Et pendant ce temps là, en Ukraine...

Publié le par Boyer Jaakline

Hier matin, sur France 24, tournait en boucle une dépêche de l'AFP dont l'idée était : Porochenko alerte sur la possible généralisation à toute l'Europe du conflit ukrainien.

Tandis que Pouchkov, le vice-président de l'Assemblée russe, suite aux attentats à Paris, déclarait que dire que la Russie était une menace pour l'Europe était du bluff. La vraie menace c'est le terrorisme. Et de renouveler la proposition faite à maintes reprises par le président russe, de collaboration étroite entre tous les pays pour le combattre.
Prenons le par le bout que nous voulons selon nos idées, analyses, convictions, cela fait beaucoup pour la petite Europe !! Et il est difficile de penser que nous, je veux dire l'Europe, encore que la généralisation met tout le monde dans le même panier, décideurs et citoyens, qui-décident -si-peu- désormais, difficile de penser que nous n'y sommes pour rien !

Je laisse chacun dans ses réflexions sur ce thème, mon blog n'est pas le lieu.

Les derniers développements en Ukraine donc.

Ici, l'info garde la ligne initiale et relaie dans l'ensemble les propos de Porochenko, encadrés, soulignés par ceux de Merkel : la Russie est entrée en Ukraine avec 3 kilomètres de tanks. Les séparatistes ont bombardé un car: encore un nombre important de victimes civiles. Et je (Porochenko) mobilise 200.000 hommes. J'achète des armes aux américains.

Evidemment à Moscou, l'info est toute autre: l'aéroport de Donetsk est toujours au centre d'une lutte sans merci. Des observateurs européens ont été pris à partie et blessés, membres de l'OSCE, laquelle organisation a mandaté une enquête sur le terrain. Les accords de Minsk sont au plus mal. les dirigeants de la République de Donetsk ont proposé de rencontrer les dirigeants de KIev pour négocier. Refus.

Un million de réfugiés de cette région, dont la moitié, 500.000, en Russie. Une situation humanitaire catastrophique qui n'émeut aucune chancellerie en Europe.

A Odessa, une statue de Lénine a été détruite avec rage.

Gorbatchev craint, dans une interview au Spiegel, une guerre , qui de l'Ukraine s'étendrait à l'Europe. Et nucléaire.

Tiens, au fait, y a-t-il un journal français qui a interviewé Gorbatchev ? A ma connaissance, non.

Pourtant, il est très souvent en Europe. Sur un site, je le vois à Albert Hall, lors d'un concert. Non que la parole de Gorbacthev soit parole d'évangile (!), mais il connaît tout son monde ici...

Les russes nient toute entrée de 500 tanks dans le Donbass. Ils renforcent leurs dispositifs en Crimée.

Ne pas penser cependant que le reste de l'Ukraine est dans le bonheur... C'est tout un pays, déjà affaibli par 20 ans de politiques pour lesquelles je ne trouve pas d'adjectifs, qui est désormais à l'encan. Régime grec ! Mêmes causes, mêmes effets. Milliards du FMI contre achever ce qui restait des services publics. Grosso modo.

La Russie s'étonne régulièrement de la politique chiche de l'Union européenne, qui voulait l'Ukraine, ne met jamais la main à la poche, ou si peu. Tandis que demeurent en Ukraine près de 3 milliards d'impayés de gaz russe. Une partie a été réglée par Kiev, une partie effacée par Moscou.

Ici, nous n'avons que la fermeté réaffirmée de Angela Merkel vis à vis de la Russie: maintien des sanctions. A Moscou, on sait que Vladimir Poutine et elle se parlent quasi quotidiennement au téléphone.
Certes le contact n'est pas perdu, mais l'efficacité reste très limitée. Cela pourrait donc être pire.

2015 démarre en fanfare. Ici, nous ne savons plus très bien où nous habitons. D'où cet élan puissant pour dire qui nous sommes. Qui nous souhaitons rester.

Publié dans humeur

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