak.

Si un rebelle ne parvient pas à être piégé et pacifié, ils tentent de l’isoler ou, comme on dit aujourd’hui, de « l’effacer ». Tout est permis, même les sports, le mouvement olympique, les interdictions culturelles, les chefs-d’œuvre artistiques – simplement parce que leurs auteurs sont de la « mauvaise » origine.

C’est également la nature de l’actuelle crise de russophobie en Occident et des sanctions folles contre la Russie. Folles et, je dirais, insensées. Leur nombre, ainsi que la vitesse à laquelle elles sont validées, sont sans précédent.

Le calcul était clair : écraser l’économie russe dans la précipitation, détruire les filières commerciales, rappeler de force les entreprises occidentales du marché russe, geler les avoirs nationaux, frapper l’industrie, la finance et le niveau de vie de la population.

Cela n’a pas fonctionné. Évidemment, ça n’a pas marché, ça n’a pas eu lieu. Les entrepreneurs russes et les autorités ont travaillé ensemble de manière professionnelle, et les citoyens ont fait preuve de solidarité et de responsabilité.

Petit à petit, nous avons normalisé la situation économique. Tout d’abord, nous avons stabilisé les marchés financiers, le système bancaire et le réseau commercial. Puis nous avons commencé à saturer l’économie de liquidités et de fonds de roulement pour maintenir la pérennité des entreprises et des sociétés, de l’emploi et des postes.

Les sombres prévisions sur les perspectives de l’économie russe, entendues au début du printemps, ne se sont pas réalisées. Dans le même temps, on comprend pourquoi cette campagne de propagande a été montée en épingle, où toutes ces formules sur le dollar à 200 roubles et sur l’effondrement de notre économie dans son ensemble – tout cela était et reste un outil de lutte de l’information, un facteur d’impact psychologique sur la société russe, sur les milieux d’affaires nationaux. La vie a démenti de telles prédictions. Toutefois, je voudrais souligner que pour continuer à réussir,  nous devons évaluer la situation de la manière la plus honnête et la plus réaliste possible. En même temps,  être indépendants dans nos conclusions et   bien sûr,  croire en nos propres forces,  c'est très important. Nous sommes des gens forts et nous pouvons relever n'importe quel défi. Comme nos ancêtres,  nous résoudrons n'importe quel problème.  En témoigne toute l'histoire millénaire de notre pays.

Fin de la traduction.

Publié dans Russie politics

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T
Merci Madame pour cette première traduction.<br /> J'apprécie beaucoup de constater combien le Président Poutine synthétise les pensées de la plupart de ceux qui s’intéressent à la géopolitique et qui dénoncent l'attitude des dirigeants occidentaux en général et des états-uniens en particulier. <br /> Qu'ils le veuillent ou non, l'influence de l'Occident est de plus en plus remise en question et l'on assiste à une bascule du "centre du monde" de l'occident vers l'Orient.<br /> Dans cette bascule la Russie est bien placée et nous connaissons bien, hélas, les dindons de la farce.
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B
Merci de votre commentaire. Je suis d’accord avec vous. Le sol se dérobe sous les pieds des dirigeants occidentaux. Ils n’en sont que plus dangereux. Quant à nos élites européennes, et françaises elles ont choisi la défense de leurs intérêts de classe. Il ne reste plus qu’à espérer que les peuples se réveillent. Se défaire de la perfusion de cette propagande sauvage.