Femmes iraniennes, voilées.

Publié le par Boyer Jakline

Je vais m’aventurer sur un chemin scabreux, les femmes en Iran. Scabreux car le sujet du voile obligatoire pour les femmes en Iran est le casusbelli du tant- aimé-de-nos élites-"regime change"  libérer les femmes iraniennes,  comme hier libérer les femmes afghanes... sic. Ou syriennes, re-sic. Voir les dernières informations sur ce sujet, sur un média public (sic).

Mais après tout, pourquoi tenir un blog si c'est pour enfourcher toujours le même dada, menteur. 

Me renseignant à  d’autres sources, spécialiste de l’Iran, une pointure russe, une femme, voilà ce que j’ai glané. 

Oui, le voile est un "dresscode", en russe (!) dans le texte. Lieux officiels, l’équivalent de la Place Rouge ou du Kremlin, dit-elle, ...télévision. Ailleurs à Téhéran et dans de très nombreuses villes les têtes non voilées sont nombreuses.

On pourrait estimer que le dresscode français est l’interdiction du voile dans les institutions officielles. Ce qui est une "spécialité" française. 

J’apprends également que la Constitution iranienne autorise  le peuple à manifester contre une loi estimée injuste, et le pouvoir, ayatollah ou pas, doit en tenir compte. Et en tient compte, le plus souvent. Les dernières manifestations des femmes iraniennes ont été relativement peu réprimées et lors du débat que je poste en suivant, les Iraniennes présentes sur le plateau ont estimé à 30% le nombre de femmes marchant têtes nues. 

Enfin et surtout , 70% des étudiants dans les écoles d’ingénieurs sont des etudiantEs, 50% dans l’ensemble des établissements d’enseignement supérieure. Ce qui fait de l’Iran le pays le plus avancé dans les droits des femmes, non seulement au Moyen Orient, mais dans les pays développés aussi. Ce qui veut dire que lorsque Israël se réjouit d’avoir tué 8 spécialistes du nucléaire, et tout l’Occident se réjouit avec eux, ce qui ne pose de problèmes à personne apparemment, la relève est largement assurée. 

Parenthèse : ces liquidations physiques de dirigeants et dirigeantes se produisent tout le temps et partout, en France spécifiquement : qui se souvient de l’assassinat de 3 dirigeantes kurdes  dans les bureaux de leur représentation à Paris, 2013? Enquêtes ? Résultats ?

Sans parler de la disparition non élucidée de l’opposant marocain Ben Barka,1965, "le plus grand scandale de la Veme république", nous dit-on. Il reste un film. Toujours dans la capitale du pays des droits de l'homme,  où ces opposants se sentent, à tort,  préservés...fermer la parenthèse.

Donc, je reprends, pourcentage aux États-Unis, en France.  28% en France dans les écoles d’ingénieurs, 50%  dans la plus prestigieuse université américaine, MiT du Massachusetts, chiffres le plus élevé. 

Présentes sur le plateau de QG d’Aude Lancelin il y a quelques jours, ces femmes iraniennes qui vivent en Europe car opposantes aux ayatollah, étaient unanimes sur le sujet autour du mot d’ordre sans ambiguïté : ni bombes, ni ayatollah. Unanimes aussi pour dire que les bombes renforçaient ce pouvoir en place, quel qu'il soit. Unanimes pour dire que la "libération des femmes iraniennes" viendrait et vient déjà de la société iranienne elle-même. Unanimes pour refuser le "fils du Shah" aligné sur les États-Unis, et au passage quelques informations sur le régime sanglant du Shah d’Iran, imposé par les Américains,  comme fut "liquidé" politiquement son successeur laïque. L’Iran est une épine dans le pied américain depuis longtemps, dans son ambition de " reconfigurer" ce Moyen-Orient.

Beaucoup d’autres informations sur ce pays multiethnique où toutes ces différentes communautés ont accès à égalité à tous les postes possibles. L’ayatollah au pouvoir, comme le président nouvellement élu (après la mort suspecte du précédent) sont des azeris. Bref, beaucoup d’éléments renvoyant à la complexité et la subtilité de l’histoire iranienne. Contrairement à ce qui est dit ou suggéré, l’Iran n’est pas un pays fermé. Etc...

Je publie en suivant cet entretien, une heure,  pour les russophones. J’ajoute en lien une déclaration des BRICS sur la situation internationale. Réunis au Brésil les 5 et 6 juillet. 

L’Iran, les différentes agressions vont rester à l’agenda américano-israélien. Cela ne fait aucun doute en Iran, autorités et populations.  Les bombes n’ont que faire de la complexité : libérer les femmes voilées. Point.

Petite critique de l’émission : l’accent a été surtout mis sur la vision "occidentale" du statut des femmes en Iran. Mais le débat fut contradictoire et, ma foi, au total,  un vrai débat. Lien en suivant.

C'est suite à ce débat que je suis allée me renseigner ailleurs.

 Les chiffres ci dessus révèlent comme hautement développée la société iranienne. Et c’est sans doute la véritable bombe de ce pays. 

Années 70 en Afghanistan.  Cohabitaient femmes voilées et femmes non voilées.

Années 70 en Afghanistan. Cohabitaient femmes voilées et femmes non voilées.

L’émission intégrale pour les abonnés.

L’Ukraine en vrai.

Se nourrissant aux informations (délirantes) venues des médias officiels de Kiev, nos médias à nous nous expliquent que la Russie a un genou à terre etc...

Délirantes : plusieurs fois par jour ces journalistes expliquent que la victoire est proche, Poutine s’est enfui du Kremlin, le métro de Moscou est pulvérisé comme le pont de Crimée...et tout à l’avenant. Et, lancinante, 24/7, même dans les émissions pour enfants, l’injonction : tuer le maximum de Russes. 

Le choix de Black Rock d’abandonner le projet de reconstruction de l’Ukraine où il était positionné quasiment seul depuis des années vaut mieux qu'un long discours sur la situation en cours.

Publié dans Guerre de l’info.

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