La leçon allemande.

Publié le par Boyer Jakline

Les Allemands de l’ex-Rda ont parlé clair. Les Allemands de l’ex-Rda n’en peuvent plus. On leur avait promis un monde de "valeurs". Ce fut le chômage,  la chute du niveau de vie, comparable à ce qu’ont vécu les Russes dans les années 90. La réunification allemande, quel gâteau pour les impérialistes de l’Ouest : imaginez, un peuple éduqué, parlant la langue du maître, une colonisation rêvée car, oui, l’ex-RDA, ses habitants ont été colonisés, ni plus ni moins. Ici et en toute l’Europe la RDA c’était exclusivement la STASI. Mais dès "Good bye Lenin", 2003, on comprenait que les yeux se dessillaient. En Allemagne et partout. Grand succès du film. Les valeurs avaient un goût amer. Ostalgie.

Et donc  2026, vote massif pour l’AfD. Victoire annoncée et advenue. Les ex-citoyens de l’ex-RDA n’ont peut-être pas identifié leurs vrais amis (petite concessionàl’hystérie générale), mais ils ont clairement indiqué leurs ennemis. 

"Parti d’extrême droite", " la première fois depuis 1945  (parfois 1949), "un parti d’extrême droite gagne une élection". Or, dans le programme de l’AfD, il y a, crié haut et fort par Alice Weidel, le refus de la guerre avec la Russie et même,  ajoute-t-elle, sa honte personnelle d’imaginer des tanks allemands sur le sol russe. Voilà une première différence de taille avec Marine Le Pen. Enterrer la hache de guerre avec la Russie, gaz russe etc. Dans la foulée, elle propose que l’Allemagne quitte l’UE. Sur ce qualificatif accolé à l’AfD, que je contestais pour les raisons que j’indique là,  refus du réarmement et de la guerre, j’ai eu une discussion il y a quelques semaines avec un militant du PCF. Son argument en réponse fut : c'est électoraliste. À suivre donc. 

On comprend qu'il y ait le feu au lac en Allemagne et en France. Peut-on dire qu’à l’usage la soumission aux Soviétiques était plus légère que la soumission à l’Allemagne dite Fédérale elle même soumise à l’OTAN présente massivement sur le territoire avec de très nombreuses bases militaires. Certains politologues français, dont Emmanuel Todd, refusent cette présentation de l’AfD. Ils y voient un parti conservateur de droite, "comme le RPR de Jacques Chirac". Le fait que le parti de Sahra Wagenknecht, qualifié par les mêmes "d’extrême gauche", est prêt à s’allier avec l’AfD pour lui permettre de gouverner, ajoute un élément d’analyse. Ce parti a dépassé les 5% et cette alliance devient possible Car sur l’essentiel,  le vital, il y a convergence : refus de la guerre, rétablissement de relations normales avec la Russie. Sur d’autres points il faudra discuter. 

Situation impossible en France également car la gauche française dans sa diversité est très loin de cette ligne politique. Vous lirez dans mon prochain article l’entretien chez Pascal Lottaz avec un communiste suisse. J’en ai bousculé la publication, élection allemande oblige. Vous y trouverez des éléments d’analyse tellement proches de la réalité française. Sur le rôle "malheureusement"dit-il, de la gauche et de la social démocratie. 

Une remarque tout de même : Merz comme Macron soutiennent aveuglément Kiev qui s’appuie sur des groupes ouvertement néo-nazis dans l’armée ukrainienne.  Kiev qui vient de rapatrier 3, TROIS, restes de dirigeants nazis, enterrés ailleurs en Europe et de les reinhumer en Ukraine avec  tous les honneurs officiels. Merz réécrit l’histoire de la défaite nazie. Son positionnement sent la revanche. Reportez-vous à mon article récent " Que cherche Merz ?"

Rien. Pas un mot chez nous. Les "analyses" radotantes d’un Thierry Breton ou d’un François Bayrou. Y croient-ils eux mêmes  ?

Et Merz ose parler du "grand travail" accompli depuis des décennies ! Quel travail ? Le dépeçage de l’économie allemande via une russophobie délirante. À qui ça profite ? À Black Rock  dont Merz était le fondé de pouvoir avant de devenir chancelier allemand et aux États-Unis.

En France, les premières réactions à gauche à cette élection confirment qu’il n’y a aucune analyse indépendante. Le mantra AfD parti d’extrême droite, le retour du fascisme en Allemagne n’est absolument pas remis en cause. Déconstruit comme on dit aujourd'hui. Il faut avoir oblitéré les réalités de la montée du nazisme pour s’accrocher à ce mantra.

On sait, mal nommer les choses c'est ajouter du mal au mal. Ne soyons pas dupes 

En lien   l’analyse d’Histoire et Société. Proche de la mienne quant au fond.

Publié dans Guerre de l’info

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