Dmitrii Medvedev sur LCI.

Publié le par Boyer Jakline

Un lecteur très attentif du blog me signale cet entretien,  Dmitrii Medvedev sur LCI,  et me demande ce que j’en pense.

Merci à lui, car j’étais passée à côté.

Le premier mérite de ce moment de télévision effectivement exclusif est d’avoir eu lieu : la règle générale de nos politiques et leurs médias c’est le commentaire permanent et à  charge, sur le mode: on ne dialogue pas avec les terroristes. 

Le second mérite,  c'est de faire éclater au grand jour le gouffre entre les deux mondes, Russie et "Occident  collectif". Le journaliste porte à la perfection,  élégant, content du coup médiatique,  la ligne LCI  et consorts qui explose dans une dernière réflexion/question : Sadam Hussein, Milosevic,  Kadhafi les démocraties gagnent toujours contre les dictateurs. Ne craignez vous pas un tel scénario pour votre pays ?

Fermez le ban. Je dois dire que j’ai été soufflée par le raccourci presque trop beau  pour être vrai.  

 

Avant de répondre, Dmitrii Medvedev a jugé ces parallèles douteux.

Avant,  il y avait eu un moment ubuesque où le journaliste réitère une question autour de l’approvisionnement de l’Europe en gaz russe. En gros allez-vous nous priver de gaz ? Or, ce sont les pays européens qui ont illico presto décidé de ne plus acheter ce gaz " qui permet à Poutine de financer sa guerre". 

Donc, les élites occidentales qui ont pris cette décision ahurissante,  devraient expliquer à leurs populations les objectifs réels de ce choix.  Faire plaisir au grand frère américain ? Les Allemands qui ont voulu Nordstream 2 refusent de l’utiliser. Mais une pétition circule dans l’ex RDA pour que le robinet soit ouvert. 

Medvedev a beau jeu de dire la stricte vérité,  la Russie honore ses contrats.  Quant au déficit attendu pour la Russie   Medvedev ne prend même pas la peine de répondre.  Les clients pour le gaz russe sont nombreux et les rentrées d’argent massives. Le règlement des factures en roubles s’est imposé car les comptes russes sont bloqués et le pays n’a pas accès à ses dollars ou euros, a tenu à préciser Medvedev.

Ce que l’actuel président russe a qualifié à de nombreuses reprises de pillage. 

Pour mémoire,  la Russie subit 11000 sanctions. 

Sur les raisons de l’engagement de "l’opération militaire spéciale", pourquoi elle a  été engagée et comment, surtout elle aurait pu ne pas l’être, les explications fournies par l’ancien président russe sont passées nettement au dessus de la tête du journaliste, puisqu'il a renouvelé plusieurs fois la question.

Je vous conseille d’écouter Dmitrii Medvedev.  À vous de voir. 

Pour mémoire la carrière politique de Dmitrii Medvedev a subi un coup d’arrêt suite à son abstention, alors qu'il était président, sur la résolution de l’ONU sur  la Libye en 2011, permettant de fait l’agression occidentale sur le pays avec les conséquences catastrophiques pour toute la région. Avec le recul,  je pense que le veto de la Russie aurait compliqué l’opération.  Mais sans doute pas empêché,  si on pense à d’autres opérations où l’accord de l’ONU n’a pas été sollicité. 

Pendant que j’écris,  je vois que sur France info le thème du débat est faut il taxer ou non les super profits. Douce France !

 

 

 

Les dessous de la centrale nucléaire de Zaporojié. 

À noter que la Russie demande la visite de l’AIEA depuis le mois de juin. 

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