Dissoudre la BRAV.M !
En 1986, pris en chasse par la Brav, réfugié dans l’entrée d’un immeuble parisien, Malik Oussekine, étudiant participant à la manifestation contre le Projet Devaquet est mort.
Je me souviens très bien de ce moment.
La BRAV fut dissoute.
Suite au combat courageux des Gilets Jaunes, avant d’être complètement dépassé, Macron rétablit la BRAV et la perfectionne. Blesser, décourager, faire peur. J’entends une manifestante qui explique : "nous venions manifester avec nos enfants. Là, ce n’est plus possible".
Combien j’ai fait de manifestations en famille, véritable éducation civique...
Ce pouvoir en grande difficulté retrouve, tout naturellement, sa nature de classe. Je ne l’ai pas entendu moi-même mais c'est rapporté par un journaliste : Christophe Barbier sur BFM a conseillé au président français "d’endosser le costume d’Adolphe Thiers". Ni plus, ni moins. Thiers à la longue carrière politique c'est l’appel aux troupes allemandes pour bloquer Paris, et c’est la répression féroce des Communards : 20.000 fusillés. Peut-être faudrait-il demander à Christophe Barbier de préciser sa pensée.
On se souvient, je me souviens, qu’au plus fort des Gilets Jaunes, Luc Ferry, ex ministre de l’Éducation nationale, appelait, hystérique, à tirer à balles réelles sur les manifestants. N’y voyez pas une originalité française. Il y a quelques mois aux Pays-Bas, je crois, le tir à balles réelles fut utilisé dans une manifestation. La première réaction d’un pouvoir en difficulté c’est la répression, si l’on ne peut comme le disait Bertold Brecht "changer le peuple".
Nous n’en sommes pas là. Nous avons les cowboys à moto qui foncent, frappent, blessent. 200 blessés hier à Sainte-Soline, dont un dans le coma.
Plus globalement, c’est la doctrine dite de "maintien de l’ordre"qui est en cause. N’oublions pas Rémi Fraisse, assassiné à Sivens par une charge de la gendarmerie, sous la présidence de François Hollande, 2014.
Les instances officielles s’alarment, la responsable des Droits, nommée par Macron, s’alarme. Le syndicat de la magistrature s’alarme. Ces comportements nourrissent la colère.
La vieille chanson, vous connaissez ? Et m... pour le roi d’Angleterre qui nous a déclaré la guerre. Souvenir de la guerre de 100 ans, CENT ans, entre nos deux pays.
Donc, le roi d’Angleterre ne viendra pas. Le roi républicain n’a pu assister au match de football au Stade de France, samedi. Il a tout de même écouté des conseillers. À la 49eme minute du match, une partie du Stade a scandé "Macron démission".
Et il faut voir l’effet de cette colère légitime à l’étranger, en Europe surtout.
Là où la "réforme des retraites" est passée sans accroc. Les salariés s’interrogent sur leur attitude. Mais, Angleterre, Allemagne sont secoués par des grèves massives. Les salariés allemands expriment leur soutien massif devant l’Ambassade de France à Berlin. Manifestations de soutien devant l’Ambassade de France à Athènes, à Buenos Aires... Un député belge demande que son gouvernement condamne cette répression féroce et interroge : que diriez-vous si cela se passait en Hongrie ou en Iran... ? Oui, effectivement.
Le ministre des affaires étrangères iranien a dénoncé de façon officielle ce double standard.
D’autres ironisent autour de la scandaleuse définition de Josep Borrell : l’Europe est un jardin, ailleurs c’est la jungle.
En Russie même, on observe, médusé ce mouvement, de l’extrême gauche à des dirigeants proches du pouvoir. L’un d’eux achève son article ainsi : Français, vous êtes incroyables.
On continue.
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