Humeur. On s’arrête et on réfléchit.

Publié le par Boyer Jakline

Un texte qui m’a  interpellée. La violence mortelle assumée. Un Intouchable vit une brève passion partagée avec une Touchable. Il va être tabassé à mort par la police, accusé de viol. Par d’autres péripéties le sort de la dame ne sera pas plus enviable.

NOUS SOMMES EN INDE.

Extrait :

"les jumeaux étaient trop jeunes pour savoir que les hommes n’étaient que les executants des basses besognes de l’Histoire.  Expédiés là pour mettre ses registres à jour, faire payer ceux qui enfreignent ses lois. Qu’ils étaient poussés par des sentiments certes primaires mais paradoxalement impersonnels.  Sentiments de mépris nés d’une peur larvée autant qu’inavouée-peur de la civilisation face à la nature, des hommes face aux femmes, du pouvoir face à l’impuissance. 

Besoin inconscient chez l’homme détruire ce qu'il ne peut ni soumettre ni adorer.

Besoin d’affirmer son autoritautorité...

... L’histoire en direct.

 Si les policiers firent plus de mal...qu’ils n’en avaient l’intention, c'est simplement parce que tout lien, toute relation entre eux et lui, tout ce qui d’un point de vue au moins biologique, faisait de lui un homme à leur image, avaient été depuis longtemps jugulés.  Ils n’arrêtaient pas un individu, ils exorcisaient la peur....

...Après tout, ils ne luttaient pas contre une épidémie déjà déclarée. Ils se contentaient de vacciner une communauté pour prévenir une éventuelle éruption."

Fin de la citation. 

Pas  de difficulté à penser à toutes ces situations en cours où la déshumanisation est un passage obligé inconscient (?) pour détruire "ce qui ne peut être ni soumis, ni adoré". Du bombardement d’une école au génocide perpétré. Ou la faim organisée. Du Donbass au Soudan en passant par Cuba l’Iran ou Gaza.

On voit bien l’enjeu du combat engagé même s’il n’existe pas dans l’espace public médiatique. De Francesca Albanese aux Flotilles qui vont vers Gaza. Aux innombrables manifestations dans toutes les capitales du monde, tout hémisphère confondu. 

Qui a quitté les rivages de l’humanité ? C'est de tout temps et de tout lieu.

 

EXTRAIT DE " Le Dieu des Petits Riens" d’Arundhati Roy.

 

EN LIEN : LE DERNIER ENTRETIEN DE Karine Bechet-Golovko sur Spoutnik Afrique. Attention " lien avec le gouvernement russe" nous met en garde Facebook qui publie cet entretien. 

Arundhati Roy.

Arundhati Roy.

Publié dans Douce France ?

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