Katyn, Volhynie : histoires polonaises.

Publié le par Boyer Jakline

Zakhar Prilépine partage sur son fil Telegram un article sur Katyn et le complète de son analyse. 

J’hésite à le traduire : 22000 officiers polonais abattus ... par le NKVD... l’affaire est tranchée. Qui vais-je sinon convaincre du moins ouvrir au doute.

Or, dans la discussion que je relate dans l’article Odessa-la-rebelle, notre interlocutrice nous a asséné Katyn, comme une preuve de plus du caractère immonde du pouvoir russe, par essence. 

Zakhar Prilépine, qui semble se remettre de l’attentat contre lui du 6 mai dernier,  son compagnon est mort, Zakhar Prilépine mène une lutte permanente contre la réécriture de l’histoire de la deuxième guerre mondiale. Et veut remettre à sa juste place l’URSS.  Il s’adresse avant tout à la jeune génération actuelle et ferraille avec vigueur avec les intellectuels,  russes et occidentaux. 

Le premier ministre polonais a réagi violemment au rappel historique de Vladimir Poutine : les frontières actuelles de la Pologne sont un "cadeau" de Staline à l’issue de la guerre. Piqué au vif, le premier ministre polonais a traité Staline de criminel responsable de la mort de centaines de milliers de polonais.  Zakhar rétablit certains faits et tient à rappeler au Pan Morovetski que 477000 officiers et soldats soviétiques sont morts pour libérer la Pologne. Voilà donc le cadre de son article. 

TRADUCTION

Une nouvelle fois,  à propos de Katyn. À la lumière des dernières déclarations de Pan Morovetski. 

Les protocoles des interrogatoires des prisonniers allemands ont été publiés il y a peu. (Son article met en lien les documents,  J.B). Ils racontent en détail que les officiers polonais ont été fusillés par les nazis,  pas par le NKVD de l’URSS.  Et ce sont les États-Unis et l’Angleterre qui se sont démenés pour "vendre" la thèse des horreurs  soviétiques.

Vous savez, je n’ai aucune question pour les dirigeants polonais.  Ils se doivent de dire que nous avons tué tout le monde de tout temps et en tout lieu. Et ils le disent. Et continueront de le dire. Le contraire discréditerait leur politique étrangère, leur vision du monde, leur mythe historique,  l’essence même de leur mentalité. 

Je n'ai aucune question à adresser aux médias occidentaux qui ne publieront jamais ces archives.  Ne mentionneront même pas leur existence.  Pour eux aussi la messe est dite.
Des questions,  j’en ai pour nous.

Pourquoi ces documents  n’ont ils pas été publiés plus tôt ?

Certes, quand Eltsine se repentait publiquement devant les polonais "pour Katyn", c’était impossible. Cela aurait contredit, déjà,  cette image collée à notre pays  Payer et se repentir. Sachant en outre que pour que le peuple paye et se repentisse,  le cercle étroit des proches de "la famille" fut payé. 

Mais pourquoi ces documents déclassifiés n’ont-ils pas été rendus publics plus tard? Il y a 20 ans ? Au moins après 2008? Au moins après 2014 ?

Et aujourd'hui encore je ne vois pas un engouement particulier des médias principaux pour accorder une attention à leur publication... 
Et pourtant c’est du sensationnel.  Dans notre pays,  il n’y a pas si longtemps,  on regardait les historiens qui niaient la responsabilité de l’URSS dans les événements de Katyn comme des fous. La culpabilité de l’URSS était un axiome.
 Et aujourd'hui encore je crains que personne ne se soucie de ce qui s’est passé dans ce bois prés de Smolensk, il y a 80 ans...

... À propos des événements sanglants en Ossetie du Nord, Zakhar Prilépine regrette que rien n’ait été entrepris dans les médias russes pour rétablir la chronologie des faits et l’enchaînement sanglant. 

Chez nous, poursuit-il,  jusqu'à aujourd'hui   certains représentants de structures de l’état, (et, le plus terrible,  des milieux culturels et de l’éducation) ont l’indécence de déclarer que nous avons "attaqué la Géorgie".
Et puis,avons-nous tout fait pour porter à la connaissance du monde les témoignages des témoins des crimes de l’armée ukrainienne dans le Donbass en 2014/2015 ?

Et maintenant nous faisons tout pour cela ? Tout ce que nous pouvons ?

Fin de la traduction. 

Présent sur le front dans le Donbass depuis 2014/2015 Zakhar Prilépine est aux avant-postes à l’intérieur du pays :  interpeller, dénoncer faire bouger ce front intérieur pour assurer la victoire dans cette guerre.

Un mot sur les massacres de Volynie que j’ai déjà évoqués : de 1941 à 1944, plus de 100.000 personnes,  civils bien sûr, furent tourmentées et assassinées par les nazis ukrainiens.  Le 11 juillet est la date de commémoration.  Le président polonais s’est vu opposer une fin de non-recevoir par Volodomyr Zélenski à sa demande de reconnaissance par l’Ukraine de ces assassinats.

Des limites de l’amitié tant vantée ici polono-ukrainienne.

Sur les raisons de cette glorification occidentale de l’amitié entre la Pologne et l’Ukraine voir la brève qui suit. 

La Pologne mobilise. Elle serait prête à faire entrer sa troupe en Ukraine occidentale pour "récupérer" justement ces territoires offerts par Staline à l’Ukraine. Façon aussi de pousser l’OTAN à entrer dans le conflit ?

Déplacer ainsi l’axe du conflit par procuration contre la Russie :

Pologne,  Lituanie,  mer Baltique ?

En même temps, l’Ukraine utilise et les bombes à uranium appauvri, fournies par la Grande Bretagne, et  depuis peu, ces bombes à fragmentation,  fournies par Biden. Exclusivement sur les populations civiles,  ciblés les journalistes et les médecins. Il y a un an, la porte-parole de la Maison Blanche,  Jen Psaki, déclarait que l’utilisation de ces armes relevait du crime de guerre, si la Russie devait y avoir recours...

Comment les partisans "de gauche " en France et en Europe peuvent ils soutenir une guerre qui est en train de tuer les hommes et la nature en Ukraine ? L’anti-Poutine justifie-t-il un tel aveuglement et une telle prise de responsabilité ? Il semble que oui.

 

En lien la 47eme vidéo de Vu du droit où Régis de Castelnau et Hervé Carresse éclairent sur les faits et les fake.

Long... mais indispensable.

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