Sabotage des Nordstream : l’engrenage américain.

Publié le par Boyer Jakline

Je sais bien qu’ici ce sont les Russes qui ont agi... "Coupables, forcément coupables" comme disait Marguerite Duras dans une toute autre affaire.

Tous nos médias, unanimes, y voient la stratégie néfaste de Moscou. Les arguments les plus spécieux sont avancés.  Libé,  aux avant postes de la presse social-démocrate, qui nous entraîne vers le fond, explique qu’il s’agit pour Moscou de faire grimper le prix du gaz. Devant de tels pauvres arguments on est confondu.  Mais plus confondu encore de voir que cette misère de la pensée,  ça marche. Autre argument, complètement contradictoire avec le premier, affaiblir l’Allemagne. Alors que des mouvements d’humeur se font jour en Allemagne pour rouvrir Nordstream 2, quel intérêt pour la Russie ?

Mais "affaiblir l’Allemagne ", la plus dépendante du gaz russe, la plus forte économiquement,  c'est une idée... Il n’est que lire toutes les déclarations des Biden, Nuland and Co, accessibles partout,  pour savoir qu’ils ont tout fait pour que Nordstream 2 ne soit pas mis en route.

"Par cet acte de guerre,  les Anglo-saxons disent son fait à l’Allemagne : les boss, c'est nous."  Entendu dans un débat sur la télévision russe.  Cela donne un tout autre éclairage aux événements.

Éclairage dont nous sommes volontairement privés.

 Voir plus loin dans l’article, comment un euro député polonais remercie dans un Tweet  : Thank you, USA. 

Cela s’est passé dans les eaux internationales.  Vu les dégâts,  il a été analysé par les Danois que 700 kg d’explosifs avaient été nécessaires.  

Le coup  financier pour Gazprom est énorme car, dit le porte-parole du Kremlin,  Dmitrii Peskov,  c’est un gaz qui coûte très cher. 

Du côté de Moscou, l’analyse est toute autre : les États-Unis sont rentrés par cet acte dans une confrontation totale avec la Russie.  Ce sabotage vise à mobiliser les populations européennes dans ce conflit. Il empêche tout possible réchauffement des relations Europe-Russie  autour de l’approvisionnement en gaz. Car quand les frimas vont être là, et dans l’Europe du Nord ils sont déjà là,  le choix fait par les Scholz,  Macron, et von der Leyen risque de faire tanguer le navire. 

Il faut dire que la logique du raisonnement russe tient la route : si c’est bien l’hégémonie américaine sur la planète qui est remise en cause,  et elle l’est, les États-Unis vont lâcher tous les freins.  Comment est-elle remise en cause ? Par le remise en cause du dollar, avant tout. La Chine et la Russie viennent de signer un accord stipulant que toute l’activité commerciale entre les deux pays se fera en monnaie russe ou chinoise. D’autres pays,  voire continents comme l’Afrique, ont envie aussi de secouer le joug du dollar. Certains pays d’Afrique expliquent ne pas pouvoir acheter les céréales dont ils ont besoin car leurs avoirs sont bloqués dans des banques américaines. C'est cela que de très nombreux pays ne supportent plus.

 L’Algérie a demandé d’adhérer au BRICS. Réponse à l’attitude innommable de Macron ?

Dans le débat télévisé autour du sabotage des Nordstream,  un politologue analyse : pour envenimer sans possibilité de retour les relations russo-européennes, ils peuvent saboter tous les gazoducs, y compris celui qui passe par la Serbie qui refuse les sanctions. 

A propos de la Serbie,  reconnaître l’indépendance du Kosovo, partie intégrante de la Serbie,  n’a posé aucun état d’âme à l’Onu, ni "à l’occidental collectif"...2008. Voir la carte. 

La Russie demande la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, et ouvre une enquête pour "terrorisme international".

Et puis, il y a ce dessin,  dans la presse chinoise. 

Pendant que tous nos médias sont mobilisés pour nous empêcher de penser,  une grande partie de la planète analyse comme ce dessin le dit. 

Sans commentaire.

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Réaction au sabotage de l’ex ministre des Affaires étrangères polonais,  eurodeputé Radoslav Sikorski :

" Je suis content que les Nordstream contre lesquels tous les gouvernements polonais se sont battus depuis 20 ans, soient paralysés au 3 quarts. C'est bien pour la Pologne..."

Dès hier, il avait Tweeter en anglais en commentaire de la vidéo faite par les Danois montrant la fuite : Thank you, USA. 

Nos médias ne sont pas en possession de ces informations ?

Cela renvoie à la remarque de Jacques Baud : les journalistes américains n’aiment pas les Russes,  mais ils font leur travail de journalistes.  Ce qui n’est pas le cas du "Monde"... ( Voir son entretien dans mon article publié dimanche.)

BRÈVES. 

Edward Snowden devient russe.

Il demandait la nationalité russe depuis 2020, " pour être russe comme son fils" né en 2020. Vladimir Poutine lui a accordé ces derniers jours.

Il est en Russie depuis 2013, aucun pays occidental,  dont la France,  n’a voulu fâcher le boss en l’accueillant. C'est Julian Assange qui lui avait recommandé de s’adresser à la Russie. 

Il a tenu à préciser qu'il ne partageait pas les valeurs russes. Son épouse, ils se sont mariés discrètement à Moscou en 2017, attend sa naturalisation. 

Il a été précisé par les autorités que, n’ayant aucune expérience de combat en Russie,  il ne sera pas appelé dans le cadre de la "mobilisation partielle".

Ce 28 septembre,  l’Ambassade américaine à Moscou a appelé ses ressortissants à quitter rapidement la Russie. 

Petite remarque pour finir:

Les errements publics de Joe Biden,  tout de même président de la première puissance mondiale ou se voulant telle,  ne doivent pas induire en erreur dans notre analyse.  Peut-être est-il la marionnette utile. Il songe à se représenter aux prochaines élections. Mais il est porteur de la politique des néo conservateurs américains,  qui font la pluie...et la pluie... dans les élites démocrates. D’ailleurs, des spécialistes américains,  politologues, experts militaires,  remettent en cause la stratégie suivie en Europe et vis-à-vis de la Russie. 

Combien de morts et de misère ?

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