Douce France : dès l’aéroport de Bordeaux...
Dès l’aéroport de Bordeaux mon voyage commence.
Je pars enfin pour Moscou. Temps médiocre. Je m’apprête à contourner le continent européen par son Sud. Les lignes directes avec la Russie depuis les capitales de l’Union Européenne sont fermées. Punis, tous, les Russes et les Français qui souhaiteraient ne pas couper tous les ponts.
Donc Bordeaux-Istanbul, "la deuxième Rome", Moscou, "la troisième Rome". Refaire un petit tour vers ses cours d’histoire.
Le voyage est 2 fois plus long, et 3 fois plus cher.
Mon voyage commence à ma grande surprise immédiatement à Bordeaux : j’engage la conversation avec un jeune couple... de St Petersbourg. Ils rentrent chez eux après une semaine de vacances dans notre région. Enchantés. Ah, Biarritz, la flamme olympique ! Deniss me montre ses photos. "On parle peu de ce qui se passe. Nous sommes trop proches. Moi, je suis né à Kiev, me dit Deniss.
Oui, effectivement cela ressemble à une guerre civile.
Ils vont construire leur maison sur le Golfe de Finlande. Tout ça se touche et c’est magnifique. "Mais la Finlande vient d’entrer dans l’OTAN". Qu'est-ce que ça va donner ? L’inquiétude. Ils n’ont pas l’air cependant de vouloir abandonner leur projet de vie. Ils ont été ravis de l’accueil des français qu’ils ont rencontrés.
Me voilà dans la zone d’embarquement et une nouvelle rencontre. Un groupe de jeunes femmes qui rentrent d’une semaine de vacances. Cette fois ce sont des moscovites. Un cliché de la belle femme russe. Grande, blonde, yeux bleus, celle avec qui je parle. Ah, Biarritz. Et les Châteaux aussi. Pas de chance avec le temps...
Finalement, dès l’aéroport de Bordeaux, le voyage commence. Les Russes voyagent dans cette Europe qui les a mis au ban de leur monde. Pour eux, c'est normal. Ils sont européens. Les consulats délivrent des visas. Le seul obstacle reste le prix des voyages. Fini le low coast dans cette direction.
Vu d’ici, la guerre est présente dans les très nombreux débats à la télévision, auxquels je n’ai plus accès à Bordeaux. Le front, mais surtout l’analyse de toutes les innombrables déclarations bellicistes des dirigeants occidentaux. Une amie de Bordeaux m’a envoyé le lien d’une émission de LCI : tout ce petit monde débattait de l’usage de la bombe atomique sur Moscou.
Un journaliste très populaire rentrait de Paris. Dans une émission très prisée " Le droit de savoir" (censurée aussi chez nous) Il explique comment un dialogue de sourds s’est établi entre ses collègues journalistes français qu’il connaît depuis longtemps et lui-même. Ils étaient persuadés que "Poutine ne s’arrêterait pas à Kiev". Le débat est resté en points de suspension.
Sinon, Moscou vit sa vie normale, profite d’un temps de rêve et les lilas ont explosé, embaument tous les parcs. Moscou est une ville immense et très verte.
"Le Carrefour" local propose tous les produits imaginables, fruits, légumes, vins d’Europe, France, Espagne, Portugal, Italie, et des vins " du Nouveau Monde", Nouvelle Zélande, Afrique du Sud etc... Comme chez nous, l’inflation vient perturber la vie. Le "Carrefour" est plein. À Moscou, le niveau de vie est plus élevé. Je verrai où en est la province.
C'est la pleine saison des fraises vendues dans des petits étals devant "Carrefour". 8 euros le kilos.
Le Métro quant à lui a quasiment doublé son offre de déplacement depuis mon dernier séjour, 5 ans. Tâche du jour : m’y reconnaître.
Dans mon prochain article, je reviendrai sur cette nouvelle fable du narratif occidental : les États-Unis et ses vassaux autoriseraient l’utilisation de leurs armes sur le territoire russe...